Le renouvellement du Fonds des pêches de l’Atlantique permettra d’investir plus de 300 millions de dollars dans l’industrie des produits de la mer au cours des cinq prochaines années. L’Île-du-Prince-Édouard espère bénéficier de ce financement pour moderniser ses entreprises et développer de nouveaux marchés d’exportation.
Le 15 octobre, à l’aéroport international Roméo- LeBlanc du Grand Moncton, la ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson, a annoncé le renouvellement du programme en compagnie de ses homologues des quatre provinces de l’Atlantique, dont le ministre des Pêches, du Développement rural et du Tourisme de l’Île-du Prince-Édouard, Ernie Hudson.
Le financement sera assumé à 60 % par Ottawa et à 40 % par les provinces, comparativement à une répartition de 70 % et 30 % lors du programme précédent. La contribution exacte de l’Île-du-Prince-Édouard n’a toutefois pas été précisée.
Un bilan de 153 projets à l’Île
Depuis son lancement en 2017, le Fonds des pêches de l’Atlantique a soutenu 1 331 projets dans la région, grâce à des contributions gouvernementales totalisant plus de 370 millions de dollars.
À l’Île-du-Prince-Édouard, 153 projets ont bénéficié du programme, auxquels s’ajoutent sept projets panatlantiques. Ernie Hudson a notamment évoqué l’acquisition d’équipements permettant d’automatiser la transformation du homard, l’installation de systèmes de tri optique des huîtres et l’amélioration des installations de réfrigération et de congélation.
Ces équipements visent notamment à améliorer la productivité des entreprises et à préserver la qualité des produits, particulièrement en réduisant la mortalité des homards conservés vivants.
La ministre fédérale, Joanne Thompson, a également cité les travaux de la PEI Fishermen’s Association sur la vitalité des homards, un projet destiné à préserver la qualité et la valeur commerciale des prises.
« Nos industries de la pêche, de l’aquaculture et des produits de la mer sont extrêmement importantes pour notre économie. Elles constituent le fondement de nos communautés et de notre culture insulaire », a souligné Ernie Hudson lors de son intervention.
De nouveaux marchés à conquérir
La principale nouveauté du programme est l’ajout d’un quatrième volet consacré à la diversification des marchés, qui vient compléter les investissements en innovation, en infrastructures et en partenariats scientifiques.
Les entreprises pourront notamment obtenir du soutien pour participer à des missions commerciales, promouvoir leurs produits à l’étranger, réaliser des études de marché et satisfaire aux exigences réglementaires des pays importateurs.
Cette nouvelle orientation veut répondre aux inquiétudes de l’industrie concernant les tarifs douaniers, les différends commerciaux et l’incertitude entourant les échanges internationaux.
« Les tarifs et les différends commerciaux sont une grande source d’inquiétude.
Ils ébranlent la confiance des marchés et rendent la planification plus difficile pour les entreprises », a expliqué Joanne Thompson.
Ernie Hudson estime que cette diversification constitue une priorité pour les producteurs insulaires.
« Nous travaillons à accroître la présence de nos produits de la mer sur de nouveaux marchés émergents », a-t-il indiqué, en soulignant l’importance de cette démarche dans le contexte économique mondial actuel.
Le ministre avait d’ailleurs participé, la veille, à l’assemblée générale du Conseil canadien du homard, à Charlottetown, où les défis commerciaux et les perspectives de croissance de l’industrie avaient été abordés