Éducation
06 Mars 2026 Par Eric Bergeron / IJL – La Voix acadienne 
Hadassah Maupoint, Adina Nault et Kathleen Couture, directrice générale de l’ACPEFÎPÉ, lors d’une foire à l’emploi tenue dans le cadre de Destination Canada Forum Mobilité. (Photos : Courtoisie de l’ACPEFÎPÉ)

De retour d’un voyage de recrutement dans le cadre de Destination Canada Forum Mobilité, l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’ÎPÉ (ACPEFÎPÉ) prépare déjà les équipes de ses futurs centres, anticipant ainsi la forte croissance du réseau et la demande grandissante en services de garde francophones.

Du 8 au 16 février 2026, Kathleen Couture, directrice générale de l’ACPEFÎPÉ, accompagnée de sa directrice adjointe Adina Nault et de sa coordonnatrice au recrutement Hadassah Maupoint, a sillonné Tunis, en Tunisie, ainsi que la Ville Lumière, Paris, en France, dans le cadre d’un effort visant à attirer des éducatrices qualifiées vers les centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard.

«Destination Canada, c’est notre chance de rencontrer des éducatrices formées avec un diplôme équivalent au niveau d’éducatrice ici à l’Île-du-Prince-Édouard, explique la directrice. Il y a toujours une pénurie de main-d’œuvre à l’Île et nous avons la chance de parcourir la francophonie afin de pourvoir les postes. »

Entre 75 et 100 éducatrices se sont présentées quotidiennement à la table des différentes foires auxquelles l’ACPEFÎPÉ a participé.

Recruter une famille, pas seulement une éducatrice

Les recruteurs issus de plusieurs provinces canadiennes ont rapidement compris qu’il était plus avantageux de coopérer afin d’acheminer les bons candidats aux bons endroits. Comme l’explique Kathleen Couture : «Si quelqu’un cherche une grande ville, je vais l’envoyer vers l’Ontario ou la Colombie-Britannique. Si quelqu’un cherche une petite communauté rurale, eux vont me les référer. »

C’est à la suite de l’une de ces foires que la collaboration s’est formalisée. «Il y a quelques années, on a formé le GTRIPE, le Groupe de travail en immigration dans la petite enfance. Depuis ce temps-là, on travaille ensemble pour le mieux des candidats. On partage. On collabore. On pense au long terme. »

Un parcours en plusieurs étapes

Une fois la bonne candidate trouvée, un long processus s’enclenche. «On n’embauche pas nécessairement une éducatrice, on apporte une famille pour venir vivre parmi nous. On veut trouver le bon match», explique Kathleen Couture.

Une évaluation rigoureuse et une certification font partie des premières étapes. Les diplômes doivent d’abord être évalués afin d’en établir l’équivalence canadienne, puis la candidate doit obtenir la certification provinciale en petite enfance. À cela s’ajoutent les démarches d’immigration, la logistique d’un déménagement international ainsi que l’installation et l’orientation une fois sur l’Île.

«Ce n’est pas du jour au lendemain, précise la directrice. Entre l’équivalence des diplômes, la certification et le permis de travail, ça peut prendre plusieurs mois. C’est un véritable projet de vie pour ces familles.»

Un succès déjà  tangible

Le réseau compte jusqu’à présent environ 80 employés issus de différents programmes, tant domestiques qu’étrangers. Cette diversité constitue une véritable richesse pour l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’ÎPÉ, qui se félicite — avec raison — d’offrir un service exemplaire à la communauté.

«Après les présentations, il y a toujours quelques candidates qui reviennent à notre table et qui disent : “Après avoir vu tout le monde, c’est chez vous que je veux aller.” Ça, pour nous, c’est précieux. Parce que recruter aujourd’hui, ce n’est pas juste pourvoir un poste, c’est bâtir nos équipes de demain.»

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Adina Nault, directrice adjointe et Hadassah Maupoint, coordonnatrice au recrutement, lors d’une rencontre à Tunis visant à attirer des éducatrices qualifiées vers les centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard.