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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 20 mai 2020

- Par Jacinthe Laforest

Plus tôt en 2020, la Commission scolaire de langue française s’était retrouvée dans une tempête médiatique, lorsqu’elle a annoncé qu’elle allait revoir sa politique d’admission.  «C’est sorti dans les médias avant qu’on soit prêts à en parler, mais depuis le début, nos intentions étaient seulement de mettre à jour notre politique.  Nous venons de l’adopter en troisième lecture.  Elle est plus claire, plus juste je pense aussi, et elle respecte les réalités qui sont les nôtres à l’Île-du-Prince-Édouard», dit le président de la CSLF, Gilles Benoit, à propos du document qui devrait être mis en ligne ces jours-ci. 

 

La CSLF a maintenu la «clause grand-parent», sur le droit acquis qui garantit l’accès aux écoles de langue française, non seulement aux parents admissibles, mais aussi aux grands-parents dont le français était la première langue apprise et encore comprise ou qui ont reçu une partie de leur éducation élémentaire en français, ou dont un petit enfant reçoit son éducation en français. 

 

Dans un monde idéal, il serait possible de remplir six écoles avec des élèves qui parlent français, dont les parents et les grands-parents parlent français.  Dans les faits, si la Commission scolaire décidait de ne plus tenir compte de la «clause grand-parent», qu’elle applique depuis 2003, l’impact serait déstabilisateur non seulement sur les six écoles, mais également sur la vitalité de la collectivité acadienne et francophone de l’ensemble de l’Île. 

 

«La Charte des droits et Libertés, et les interprétations qui en sont faites nous disent que l’un des buts est de réparer les torts du passé.  C’est ce que nous faisons.  Dans notre nouvelle politique, nous avons aussi créé une catégorie pour les parents qui, s’ils satisfont certains critères, auraient la permission d’envoyer leurs enfants dans nos écoles et ainsi, de devenir des ayants droit». 

 

La nouvelle version spécifie comment, l’enfant d’un parent non-ayant droit, c’est-à-dire un parent ayant des ancêtres francophones (la clause grand-parent ne pouvant pas s’appliquer) ou un parent immigrant ou anglophone, peut avoir accès à une éducation en français comme langue première à l’Île-du-Prince-Édouard.  La CSLF peut admettre des enfants de parents non-ayants droit en vertu de l’article 26 de la Loi scolaire.

 

«Dans notre nouvelle politique, nous n’avons enlevé aucun droit ni permission.  Nous avons précisé, uniformisé nos contenus pour qu’ils reflètent la réalité de l’immigration.  Nous avons aussi voulu que nos processus d’admission soient plus transparents et consistants», dit le président Benoit. 

 

Une mise à jour des politiques de la CSLF est requise en vertu du modèle de gouvernance adopté par son conseil en 1994.  Les règlements afférents à la loi scolaire imposent une seule politique à la CSLF, soit celle portant sur les règlements de procédures, mais elle suggère d’en adopter d’autres pour encadrer ses opérations. 

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