Trois générations de femmes de la famille Pendergast se sont réunies sur scène, le 14 octobre, au Centre acadien de Prince-Ouest, à l’occasion d’une soirée familiale consacrée à la transmission de la langue et des traditions acadiennes. Une trentaine de parents et d’enfants ont participé à cette activité organisée par Cap enfants.
La soirée a débuté autour d’un souper spaghetti gratuit, suivi d’une activité de bricolage pendant laquelle les enfants ont peint des citrouilles qu’ils ont ensuite pu rapporter à la maison. Le rassemblement s’est terminé en musique, avec un spectacle réunissant Eileen Chiasson-Pendergast, deux de ses filles et sa petite-fille.
Récemment décorée de l’Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard pour son engagement envers la communauté acadienne, Eileen Chiasson-Pendergast, dont La Voix acadienne avait dressé le portrait le 5 août dernier, a profité de l’occasion pour faire découvrir aux plus jeunes quelques chansons traditionnelles qui ont marqué son enfance.
« Quand j’étais petite, il y avait toujours des gens qui chantaient. Mes parents assistaient à des réunions, notamment celles de la Société Saint- Thomas-d’Aquin, et on y chantait de vieilles chansons. Nous, les enfants, on les apprenait en écoutant les adultes. »
À l’époque, explique-t-elle, une bonne partie du répertoire provenait du Québec ou de la France. Les auteurs de plusieurs de ces chansons demeuraient inconnus, mais les mélodies se transmettaient naturellement d’une génération à l’autre.
Les répétitions, fréquentes de ces airs traditionnels, facilitaient d’ailleurs leur apprentissage. Eileen a invité les personnes présentes à reprendre les refrains avec les musiciennes.
Certaines chansons, malgré leur rythme entraînant, racontaient des histoires plutôt tristes. Elle a notamment présenté une chanson évoquant des oisillons quittant leur nid, au grand désespoir de leur mère. Elle a aussi rappelé que, pendant longtemps, les chansons entendues à la radio provenaient surtout des États- Unis. Lorsqu’elle enseignait en Louisiane, ses connaissances du répertoire country-western avaient d’ailleurs surpris ses interlocuteurs.
Aujourd’hui, elle se réjouit de voir les artistes acadiens composer et interpréter leurs propres chansons.
« J’espère que vous apprendrez certaines de ces chansons et que vous les transmettrez à votre tour », a-t-elle lancé aux familles présentes.
Les femmes au cœur de la transmission
Pour Rachelle Smith, directrice générale de Cap enfants, cette soirée correspond directement à la mission de l’organisme, qui accompagne les familles francophones et acadiennes dans le développement et le bien-être de leurs jeunes enfants.

Lily, Kevin, Ben et Clark décorent leurs citrouilles lors de la soirée familiale du 14 octobre au Centre acadien de Prince-Ouest.
L’activité a été rendue possible grâce à une subvention du programme FrancoZone, une initiative de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne qui soutient des projets mettant en valeur le rôle des femmes dans la transmission du français en milieu minoritaire.
« On voulait réunir plusieurs générations de familles. On commence avec un souper, les enfants font du bricolage et, ensuite, on présente un spectacle de musique avec plusieurs générations de femmes », explique Rachelle Smith.

La jeune Adelyn s’applique à peindre sa citrouille lors de la soirée familiale au Centre acadien de Prince-Ouest. Les enfants pouvaient ensuite rapporter leurs créations à la maison.
Il s’agit du deuxième projet réalisé par Cap enfants grâce à ce programme. Une première activité, organisée plus tôt cette année à Prince-Ouest, avait pris la forme d’une cuisine collective avec des aînés.
« Dans Prince-Ouest, ils font beaucoup d’activités intergénérationnelles. Ils aiment vraiment réunir les aînés et les familles, tout en faisant une place à la culture », souligne-t-elle.

Rachelle Smith, directrice générale de Cap enfants, souligne l’importance des activités intergénérationnelles pour favoriser la transmission de la langue et de la culture acadienne auprès des jeunes familles.
La réalisation de la soirée a également bénéficié de la collaboration du Conseil Rév. S.-É.- Perrey, qui a pris en charge la préparation du souper.
Devant le succès de ces deux initiatives, Rachelle Smith n’exclut pas la possibilité d’en organiser d’autres.
Pour Eileen Chiasson-Pendergast, la transmission de la culture peut commencer par un simple refrain appris auprès de ses parents ou de ses grands-parents.
Et mercredi soir, c’est entouré de sa propre famille qu’elle a pu poursuivre cette tradition.

Rachelle Smith, directrice générale de Cap Enfants, entraîne petits et grands dans une danse sur la chanson « Tête, épaules, genoux et pieds ». (Photos : Eric Bergeron)