Santé
17 octobre 2022 Par Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
La Docteure Caroline Quach-Thanh est pédiatre et épidémiologiste, également professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. (Photo : Véronique Lavoie, CHUSJ

Depuis le début de la pandémie, personne ne sait exactement combien d’enfants et d’adolescents ont été infectés par le coronavirus au Canada.  Une étude pancanadienne vient d’être lancée pour remédier à ce manque de données, et aider les autorités de santé publique à mieux gérer la crise sanitaire.

Combien d’enfants et d’adolescents canadiens ont été infectés par la COVID-19 depuis le début de la crise sanitaire?  Il est à l’heure actuelle impossible de le dire.

«Les taux d’infection sont largement inconnus, car la grande majorité des cas de COVID-19 chez les moins de 18 ans ont été bénins ou asymptomatiques, surtout  les cas survenus après l’arrivée des nouveaux variants comme Omicron», explique la Docteure Caroline Quach-Thanh, pédiatre et épidémiologiste, professeure à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

«La réduction des tests de laboratoire de routine pour le dépistage de la COVID-19 dans la majeure partie du pays contribue également au manque de connaissances sur le sujet», poursuit celle qui est aussi responsable de l’unité de prévention et contrôle des infections du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine à Montréal.

Adapter les politiques vaccinales

Pour pallier cette insuffisance de données, le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19, en collaboration avec le CHU Sainte-Justine, vient de lancer une vaste enquête sérologique sur le SRAS-CoV-2 chez les enfants et les adolescents dans tout le pays.

«C’est une demande des autorités de santé publique pour mieux comprendre le rôle des jeunes dans la transmission communautaire et l’éventuelle nécessité d’une vaccination supplémentaire», rapporte Caroline Quach-Thanh, qui codirige la recherche.

Selon les résultats de l’étude, les recommandations de vaccination seront adaptées, explique la scientifique : «Les autorités ont besoin de données probantes pour appuyer les politiques vaccinales et savoir s’il faut ou non pousser les parents à faire vacciner leurs enfants».

Durant un an, à cinq périodes différentes, les échantillons sanguins de patients de moins de 18 ans qui se rendront à des services d’urgences de seize hôpitaux à travers le pays seront récupérés et testés.  On parle d’environ 7200 prélèvements.  Les analyses seront effectuées en fonction de trois groupes d’âge distincts dans la fourchette de 0 à 18 ans. 

COVID longue

«On pourra déterminer s’ils ont contracté la COVID-19 et s’ils sont immunisés par l’infection ou par la vaccination, observe Caroline Quach-Thanh.  On pourra également mesurer les différences de contamination selon l’âge des jeunes, mais aussi entre les provinces, et entre les zones urbaines et rurales.»

Ces renseignements seront combinés avec les taux actuels de transmission, d’hospitalisation, et de vaccination afin d’éclairer la politique de santé publique canadienne.

L’étude va par ailleurs s’intéresser à la COVID longue chez les enfants et les adolescents.  «À l’instar des adultes, ils peuvent présenter des symptômes persistants après avoir été infectés par le SARS-CoV-2, comme de la fatigue, des troubles de l’attention et de la concentration, affirme Caroline Quach-Thanh.  Mais là encore, on a pour l’instant du mal à déterminer quel est le pourcentage touché.»  

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