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08 Octobre 2026 Par Amayes Hadj Amar – La Voix acadienne – IJL - ATL
De gauche à droite : Barbara Jadis, l'honorable Wassim Salamoun, Lisa Cooper, Tabatha Bernard, Junior Gould, Rob Lantz et Marlene Thomas. (Photos :Amayes Hadj Amar)

Le mercredi 30 septembre au Shaw Building, une foule de personnes se sont réunies pour souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Aînés mi'kmaq, survivants des pensionnats, chefs et élus ont pris la parole, souvent avec beaucoup d'émotion, devant une salle attentive.

Le 30 septembre, partout au pays, on souligne la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Elle a été créée pour honorer les enfants autochtones qui ne sont jamais revenus des pensionnats, ainsi que les survivants et leurs familles. C'est aussi le jour du chandail orange, avec son message : chaque enfant compte.

La cérémonie de Charlottetown a débuté par un chant de tambours mi'kmaq. Julie Pellissier- Lush, première poète lauréate autochtone de l'Île-du- Prince-Édouard, a animé la rencontre. Elle a rappelé que l'Île est le territoire des Mi'kmaq depuis plus de 12 000 ans. « Aujourd'hui est une journée remplie de souvenirs difficiles et de traumatismes partagés », a-t-elle dit.

2.vérité et réconciliation

Julie Pellissier-Lush, première poète lauréate autochtone de l'ÎPÉ, auteure et gardienne du savoir mi'kmaq, a animé la cérémonie.

L'aînée Barbara Jadis, du groupe Abegweit, a ensuite livré une prière. Elle a raconté que son père, enfant, passait en voiture devant le pensionnat de Shubenacadie et disait : « Regarde, ce n'est pas un bon endroit. » Sa mère, trop jeune, n'avait pas été acceptée à l'école. Elle a parlé de la langue et de la culture qu'on interdisait aux enfants. « Nous prions pour eux et pour leurs familles », a-t-elle dit à propos des enfants disparus.

3.vérité et réconciliation

Barbara Jadis, aînée dugroupe Abegweit, a livré la prière d'ouverture.

Les élus et les chefs

Le lieutenant-gouverneur, Dr Wassim Salamoun, a invité les gens à écouter les témoignages, à reconnaître les injustices et à comprendre que leurs effets se font encore sentir. Il a demandé d'agir avec respect et d'écouter avec humilité.

4.vérité et réconciliation

Le lieutenant-gouverneur de l'ÎPÉ, Dr Wassim Salamoun, s'est adressé à la foule.

Le Premier ministre Rob Lantz a insisté sur le fait que le travail ne se fait pas un seul jour par année. « La réconciliation n'est pas quelque chose à laquelle on pense seulement le 30 septembre. C'est un travail qui continue », a-t-il déclaré. Il a rappelé que des premiers ministres et des leaders autochtones nationaux s'étaient rencontrés à l'Île cet été, et que le chef Junior Gould et la chef Tabatha Bernard faisaient partie des discussions.

1. verité et réconciliation

Le Premier ministre de l'ÎPÉ, Rob Lantz, lors de son discours.

Tabatha Bernard, de la Première Nation de Lennox Island, a parlé des dangers de l'ignorance. « C'est seulement par la connaissance, l'acceptation et l'humilité qu'on peut vaincre l'ignorance et la haine », a-telle dit. Elle a aussi demandé à l'assistance de rester unie contre l'injustice et la peur.

6.vérité et réconciliation

Tabatha Bernard, de la Première Nation de Lennox Island, lors de son discours.

 

7.vérité et réconciliation

Le chef de la Première Nation d'Abegweit, Junior Gould, a invité la foule à regarder autour d'elle pour comprendre ce qu'est la réconciliation.

Le chef de la Première Nation d'Abegweit, Junior Gould, a été très direct. Il a demandé aux gens de regarder à leur gauche, puis à leur droite.

« C'est ça, la réconciliation », a-t-il lancé. Il a expliqué qu'il ne connaît pas toute l'histoire de son père, qui ne parlait pas de ce qui s'était passé au pensionnat. Pour lui, la guérison entre les générations passe aussi par l'éducation.

La voix des survivantes

Les moments les plus forts sont venus de ceux et celles qui ont vécu cette histoire. La cheffe Lisa Cooper, présidente du Conseil autochtone de l'Î.-P.-É., a parlé de sa mère, survivante des pensionnats. « Imaginez : un matin, tous les enfants de 6 à 14 ans de votre quartier ont disparu », a-t-elle dit. Elle a décrit des retours difficiles, des familles qui ne se reconnaissaient plus. Selon elle, la force de sa mère a pourtant aidé ses enfants à poursuivre leurs études. Elle a ajouté que lorsque la communauté travaille ensemble pour les enfants « on rend les choses plus faciles pour la communauté ».

8.vérité et réconciliation

Lisa Cooper, présidente et cheffe du Conseil autochtone de l'Î.-P.-É. Et membre de la bande de Lennox Island, lors de son discours.

L'aînée Marlene Thomas, survivante des pensionnats, a pris la parole, à 72 ans, sans cacher sa peine. Elle a raconté que sa mère avait, elle aussi, vécu cette épreuve, et qu'elle-même avait ensuite été envoyée dans un pensionnat. « Chez nous, il y avait de l'amour. Au pensionnat, il n'y en avait pas », a-telle dit. Elle a confié avoir été très en colère pendant des années, avant de trouver de l'aide.

5.vérité et réconciliation

L'aînée Marlene Thomas, survivante des pensionnats et membre de la bande de Lennox Island, a montré à la foule ses souliers sur lesquels est écrit «Écoutez-nous» en mi'kmaq.

« Il faut encore beaucoup de guérison », a-t-elle dit, en ajoutant qu'elle ne se dit pas guérie. « Plus de haine, plus de préjugés. Aimons-nous les uns les autres. » Elle a montré à la salle le dessous de ses souliers, où est inscrit « Écoutez-nous », en remerciant les gens d'avoir fait exactement cela. Elle a rappelé qu'il ne reste que quelques survivants dans la région et qu'il faut les entendre pendant qu'ils sont là. Julie Pellissier-Lush a conclu la rencontre en invitant tout le monde à repartir avec ces histoires. La salle a observé une minute de silence, pour les enfants qui ne sont jamais revenus et pour les voix qui manquent dans les familles.

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