Éducation
24 novembre 2022 Par Jacinthe Laforest 
Darlene Arsenault, présidente du Collège de l’Île.  (Photo : J.L.)

En peu de mois, le Collège de l’Île a connu trois présidences.  Donald DesRoches, qui occupait le poste depuis plus de 10 ans, a quitté son poste dans le courant de l’été 2022.  Colleen Soltermann, collaboratrice du Collège depuis plusieurs années, s’est retrouvée dans ce poste de manière abrupte et finalement, en octobre dernier, Darlene Arsenault est entrée en fonction pour un contrat de sept mois.

«Aujourd’hui (le 18 novembre), je complète ma cinquième semaine comme présidente du Collège.  Ça ne faisait pas vraiment partie de ma liste de choses à faire avant de partir pour le grand voyage, mais quand on m’a appelée, j’ai réfléchi à l’occasion d’apprendre que ça serait et j’ai accepté», dit Darlene Arsenault.

Enseignante d’abord et ayant administré quatre écoles de la Commission scolaire de langue française, Darlene Arsenault voudrait faire avancer certains dossiers et, à tout le moins, éviter qu’ils ne prennent du recul.  

«C’est clair, avec le conseil d’administration, que je suis ici pour leur acheter du temps pour recruter la meilleure personne possible.  Je ne suis pas là pour le long terme et ils le savent.  Bien sûr, le dossier du nouveau campus est actif quoiqu’encore très embryonnaire.  Le dossier qui touche les examens d’anglais imposés à nos étudiants par le College of Licensed practical nurses of PEI doit absolument être résolu.  Même avant d’arriver au Collège, cette histoire m’interpellait au plus haut point.  Je veux savoir le court et le long de cette situation», dit la présidente.

Un maillon dans la francophonie

La raison pour laquelle Darlene Arsenault a accepté de sortir du confort de sa retraite et se placer en position d’apprenante pendant plusieurs mois est qu’elle croit à la francophonie et que le postsecondaire fait partie du grand portrait.  «J’arrive avec un savoir qui me vient de ma carrière antérieure.  Je connais beaucoup de monde, j’ai été gestionnaire en éducation et je veux que le collège devienne l’incontournable pour les études postsecondaires en français à l’Île.  Les statistiques disent que lorsque les personnes étudient au postsecondaire en français, elles ont plus de chance de travailler en français et de vivre en français.  Le Collège est donc le point d’entrée dans la communauté francophone active.  Si on fait bien notre travail d’accueil, d’intégration, ils resteront.  Je parle ici surtout pour nos étudiants internationaux, mais je veux aussi comprendre comment le collège est perçu par les Prince-Édouardiens.  Selon moi, si on était visible, avec des installations dignes d’un établissement postsecondaire, ça pourrait changer», dit la dame.  

Depuis qu’elle est entrée en fonction, Darlene a rencontré chaque enseignant, pour avoir leurs opinions et observations et ainsi, mieux comprendre ce qui peut être fait et comment le faire.  «Personnellement, ce qui me nourrit, ce sont les relations humaines.  Je veux rencontrer les gens et créer une relation avec eux.  Je ne veux pas prendre ou participer à des décisions sans savoir qui cela va toucher et de quelle manière.  Je ne sais pas si j’aurai le temps, mais j’aimerais rencontrer tous les étudiants.  Cette session-ci, nous en avons environ 80, surtout des étudiants internationaux», précise la gestionnaire. 

Après la petite enfance, le postsecondaire?

Il y a déjà plusieurs années, les organismes francophones de l’Île-du-Prince-Édouard ont placé le secteur de la petite enfance en haut de la liste des priorités communes.  Le stratagème a eu des résultats très positifs.  Des places ont été créées, le recrutement s’est accéléré et les salaires sont maintenant beaucoup plus attrayants.  Peut-être est-il temps de mettre l’accent sur un autre secteur.  «Je ne veux pas dire que ce serait nécessairement le postsecondaire.  Peut-être qu’il y a un autre secteur à renforcer.  Qu’est-ce qui nous manquerait le plus, si on le perdait?  Qui ferait en sorte que dans 15 ans, on ne soit plus capable de travailler en français?»

«La francophonie, c’est ma passion.  Et c’est pour ça que je suis ici», conclut Darlene Arsenault.  

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