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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 14 août 2019

- Par Pénélope Leblanc

L'animatrice Melissa Martel accompagnée des quatre panélistes: Karolyn Aucoin, Sébastien Lord-Émard, Cyrilda Poirier et Lucie Aounetse (qui a la parole). Ces cinq individus engagés dans les causes féministes et acadiennes discutent de leurs expériences personnelles lors du 6e Sommet des femmes dans la salle de conférence du Mill River Resort, le dimanche 11 août dernier.

 

Le 6e sommet des femmes exposait des individus aux cheminements opposés ainsi que des spécialistes pour lancer des discussions quant à la validité du terme «féminisme» et à l’inclusion de la diversité dans l’Acadie d’aujourd’hui.  L’événement organisé par le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick (RFNB) en collaboration avec Actions Femmes Île-du-Prince-Édouard (AFÎPÉ) se déroulait les 11 et 12 août denier dans le cadre du Congrès mondial acadien (CMA) au Mill River Resort, dans l’ouest de l’Île. 

 

Quelque 150 personnes étaient inscrites à ce sommet intitulé l’Acadie (RE) pensée : le féminisme et l’égalité des genres en Acadie.  «On est heureux que des gens se soient déplacés depuis la Louisiane, Terre-Neuve et le Québec, puisqu’on ne voulait pas que ce soit uniquement centré sur la réalité du Nouveau-Brunswick», a affirmé la directrice générale du RFNB Nelly Dennene.

 

La première activité au programme exposait quatre panélistes qui n’ont presque rien en commun, sauf la francophonie.  Karolyn Aucoin, Sébastien Lord-Émard, Cyrilda Poirier et Lucie Aounetse répondent aux questions préparées par l’animatrice, Melissa Martel. 

 

Karolyn Aucoin se définit comme une bisexuelle bilingue.  Karolyn travaille dans un petit village en Nouvelle-Écosse où elle s’implique dans le but de s’assurer que tous les gens sont représentés en tout temps.  Elle croit que le féminisme ne devrait pas se définir par un mot comme tel, mais plutôt par des actions. Finalement, Karolyn dit avoir grandi sur Internet. 

 

Bien que Sébastien Lord-Émard soit Québécois, il travaille pour Bouton d’or Acadie à Moncton.  Il est donc sensible aux minorités francophones des provinces atlantiques. Sébastien se considère comme un allié de la cause féministe.  «Je suis toujours impressionnée par les femmes leaders qui font peur!» a-t-il lancé en décrivant les femmes qui se battent et arrivent à se tailler une place.   

 

Cyrilda Poirier a travaillé pour de nombreux organismes comme la Fédération culturelle canadienne-française, le Réseau national éducation femmes, la Société Santé en français, la Fédération des communautés francophones et Acadienne du Canada et la Société nationale de l’Acadie. 

 

Cyrilda a une vision différente du féminisme.  Elle croit que le terme fait peur à beaucoup d’hommes et peut-être même certaines femmes.  Elle pose donc la question à savoir si un terme plus rassembleur pourrait être adopté, ce qui n’a pas plus à quelques membres du public.  Ceci la plaçait aussi en contradiction avec Lucie Aounetse qui croit que l’expression «féminisme» est essentielle afin de faire progresser les choses. 

 

En effet, Lucie Aounetse a été victime d’un acte d’intimidation dans la rue, ce qui l’a sensibilisé quant à l’importance de s’affirmer et de défendre ses droits.  «Un homme m’a montré une croix gammée qu’il avait de tatouée sur le corps. J’ai donc réalisé que je suis triplement minoritaire, parce que je suis une femme, je suis noire et je suis francophone…», a-t-elle doucement évoqué. 

 

Originaire de l’Île de La Réunion, au centre de l’Océan Indien, Lucie se sent interpellée par la cause acadienne.  Elle est arrivée au Nouveau-Brunswick en 2015. 

 

Inclure la diversité 

 

Pour se présenter, les panélistes étaient invités à dire par quel pronom ils désiraient se faire appeler.  Ainsi, les personnes de la communauté 2SLGBTQIA+ qui se disent non binaires étaient correctement représentées. 

 

L’humoriste queer et acadien Xavier B. Gould est aussi venu lire deux poèmes qu’il avait préparés pour le sommet.  Xavier a soulevé la place des trans et l’évolution des vagues du féminisme à travers la métaphore d’un poète et en se laissant inspirer par le titre du livre «La Sagouine» d’Antonine Maillet. 

 

C’est fort probablement son passage qui a suscité le plus d’attention et d’émotions chez le public qui applaudissait à chaque respiration que Xavier B. Gould prenait.  L’humoriste queer maîtrise parfaitement l’art du rythme et de la poésie.  

 

En parler avec des experts

 

Lors de la deuxième journée du sommet, la parole était plutôt à Louise Imbeault, journaliste à Radio-Canada pendant plus de 30 ans, ainsi qu’à Sue Duguay, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française. 

 

Les femmes se sont intimement exprimées sur leur parcours professionnel et personnel.  Tandis que Louise Imbeault incarne l’Acadie à travers les décennies et l’expérience, Sue Duguay personnifie la jeunesse acadienne d’aujourd’hui. 

 

Briser le mythe que l’égalité des genres en Acadie est complètement acquise :

 

  • 43 % des femmes au Canada affirment avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail;
  • 79 % des parents monoparentaux sont des femmes;
  • 54,99 % des personnes à faible revenu en Atlantique sont des femmes;
  • Les femmes ne représentent que 25 % des membres des assemblées législatives des provinces atlantiques.

 

Xavier B. Gould livre ses poèmes avec passion et enthousiasme.

 

L'artiste visuelle Lucie B. Bellemare a fait des sculptures ainsi qu'une toile tout au long des discussions. (Photos : P.L.)

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