À l’Île-du-Prince-Édouard, un diagnostic de cancer entraîne souvent un suivi hors province. Déplacements, coûts et incertitude s’ajoutent alors à l’épreuve de la maladie. Le parcours de Deborah Quaile illustre cette réalité, et les appuis qui viennent en atténuer le poids.
Deborah Quaile parle d’une voix douce et rassurante. Sa cadence apaisante contraste avec les défis auxquels elle est confrontée. Elle raconte son parcours avec calme et mesure.
Elle explique avoir ressenti des douleurs à la poitrine et des épisodes de reflux gastrique inhabituels. Croyant d’abord à un problème cardiaque, elle finit par se présenter à l’urgence. «Comme plusieurs Insulaires, je n’ai pas de médecin de famille.»
Un diagnostic difficile à établir
À la suite d’une série d’examens, dont des radiographies et des échographies, une endoscopie est finalement planifiée. «Presque deux mois se sont écoulés avant ce dernier rendez-vous. C’est à ce moment qu’une masse a été détectée. Les analyses sanguines ainsi que les biopsies se sont avérées non concluantes. »
Une décision s’impose. Elle est référée à un spécialiste à Moncton.
Les résultats n’ont rien de rassurant pour Deborah. «Le spécialiste m’a dit qu’il y avait environ 50-50 de chances que ce soit un cancer, et qu’il fallait faire une chirurgie de type Whipple. »
Cette intervention consiste à retirer une partie du pancréas ainsi que certains organes digestifs, avant de reconstruire le système pour permettre au corps de continuer à digérer normalement.
Des soins coordonnés, malgré la distance
Deborah souligne la coordination entre les centres hospitaliers de l’Île-du-Prince-Édouard et leurs partenaires en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Le déroulement des soins et les suivis se sont faits sans complication ni dédoublement administratif. «L’intégration des soins entre les différentes provinces était vraiment bien coordonnée. C’était rassurant», raconte-t-elle.
La réalité logistique du côté des patients, elle, ne fait pas partie des services de soins publics. Les déplacements, les coûts d’hébergement, les péages au pont et les autres dépenses connexes représentent des défis financiers importants pour plusieurs, qu’ils soient à revenu fixe ou tout simplement confrontés à une baisse de revenus liée à la maladie.
Des ressources pour alléger le parcours
C’est alors que Deborah découvre une ressource qui lui permettra d’alléger, du moins en partie, ses difficultés financières. «J’ai vu une affiche de Craig’s Cause dans la clinique de cancérologie. J’ai fait une demande. C’était très simple : quelques questions, une lettre du médecin. Et ils m’ont accordé une aide financière pourcouvrir plusieurs de mes dépenses.»
En plus d’offrir une aide financière liée aux traitements, la Craig’s Cause Pancreatic Cancer Society soutient également les personnes atteintes en proposant des ressources d’information, des groupes de soutien et en finançant la recherche sur la maladie.
Une course pour soutenir les insulaires
C’est dans ce contexte que s’inscrit la course Kicking PancreAS 5K, organisée à Charlottetown depuis 2014. L’événement permet d’amasser des fonds qui servent directement à soutenir des patients atteints d’un cancer du pancréas, notamment pour couvrir des frais liés aux déplacements et aux traitements.
Prévue le 2 mai au parc commémoratif Joseph A. Ghiz, la course rassemble chaque année des participants de tous âges. Les fonds recueillis contribuent au financement des programmes de soutien de Craig’s Cause, dont Deborah a elle-même bénéficié.
Une solidarité qui prend forme
Pour Deborah, cette initiative prend un sens bien concret.
«Ce serait très apprécié de voir des gens se mobiliser pour cette cause. C’est une façon d’aider et de faire connaître cette réalité.»
Elle dit avoir accepté de partager son histoire dans cet esprit. «Si le fait de raconter mon parcours peut aider d’autres personnes ou faire avancer la sensibilisation, alors ça en vaut la peine. »
Elle garde une certaine sérénité sur ce qu’elle traverse. Entre les traitements, elle continue de lire, de marcher avec son chien et de maintenir un quotidien aussi normal que possible.
«L’Île-du-Prince-Édouard est une communauté très chaleureuse. Le soutien que j’ai reçu a été très important pour moi. J’espère que mon parcours pourra aider d’autres personnes et faire connaître davantage ce cancer. »
