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29 janvier 2021 Par Jacinthe Laforest

 Vallier Ouellette est un grand partisan du Canadien de Montréal. (Photo : J.L.)

 

Vallier Ouellette n’est pas un amateur de hockey qui se contente de vanter son équipe et dénigrer les autres.  Il avoue son parti pris pour le Canadien de Montréal, mais ça ne l’empêche pas d’analyser le fonctionnement de l’équipe d’une manière critique, en libre penseur.  

Après avoir fait relâche pendant plusieurs mois, les activités ont repris plus tôt en janvier dans la Ligue nationale de hockey.  «Je ne réalisais pas à quel point ça me manquait.  J’écoute toutes les parties.  Celles de Montréal et celles des autres équipes aussi.  J’analyse le jeu.  Je me fais des stratégies dans ma tête et ça me choque lorsque l’entraîneur du Canadien ne voit pas la même chose que moi».

 

Vallier Ouellette a été entraîneur de hockey scolaire puis communautaire dans la région Évangéline pendant presque 25 ans.  Il faisait jouer tous ses jeunes.  «Ils étaient tous importants.  Et je leur donnais leur chance.  Mais dans le Canadien, je peux dire qui sont les préférés de l’entraîneur et de l’organisation, et ça me dérange.  Il y en a un, Gallagher, qui gagnera 6 millions par année et qui, selon moi, est bien moins bon que Danault, qui est beaucoup moins payé. Personne ne lui donne le crédit pour ce qu’il fait.  Plutôt que de dire que c’est lui qui empêche ses adversaires de marquer, on dit que ses adversaires ont mal joué.  Dans le Canadien, ce que je trouve, c’est qu’il se joue des jeux de forces en dehors de la glace. 

 

Si un joueur parle trop fort, s’il revendique un peu trop, ce n’est pas long pour qu’il soit échangé.  Des fois, ça prend deux semaines».

 

Selon lui, et il admet que son point de vue n’est pas populaire, l’entraîneur Claude Julien a peur de perdre sa place alors il fait jouer ses vedettes, alors que des recrues pourraient avantageusement se présenter sur la glace.

 

L’argent est presque un mythe

 

À la belle époque des Maurice Richard, les joueurs de hockey gagnaient des «peanuts», comparées aux sommes que les propriétaires engrangeaient.  «Maurice Richard travaillait dans une usine de chemin de fer du Canadien Pacifique pour faire vivre sa famille.  C’est certain que ça a beaucoup changé.  Mais on a tort de penser que tous les joueurs sont millionnaires.  Il y en a qui le sont, mais les joueurs des troisièmes et quatrièmes lignes gagnent peut-être 750 000 $ par année.  C’est de l’argent, mais en même temps, ils sont obligés de vivre pas loin de l’aréna, ils doivent maintenir l’image de l’équipe de hockey, toujours être bien vêtus, avoir une belle maison, et tout ça coute cher. Je ne suis pas prêt à dire qu’ils sont pauvres, mais ils ne sont pas riches non plus.  Il y a deux ou trois vedettes dans une équipe et les autres, toutes proportions gardées, ils en arrachent», estime Vallier Ouellette.  

 

Cette année, les analystes disent que sur le papier, l’équipe du Canadien est la meilleure du Canada.  Vallier Ouellette est aussi de cet avis.  Ce qui fait la différence selon lui, c’est le gardien de but, Carey Price, qui est un véritable joueur d’équipe.  «Je l’imagine dans le vestiaire.  Je suis sûr que pour ses collègues, il est comme un entraîneur. Il leur suggère des tactiques, il les motive.  Je pense qu’il est plus qu’un gardien de but».

 

Mais ce n’est pas le seul atout.  C’est important, dit Vallier, que les forces soient équilibrées sur la glace.  «Des équipes font le choix de mettre leurs meilleurs joueurs sur la même ligne.  Ça peut marcher, je suppose, mais la plupart du temps, ça ne paie pas.  Le meilleur exemple récent, c’est Edmonton qui a mis ses vedettes sur la même ligne et qui perd contre Montréal.  À la dernière partie, ils avaient mis leurs bons joueurs sur des lignes différentes et ça n’a pas marché non plus.  Ils vont peut-être les ramener sur la même ligne.  Mais moi, comme ancien entraîneur, je vois la faille dans cette stratégie».

 

Transmettre la passion du hockey

 

Vallier Ouellette est natif du Nouveau-Brunswick.  Étudiant en orientation scolaire à l’Université de Moncton, il a été recruté «pour un an» par J. Albert Gallant, surintendant à l’Unité 5 (autre fois la commission scolaire qui gérait l’école Évangéline).  Sa jeune épouse, Diane, poursuivait ses études à Moncton.  À la fin de l’année, la décision de rester ou de partir a été prise avec l’aide de la troupe des Danseurs Évangéline.  Diane, qui était une excellente danseuse, s’est jointe au groupe.  Une autre année a passé.  Une bourse pour aller passer un mois à Grenoble en France leur a été offerte.  Encore une fois, Vallier et Diane ont poursuivi leur séjour.  Mais ce qui a véritablement convaincu les Ouellette de rester, c’est lorsque les élèves du secondaire de l’école Évangéline où Vallier travaillait sont allés le recruter pour former une équipe de hockey interscolaire.  

 

«Vous vous imaginez, j’avais un bassin de 20 joueurs et je les gardais tous, et Three Oaks pouvait choisir parmi 300 athlètes intéressés et prenait les meilleurs.  La première année, on perdait 20 à 0.  La deuxième année, 15 à 0, puis 10 à 1.  Ça a pris quatre ou cinq ans avant qu’on soit dans la course.  C’était très satisfaisant.  Je garde d’excellents souvenirs de ces années là».

 

Père de deux filles qui ont favorisé la danse, les arts et l’éducation, Vallier est grand-papa de deux garçons, et il retrouve le plaisir de transmettre son amour du hockey à une jeune génération.  «Cet hiver, j’ai moins de chance, mais les années passées, j’ai réussi à faire une patinoire sur le terrain derrière la maison, et je joue avec mes petits-fils.  On s’amuse beaucoup.  Louis-Gabriel est dans un programme de hockey et j’aime le voir se développer dans ce sport.  Hockey Canada donne des équipements aux enfants qui entrent dans ce programme.  C’est extraordinaire.  Et ce que j’admire, c’est que ces jeunes apprennent les mêmes techniques que les joueurs de la LNH.  Le maniement du bâton, le patin, garder la tête haute.  Je trouve ça merveilleux.»

 

Vallier Ouellette ne sait pas à quel moment il pourra revoir une partie des Canadiens sur place à Montréal.  En attendant, il profite de toutes les occasions qui se présentent pour parler de hockey.

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