Culture
13 novembre 2023 Par Jacinthe Laforest
John Johnston au Lieu historique national Skmaqn-Port-la-Joye-Fort-Amherst, un site qu’il connaît bien, ayant conçu des ouvrages avec Jesse Francis sur l’histoire du lieu. (Photo : J.L.)

«Il y a eu des déportations avant 1755 et il y en a eu après.  Ça se produit encore partout dans le monde.  C’est une réalité à laquelle, encore aujourd’hui, des gens de partout au monde peuvent s’identifier.»  Cette constatation que fait l’auteur John Johnston, pour triste qu’elle soit, a inspiré l’auteur.  

John Johnston est historien et il est aussi romancier, ayant environ une demi-douzaine de romans à son actif.  Son plus récent roman, qu’il décrit comme «un conte», met en vedette deux enfants, Marie, 14 ans, et son jeune frère Charles, 10 ans.  

Ils vivent heureux dans leur village, avec leurs parents et leurs amis, mais un jour, des voiles apparaissent au large.  Leur insouciance est remplacée par l’incompréhension.  

«L’histoire est basée sur la déportation de Grand-Pré en 1755, du 18 août, la journée où les voiles des bateaux britanniques ont été aperçues, jusqu’au 10 octobre, où les derniers bateaux de déportés sont partis.  Cependant, j’ai enlevé toutes références à Grand-Pré, aux Britanniques, pour ne garder que l’histoire telle que vécue par deux enfants», affirme l’auteur, John Johnston.  

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Le livre «Into the Wind» est en vente, entre autres, au Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, à Miscouche.  (Photo : J.L.)

Caractère universel 

C’est en écoutant le bulletin d’information, un soir à la télé, que la nécessité d’enlever les références locales lui est apparue.  «Il y a des réfugiés, des déportés, partout dans le monde en ce moment.  Même si ça peut être pour des raisons différentes, ils vivent tous des émotions puissantes et se heurtent à l’incompréhension de ce qu’ils vivent.  C’est malheureusement universel», dit-il. 

Tout en retirant les détails et les contextes politiques et géo-stratégiques de son histoire, la rendant ainsi plus fluide et centrée sur ce que vivent les deux enfants, John Johnston a aussi voulu que le lecteur prenne connaissance de ces informations.  Il a donc offert un «résumé de quatre courtes pages» à la fin du livre.  

Malgré la tristesse des événements, les lecteurs ne sont pas entraînés dans le désespoir.  Ils partagent avec les enfants l’incompréhension de ce qui arrive, mais ils constatent aussi la force, la résilience et l’espoir, même lorsqu’ils sont sur le bateau qui les emporte au loin.  

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Historien et romancier, John Johnston s’intéresse aux gens.  (Photo : J.L.)

Point de vue d’enfants 

Les personnages principaux de son conte sont deux enfants : un choix qui s’imposait par le fait que la moitié (environ) de la population à Grand-Pré était composée d’enfants et d’adolescents.  «Je trouve qu’on ne parle pas assez de cela», dit-il.  La seconde raison remonte à une vingtaine d’années.  John Johnston collaborait à un projet pour le site historique de Grand-Pré. Avec un collègue, il avait écrit un dialogue basé sur ce que des enfants auraient pu se dire, à propos des événements de Grand-Pré.  Ces dialogues ont été enregistrés et peuvent être écoutés par les visiteurs.  «J’avais trouvé cet exercice particulièrement touchant et ça m’est resté, comme un projet que je devais poursuivre, même s’il était officiellement complété», dit le romancier.  

Trois rêves

L’historien romancier décrit comme «un conte», son plus récent ouvrage.  Dans les contes traditionnels, le chiffre trois est souvent présent.  Ce n’est donc pas un hasard total si l’auteur entretient trois rêves pour son livre : 

1- Que le livre soit traduit en français; 

2- Que le livre devienne une ressource scolaire, peu importe la langue;   

3- Que le livre devienne un film.  

Le livre «Into the Wind» est publié chez Acorn Press.  Il est vendu, entre autres, au Musée acadien de l’ÎPÉ. 

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