Enseignants, assistants en éducation, travailleurs jeunesse, directions et spécialistes étaient notamment réunis pour entendre Steve Bissonnette, professeur en préretraite au Département d’éducation de l’Université TÉLUQ, venu présenter des stratégies dont l’efficacité a été démontrée par la recherche.
La journée a porté sur deux grandes questions : comment créer un climat de classe propice à l’apprentissage et, une fois celui-ci établi, quelles méthodes privilégier pour aider les élèves à apprendre.
« Si les élèves sont peu ou pas attentifs, il est difficile d’apprendre quelque chose quand on n’y porte pas attention », résume Steve Bissonnette.
La gestion des comportements a occupé une grande partie de la journée. Un choix qui n’est pas anodin, selon le chercheur. Depuis la pandémie, différentes études ont constaté une détérioration de plusieurs indicateurs chez les jeunes, allant de l’anxiété et de l’absentéisme chronique à l’agressivité, l’intimidation et aux troubles d’opposition.
Les apprentissages ont également été touchés, particulièrement là où les fermetures d’écoles et le recours à l’enseignement virtuel se sont prolongés. « Plus l’école a été fermée longtemps, plus les enfants ont été exposés à l’école virtuelle et plus les dommages ont été importants », affirmait-il. Le chercheur rappelle d’ailleurs qu’à l’échelle internationale, les résultats scolaires ont reculé après la pandémie.
Dans ce contexte, Steve Bissonnette préconise des pratiques dont l’efficacité a été rigoureusement étudiée, sans pour autant les présenter comme des recettes garantissant un résultat.
« Lorsqu’on met en place des pratiques qui ont généralement donné de bons résultats, les probabilités que cela fonctionne augmentent. »
Il cite à ce titre l’Alberta, où l’enseignement de la lecture a été intensifié après la pandémie auprès des élèves vulnérables.
« Au lieu de faire quelques minutes par jour, on a décidé d’en faire deux heures par jour », expliquait-il. Selon lui, des élèves en grande difficulté ont ainsi réalisé des progrès importants en quelques mois.
Favoriser l’apprentissage
Après la gestion des comportements, la formation s’est tournée vers les méthodes favorisant l’apprentissage, notamment en lecture, en écriture et en mathématiques. Steve Bissonnette a donné l’exemple de la méthode syllabique en lecture, qui repose sur l’apprentissage du nom et du son des lettres, ainsi que sur la fusion et la segmentation.
Pour Steve, présenter des pratiques efficaces au personnel ne suffit toutefois pas. Les enseignants doivent aussi être accompagnés dans leur application et pouvoir obtenir de l’aide lorsqu’ils rencontrent des difficultés.
« On dit souvent qu’il faut prendre soin des enfants, et c’est tout à fait juste, mais il faut aussi prendre soin du personnel. »
Il insiste enfin sur la nécessité pour les différents intervenants d’une école de travailler ensemble, notamment lorsqu’un comportement problématique survient.
« Les défis sont tellement grands que si chacun travaille de son côté et qu’on ne se parle pas, ça ne marchera pas », affirmait-il. Pour lui, la responsabilité ne s’arrête pas à sa propre classe : « Ce n’est pas mon élève. Ce sont nos élèves. »

Le personnel de la Commission scolaire de langue française s’est réuni au Centre Belle-Alliance, à Summerside, pour une journée de formation avant l’arrivée des élèves. Enseignants, assistants en éducation, travailleurs jeunesse, directions et spécialistes étaient notamment de la partie. (Photos : Eric Bergeron)