Après douze années de travaux et un investissement fédéral de 138 millions de dollars, Province House a officiellement rouvert ses portes le samedi 24 octobre, à Charlottetown. Une foule nombreuse s'était rassemblée pour assister à la cérémonie et découvrir l'intérieur de ce bâtiment historique, qui a retrouvé son lustre d'antan.
Un soleil radieux, une légère brise et une température idéale accueillaient les centaines de personnes rassemblées devant Province House. Les clôtures du chantier avaient disparu, laissant enfin admirer l'édifice dans toute sa splendeur.

Vue de l'intérieur de Province House, la foule attend son tour pour visiter l'édifice. Les fenêtres témoignent du savoir-faire des artisans qui ont participé à leur restauration, notamment les étudiants de Holland College, formés aux techniques de conservation du patrimoine.
Rencontré avant la cérémonie, le Premier ministre Rob Lantz ne cachait pas sa satisfaction.
« Je me suis présenté pour la première fois aux élections en 2015, alors que le bâtiment venait de fermer. Je n'avais pas été élu, mais me voilà douze ans plus tard, député et maintenant Premier ministre, pour présider à sa réouverture. C'est un véritable privilège. »
Il rappelle surtout que Province House appartient aux Insulaires. « C'est la maison du peuple. Tout le monde devrait s'y sentir bienvenu et pouvoir venir assister aux travaux de ses représentants. »
Pour Julie Pellissier-Lush, artiste et poète lauréate autochtone de l'Île, la restauration permet aussi de retrouver un lieu de rassemblement.

Julie Pellissier-Lush, artiste et ancienne poète lauréate autochtone de l'ÎPÉ, interprète un chant traditionnel au tambour lors de la cérémonie de réouverture.
« C'est tellement beau à l'intérieur! Les boiseries, la peinture, les tapis... Chaque petit détail a été restauré. Même les volutes au sommet des colonnes ont reçu une attention particulière. »

Les boiseries soigneusement restaurées, les élégantes teintes de vert sauge et de crème ainsi que les matériaux nobles redonnent aux couloirs de Province House leur caractère d'époque.

Dans son bureau de Province House, Joey Jeffrey, greffier de l'Assemblée législative, a trouvé une nouvelle vocation à cet ancien coffre-fort: il s'en sert désormais comme garde-robe pour ranger son uniforme.
Une cérémonie chargée d'histoire
Le son des cornemuses a bientôt annoncé l'arrivée du défilé, suivi des prestations de Julie Pellissier-Lush et de son groupe, qui ont interprété un chant de bienvenue et un chant d'honneur.

Au son des cornemuses et des tambours, les musiciens du College of Piping, accompagnés de membres des corps de cadets, ouvrent le défilé marquant la réouverture officielle de Province House.
La cérémonie, relativement brève et chargée d'émotion, a débuté par un accueil territorial mi'kmaq prononcé par l'aîné Turley Levi.
Le député fédéral Sean Casey a rappelé l'importance de Province House dans l'histoire canadienne, notamment lors de la Conférence de Charlottetown de 1864. Il a également souligné la contribution de plus de 1 000 personnes aux travaux, ainsi que la participation de plus de 90 étudiants de Holland College à la restauration patrimoniale.
Rob Lantz a rappelé qu'une génération d'enfants avait grandi sans jamais voir les portes de Province House ouvertes. Il a également précisé que seulement deux députés actuellement en fonction avaient déjà siégé dans la chambre historique.

Le Premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, rappelle que Province House est avant tout « la maison du peuple ». Il a invité les Insulaires à se réapproprier les lieux et à venir assister aux travaux de leurs représentants, après douze années de fermeture.
Après les discours et l'hymne national, le président de l'Assemblée législative, Brad Trivers, a officiellement coupé le ruban, sous les applaudissements.
Une visite jusque dans les moindres recoins
Les visiteurs ont ensuite pu explorer les différents étages, accompagnés de guides. Presque toutes les pièces étaient accessibles, des bureaux aux salles de cérémonie, en passant par la chambre de l'Assemblée législative.
Partout, le travail des artisans impressionnait. Boiseries finement sculptées, moulures, tapis, maçonnerie et détails architecturaux témoignaient d'une restauration respectueuse des techniques employées lors de la construction au XIXe siècle.
Au sous-sol, où vivait autrefois la famille Preedy, chargée de l'entretien du bâtiment, les plafonds étaient si bas que la plupart des gens devaient se pencher pour circuler. Le plancher a été abaissé d'un mètre afin de rendre les lieux plus accessibles. Une portion de mur laissée à découvert permet désormais d'admirer le travail des maçons et les pierres d'origine.

Cette pièce du sous-sol de Province House faisait autrefois partie du logement de la famille Preedy, chargée de l'entretien du bâtiment au XIXe siècle. Contrairement au reste du sous-sol, dont le plancher a étét abaissé d’un mètre, cet espace a conservé sa hauteur d’origine. La petite fenêtre en demi-lune rappelle les conditions de vie plutôt modestes de ses anciens occupants.

Autrefois sombre, humide et encombré de tuyaux, le sous-sol de Province House a subi une transformation majeure. Son plancher a été abaissé d'un mètre, une opération délicate réalisée tout en soutenant le poids du bâtiment. Les visiteurs peuvent maintenant circuler dans des espaces lumineux où la maçonnerie d’origine côtoie les installations modernes.

La salle de la Confédération abritait autrefois le Conseil législatif. Aujourd'hui principalement réservée aux cérémonies officielles, elle a retrouvé toute son élégance, avec ses boiseries finement restaurées, sa galerie à l’étage et ses plafonds richement ornés.
Dans la chambre de l'Assemblée législative, un détail retient particulièrement l'attention : la tribune du public se trouve au-dessus des parlementaires.

La chambre de l'Assemblée législative a retrouvé son allure d'antan, avec ses boiseries, ses rideaux verts et ses ornements soigneusement restaurés.
Un aménagement qui donne tout son sens à l'expression « maison du peuple ». Après tout, quoi de plus approprié que de permettre aux citoyens de garder un œil sur ceux qui travaillent en leur nom?