La Voix acadienne - Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard mène présentement une consultation publique qui vise à créer un cadre réglementaire pour la tenue d’événements de sports de combat professionnels. Le ministre des Pêches, du Tourisme, du Sport et de la Culture, Zack Bell, dont le ministère propose l’initiative, en a discuté avec La Voix acadienne.
«Le but de l’exercice est de permettre la tenue d’événements de sports de combat sur l’Île», explique le ministre Zack Bell. «Pour l’instant, les spectateurs doivent quitter la province et se rendre dans les Maritimes ou ailleurs au pays pour assister à ce type d’événements. En plus, nos athlètes n’ont pas la possibilité de pratiquer leur sport à un haut niveau chez eux. Nous voulons offrir aux Insulaires les mêmes possibilités que celles qu’on retrouve ailleurs au Canada.»
Les sports visés par le projet de loi incluent la boxe, le kick-boxing, les arts martiaux mixtes (MMA), le muay-thaï et le jiujitsu, la lutte de soumission, les combats pieds-poings et les combats au corps-à-corps similaires.
Le cadre proposé obligerait l’obtention de licences pour les athlètes professionnels et amateurs à haut risque, les promoteurs, les officiels et le personnel médical. On exigerait aussi une assurance responsabilité, un plan d’urgence, un âge minimal de 19 ans pour les combattants et la présence obligatoire d’un responsable médical sur place.
Le projet de loi propose notamment la création d’un poste de commissaire aux sports de combat, responsable de l’encadrement, de la sécurité et de l’octroi des permis. «Nous avons échangé avec nos homologues du Nouveau-Brunswick pour mieux comprendre leur modèle et le fonctionnement de leur commission», précise leministre.
Le commissaire pourrait refuser ou arrêter tout événement jugé dangereux pour la sécurité publique.
Le cadre réglementaire pourrait inclure des frais de licence et de permis, ainsi qu’une redevance pouvant atteindre 5 % des revenus des événements, versée au comité chargé de la réglementation ou au gouvernement.
«Pour l’instant, aucune mesure n’est à l’abri d’être révisée. Nous étudions et nous proposons. Les opinions et les questions du public seront essentielles pour légiférer de manière responsable et équitable», rassure le ministre Bell. «La sécurité des combattants est notre priorité, et l’une des principales raisons pour lesquelles nous souhaitons encadrer ces activités. L’accès à des professionnels de la santé sur place permettra de réduire les risques de blessures graves», affirme le ministre qui est aussi entraîneur de hockey pour l’Association de hockey mineur de Charlottetown «C’est un peu comme au hockey. On imagine mal un match sans services médicaux à quelques pas de la glace. Ce devrait être la même chose pour les sports de combat.»
«Nous ne cherchons pas à donner une orientation touristique à cette initiative, ajoute Zack Bell. L’objectif est d’abord de lever les obstacles légaux qui empêchent une discipline sportive en pleine croissance d’exister dans un cadre reconnu et sécuritaire. Les retombées économiques secondaires, comme l’achalandage des restaurants, des hôtels ou d’autres services, seront évidemment les bienvenues, mais elles ne sont pas au cœur de la proposition, » répète-t-il.
Le gouvernement invite la population à consulter le rapport, disponible sur le Web au princeedwardisland.ca/fr/SportsCombat. Les commentaires peuvent être transmis par courriel à