La Société d'embellissement rural de l'Île-du-Prince-Édouard fait évoluer ses concours pour tenir compte des nouvelles façons de jardiner. Biodiversité, plantes indigènes et jardins communautaires prennent désormais leur place aux côtés des catégories traditionnelles. Une évolution que sa présidente, Elaine Preston, accueille avec enthousiasme.
« Nous avons parfois du mal à rester pertinents », reconnaît Elaine Preston, présidente de la Société d'embellissement rural. Le défi est étonnant pour un organisme qui célèbre cette année ses 80 ans d'existence, mais dont plusieurs Insulaires ignorent encore les activités.
Originaire de l'extérieur de la province, Elaine Preston est arrivée à l'Île il y a près de neuf ans. C'est son frère Garth, déjà engagé dans l'organisme, qui l'a invitée à participer comme juge. Après quelques années au conseil d'administration, elle en a pris la présidence. Jardinière passionnée, elle cultive autant les légumes que les fleurs, même si ses nombreuses responsabilités lui laissent parfois moins de temps qu'elle le souhaiterait pour entretenir ses propres plates-bandes.
« Il m'arrive de me demander quelles activités je pourrais abandonner pour consacrer davantage de temps à mon jardin. Puis je me rends compte que je ne veux rien laisser tomber. Alors je continue comme je peux », raconte-t-elle en riant.
Une nouvelle définition de la beauté
La grande nouveauté de cette année est l'introduction d'une catégorie consacrée aux plantes indigènes et à la biodiversité.
Cette initiative doit beaucoup à Jen Stenhouse, nouvelle membre du conseil d'administration, dont Elaine Preston souligne l'engagement environnemental. Elle a notamment mobilisé des groupes de gestion des bassins versants pour organiser cinq activités de sensibilisation à travers la province.
Le Fonds de conservation de la faune de l'Île-du-Prince-Édouard a financé cette nouvelle catégorie. Son soutien a permis à la Société d'organiser les ateliers de sensibilisation et de récompenser les participants au concours. Elaine Preston tient à souligner cette contribution, qui a rendu possible l'initiative.
L'objectif est de reconnaître des aménagements qui favorisent la biodiversité, même lorsqu'ils s'éloignent des pelouses impeccablement tondues et des plates-bandes soigneusement ordonnées.
« L'environnement est tellement important. Si un organisme peut contribuer à le promouvoir, je crois que la Société d'embellissement rural devrait le faire », affirme la présidente. Elle estime d'ailleurs que cette orientation pourrait prendre davantage d'importance dans les prochaines années, bien qu'aucun projet supplémentaire n'ait encore été officiellement arrêté.
Jardiner pour nourrir sa communauté
Les jardins potagers communautaires occupent également une place grandissante dans les activités de l'organisme. Cette catégorie, introduite au cours des dernières années, reconnaît les initiatives qui permettent aux résidents de cultiver leurs légumes collectivement.
Elaine Preston cite l'exemple de Miltonvale Park, où les surplus de récolte sont déposés dans un kiosque où chacun peut se servir gratuitement. À ses yeux, ces jardins permettent non seulement de découvrir les plaisirs du jardinage, mais aussi de contribuer à la sécurité alimentaire.
La Société cherche également à encourager la relève grâce à son concours de jardins jeunesse, ouvert aux cultures florales et potagères. Plusieurs jeunes ont participé à la récente cérémonie, mais la présidente aimerait en accueillir davantage.
Une compétition sans prétention
Les concours de la Société évoluent également avec les habitudes des Insulaires. La catégorie consacrée autrefois à l'amélioration des maisons de ferme est devenue plus largement celle de l'amélioration résidentielle, permettant à davantage de propriétaires de participer.
Elaine Preston apprécie particulièrement les projets qui redonnent vie à d'anciennes maisons rurales. Elle tient cependant à rassurer les personnes qui hésiteraient à inscrire leur propriété par crainte du jugement des évaluateurs.
« Lancez-vous ! Les juges ne sont pas là, les lunettes descendues sur le nez, pour examiner tout ce qui ne va pas. Nous sommes là pour admirer votre travail et votre créativité. »
L'inscription coûte 20 $, et la satisfaction de voir son travail reconnu compte souvent davantage que la récompense financière.
L’Acadie cultive ses talents
La région Évangéline s'est particulièrement distinguée lors de la dernière remise de prix.
Parmi les lauréats mentionnés par Elaine Preston figurent Colette Aucoin, de Mont-Carmel, Léonce Arsenault d'Abram-Village, Lucie et Raymond Arsenault de Wellington, Amy Arsenault, Cindy Ellands-Arsenault, Kevin et Pauline Poirier.

Léonce Arsenault d'Abram-Village était parmi les gagnants. On le voit à côté de son jardin qui lui a valu un prix.
Au total, 71 participants ont reçu des distinctions cette année. Près de 18 000 $ ont été distribués en prix lors de la cérémonie, auxquels s'ajoutaient notamment des bulbes de fleurs et des semences de plantes indigènes.

Cindy Ellands-Arsenault reçoit un de ses prix des mains de Sheila Gallant, membres du conseil d'administration de la Société d'embellissement.

Amy Arsenault accepte un prix des mains de la représentante de Twin Shores, un commanditaire.

Kevin et Pauline Poirier acceptent leur prix des mains de Sheila Gallant, représentante de la Société d'embellissement. (Photos: Société d'embellissement rural de l'ÎPÉ).
Pour Elaine Preston, le véritable intérêt de ces concours demeure la découverte des efforts et de l'imagination des Insulaires.
Et si les pelouses parfaitement entretenues ont longtemps constitué l'image même de l'embellissement rural, les herbes sauvages, les plantes indigènes et les potagers collectifs pourraient bien contribuer à redéfinir cette tradition.

De gauche à droite au premier rang, on voit Raymond et Lucie Arsenault, Cindy Ellands-Arsenault, Pauline et Kevin Poirier, Colette Aucoin ainsi que Léonce et Bernice Arsenault. À l'arrière, on voit Robert et Julie Arsenault d'Urbainville Farms. (Photo: Janine Arsenault)