Un quart de siècle après les attentats qui ont frappé les États-Unis, Charlottetown s'est arrêtée, vendredi matin, pour se souvenir. Devant la caserne n° 1, sur la rue Kent, pompiers, policiers, paramédics et citoyens se sont réunis en silence pour honorer la mémoire des victimes du 11 septembre 2001 et des premiers répondants tombés depuis.
Dès 11 h, une foule s'est massée devant la caserne, entre le vieux camion de pompier rutilant exposé pour l'occasion et les bannières du service d'incendie.
Pompiers en habit de cérémonie, chapeaux et médailles épinglées, policiers du service de Charlottetown et paramédics en uniforme se tenaient côte à côte, tête baissée, pendant la minute de silence. Même un chien d'assistance, couché aux pieds d'une pompière, semblait participer au recueillement. Sur le trottoir d'en face, des dizaines de citoyens, employés municipaux et curieux s'étaient aussi arrêtés pour partager ce moment.

Policiers, pompiers et paramédics observent la minute de silence, lors de la cérémonie du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
La cérémonie a débuté par la diffusion d'anciennes transmissions radio des services d'urgence de New York, entendues le matin du 11 septembre 2001.
Des paroles qui résonnent encore
Le chef des pompiers de Charlottetown, Tim Jenkins, a pris la parole le premier. Il a évoqué le courage des pompiers et des policiers qui, ce matin-là, ont continué à monter dans les tours pendant que tout le monde en descendait.
Il a parlé du lien de solidarité né de cette tragédie entre les communautés canadiennes et américaines, un lien qui se poursuit encore aujourd'hui à travers les échanges et les formations entre services d'incendie des deux pays. S'adressant aux familles des victimes, il a conclu : « nous n'oublierons jamais. »

Le chef des pompiers de Charlottetown, Tim Jenkins, prend la parole devant la caserne n° 1 lors de la cérémonie commémorative du 25e anniversaire du 11 septembre.
L'aumônière du service d'incendie, Paula Hamilton, a livré une réflexion plus personnelle. Elle a rappelé que cette journée, pour des milliers de New- Yorkais, avait « commencé comme n'importe quelle autre journée ordinaire » avant de basculer dans l'horreur. Elle a rappelé le bilan encore aujourd'hui vertigineux du 11 septembre : près de 3 000 personnes tuées, dont 343 pompiers du service d'incendie de New York, en plus de policiers et de militaires.
Elle a aussi souligné que, depuis 2001, un nombre grandissant de premiers répondants sont morts de cancers et d'autres maladies liées à leur exposition sur le site du désastre. Rappelant que le danger fait partie du quotidien de tous les premiers répondants, elle a résumé sa réflexion en une phrase : « rien n'est garanti dans la vie. » Elle a terminé par une prière pour les familles endeuillées et pour les premiers répondants toujours en service.

L'aumônière du service d'incendie, Paula Hamilton, livre une prière en mémoire des victimes du 11 septembre 2001 et des premiers répondants disparus depuis.
Un geste de solidarité qui se poursuit
Le maire de Charlottetown, Philip Brown, a, lui aussi, pris la parole, rappelant à quel point la ville et l'île tout entière avaient été bouleversées par les événements du 11 septembre 2001, et à quel point les liens tissés avec les voisins américains à la suite de cette tragédie demeurent solides aujourd'hui. Il a salué le travail des services policiers et d'incendie de la capitale provinciale.

Le maire de Charlottetown, Philip Brown, prend la parole lors de la cérémonie commémorative.
Après la cérémonie, place à un tout autre esprit, plus convivial : le service d'incendie de Charlottetown a tenu son traditionnel barbecue-bénéfice devant la caserne, de 11 h à 14 h. Hot-dogs et burgers grillés sur place, tous les profits amassés étant versés à la Fondation venant en aide aux familles des pompiers de New York disparus dans la tragédie, une tradition que le service maintient depuis 2001, en association avec la P.E.I. Firefighter's Association

Le barbecue-bénéfice tenu après la cérémonie, au profit des familles des pompiers de New York disparus lors des attentats du 11 septembre 2001. (Photos : Amayes Hadj Amar)