Les changements climatiques ne menacent pas seulement les infrastructures, l’environnement ou l’économie. Ils ont également des répercussions importantes sur la santé mentale des Canadiennes et des Canadiens. C’est la conclusion principale d’un examen de la portée publié par l’Agence de la santé publique du Canada dans la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada. Les chercheurs ont analysé 56 études canadiennes portant sur les liens entre les changements climatiques et la santé mentale.
Leur examen révèle que les événements météorologiques extrêmes, notamment les incendies de forêt, les inondations et les épisodes de chaleur extrême, sont associés à une hausse des cas d’anxiété, de dépression, de détresse psychologique et de trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Les incendies de forêt constituent le sujet le plus étudié. Les travaux recensés montrent que l’exposition à la fumée, les évacuations forcées, la perte de biens et l’incertitude entourant l’avenir peuvent entraîner des conséquences psychologiques durables. Certaines personnes touchées continuent de présenter des symptômes d’anxiété ou de stress plusieurs années après l’événement.
Les inondations représentent également une source importante de détresse. Les études démontrent que les personnes ayant subi des dommages à leur domicile ou un déplacement temporaire sont plus susceptibles de développer des symptômes dépressifs ou des troubles anxieux. Les impacts ne sont pas uniquement liés aux pertes matérielles, mais aussi à la rupture des réseaux sociaux et au sentiment d’insécurité qui suit une catastrophe.
L’examen souligne que certains groupes sont particulièrement vulnérables. Les peuples autochtones figurent parmi les populations les plus touchées, notamment en raison de leur lien étroit avec le territoire et des effets des changements climatiques sur les activités traditionnelles, la culture et le mode de vie. Les jeunes, les femmes et les personnes à faible revenu présentent également un risque accru de subir des répercussions psychologiques.
Les chercheurs notent aussi une augmentation de l’écoanxiété, c’est-à-dire l’inquiétude persistante liée aux changements climatiques et à leurs conséquences futures. Contrairement aux traumatismes provoqués par une catastrophe précise, cette forme d’anxiété découle souvent de la perception d’une menace à long terme et de l’incertitude entourant l’avenir.
Malgré l’augmentation des recherches au cours des dernières années, les auteurs estiment que plusieurs lacunes demeurent. Certaines régions du Canada sont peu étudiées et les effets à long terme des changements climatiques sur la santé mentale restent encore mal compris. Ils recommandent d’intégrer davantage la santé mentale aux stratégies d’adaptation climatique et aux plans d’intervention en cas de catastrophe.
Source : Agence de la santé publique du Canada, « Comprendre les effets des changements climatiques sur la santé mentale des Canadiennes et Canadiens : un examen de la portée », Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada, vol. 46, no 7-8, 2026.