Le 26e Mawio’mi annuel de Lennox Island a réuni danseurs, chanteurs, familles et visiteurs les 29 et 30 août sur les terrains culturels de la Première Nation. Loin d’être une cérémonie, le Mawio’mi se voulait d’abord une célébration et un grand rassemblement social où traditions, rencontres et transmission occupaient le centre du cercle.
Tout s’organisait autour d’un grand cercle. Les gens étaient invités à y faire le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, tandis qu’au centre, sous un vaste abri, les groupes de tambours et leurs chanteurs avaient pris place. C’est également de là que le maître de cérémonie, Michael R. Denny, d’Eskasoni, en Nouvelle-Écosse, dirigeait les activités et appelait tour à tour les danseurs.

Jimmy Bernard a prononcé la prière d’ouverture du 26e Mawio’mi annuel. Artisan de Lennox Island, il est reconnu pour la fabrication de paniers traditionnels mi’kmaq en frêne noir, un savoir-faire qu’il enseigne et transmet aujourd’hui.
À la périphérie du cercle, des familles avaient installé leurs chaises sous des abris. Derrière elles, un large passage permettait aux visiteurs de circuler parmi une succession de kiosques proposant artisanat et nourriture. Une aire de repos permettait également de s’éloigner de l’activité du cercle La Grande entrée marquait le début officiel des activités de l’après-midi.

Le lieutenant-gouverneur de l’Île-du-Prince-Édouard, l’honorable Dr Wassim Salamoun, comptait parmi les invités présents pour l’ouverture du 26e Mawio’mi annuel de Lennox Island.
Le Premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, qui portait le drapeau provincial, le lieutenant- gouverneur, l’honorable Dr Wassim Salamoun, ainsi que la cheffe de la Première Nation de Lennox Island, Tabatha Bernard, étaient notamment présents pour l’ouverture des festivités.

Le Premier ministre de l’Île-du- Prince-Édouard, Rob Lantz, a participé à la Grande entrée en portant le drapeau provincial. Il assistait pour la première fois au Mawio’mi de Lennox Island.
Il s’agissait d’une première visite au Mawio’mi de Lennox Island pour Rob Lantz, qui avait déjà assisté à celui d’Abegweit. « C’est incroyable. Il y a une excellente participation de la communauté », a-t-il confié à La Voix acadienne.
« C’est toujours un sentiment particulier de regarder autour de nous pendant la Grande entrée et de voir notre communauté remplie de nos gens, de nos familles, de nos chanteurs et danseurs, ainsi que d’amis et de visiteurs venus de près et de loin pour célébrer avec nous », a lancé, pour sa part, la cheffe Bernard.
Elle a également pris un moment pour rendre hommage à deux aînés de la communauté décédés au cours des semaines précédentes. « Nos aînés occupent une place tellement importante dans notre communauté. Ils portent nos histoires, nos connaissances, notre langue, nos souvenirs et les enseignements qui relient une génération à la suivante. »

La cheffe Tabatha Bernard a décrit la Grande entrée comme un moment privilégié pour voir familles, chanteurs, danseurs et visiteurs réunis sur les terrains de Lennox Island. Elle a souhaité la bienvenue à ceux venus « de près et de loin » pour participer au Mawio’mi.
Une célébration avant tout
Malgré les protocoles entourant certains moments, notamment la Grande entrée, Michael R. Denny a tenu à préciser la nature du Mawio’mi aux visiteurs qui découvraient le rassemblement.
« Ce n’est pas une cérémonie. C’est un événement social où nous nous retrouvons. Nous chantons, nous dansons, nous racontons des histoires. Nous nous taquinons, nous mangeons, et nous nous amusons. »
Dans sa jeunesse, Michael R. Denny ajoute avec humour que le Mawio'mi pouvait aussi être l'occasion de faire une rencontre. « Dans le bon vieux temps, quand j'étais un jeune célibataire, on venait et on rencontrait les jeunes filles. »
Karl Thomas, pour sa part, était gardien du tambour, une responsabilité qui dépassait le soin de l’instrument. « Je veille sur tous les chanteurs pour m’assurer que tout le monde va bien », a-t-il expliqué. C’est aussi lui qui ramenait le tambour chez lui et veillait à ce qu’il soit bien entretenu.
Une nouvelle génération
À quelques pas de là, Larry Joseph Pierro terminait de revêtir son regalia avant d’entrer dans le cercle. À 12 ans, le jeune danseur pratiquait la danse depuis l’âge de quatre ans. Certaines pièces de son regalia avaient été réalisées par son père, d’autres par lui-même. Sa spécialité ? La danse de l'herbe consiste à sauter sur place et balayer du pied le gazon.
Au fil des années, Larry disait continuer à découvrir de nouvelles choses. Ce qui lui plaisait particulièrement était de voir de nouvelles personnes s’essayer à la danse. Dans sa propre famille, expliquait-il, plusieurs dansaient déjà.

Larry Joseph Pierro, 12 ans, se préparait à entrer dans le cercle pour la danse Grass. Il danse depuis l’âge de quatre ans et portait un regalia dont certaines pièces avaient été confectionnées par son père et d’autres par lui-même.
La relève prenait aussi d’autres formes. Couronne sur la tête, Makayla Bernard, récemment choisie comme Miss Lennox Island, était occupée à préparer les lieux lorsque La Voix acadienne l’a rencontrée. Son titre l’amènera à représenter Lennox Island pendant un an lors d’activités dans la communauté et ailleurs. Elle souhaite étudier en travail social à l’Université St Thomas afin de travailler un jour auprès de communautés autochtones.
Même à des milliers de kilomètres de Lennox Island, certaines traditions semblaient familières. Chasky, un visiteur autochtone originaire de l’Équateur, disait avoir reconnu des ressemblances avec celles de sa propre communauté, notamment dans les tambours et les couleurs.

Originaire de l’Équateur, Chasky a retrouvé à Lennox Island certaines ressemblances avec les traditions de sa propre communauté autochtone, notamment dans les tambours et les couleurs. Il avait apporté sa flûte au rassemblement.
Puis le regard revenait inévitablement vers le cercle. Enfants, adolescents, adultes et aînés y dansaient ensemble, chacun à son rythme. Une image toute simple de ce que Tabatha Bernard avait évoqué quelques instants plus tôt : des enseignements qui passent d’une génération à la suivante.



Des danseurs de tous âges se sont succédé dans le cercle pendant les deux jours du Mawio’mi. Plusieurs venaient d’autres communautés mi’kmaq des Maritimes pour prendre part aux danses, aux catégories spéciales et aux compétitions, accompagnés par des groupes de tambours de l’Île, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. (Photos : Eric Bergeron)



