Société
05 Novembre 2026 Par AMAYES HADJ AMAR
Omar Broderick, directeur des initiatives antiracistes au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard, a animé l'atelier de l'ouverture à la clôture.

Le jeudi 29 octobre dernier, beaucoup de gens et d'employés d'organismes de l'Île-du-Prince-Édouard se sont réunis à la bibliothèque centrale de Charlottetown pour l'atelier « Construire des ponts ». Au programme: mieux reconnaître la haine, savoir où la signaler et trouver comment agir ensemble.

L'atelier a eu lieu de 9 h à 15 h et était organisé par la Fondation canadienne des relations raciales, en partenariat avec le Bureau antiracisme de la province. Il fallait être invité pour y participer. Les places étaient limitées et la liste visait des gens qui travaillent de près avec les communautés: services publics, santé, éducation, services aux nouveaux arrivants, soutien aux victimes.

Comprendre la haine avant de la combattre

Après l'accueil et la reconnaissance du territoire, avec les aînés et les représentants du gouvernement, les participants ont suivi une séance d'introduction sur la haine, les préjugés et les gestes qui visent l'identité d'une personne. Un livret remis sur place expliquait la différence entre un crime haineux et un incident motivé par la haine. Le premier est une infraction criminelle. Le second, comme des insultes ou des signes offensants, ne mène pas toujours à des accusations, mais il fait quand même mal.

Le livret rappelle aussi que la plupart des crimes haineux ne sont pas signalés. Les gens ont peur des conséquences, ne se sentent pas crus, ou ne savent pas où aller. Résultat: on pense que la haine est moins fréquente qu'elle ne l'est vraiment.

C'est un problème que connaît bien Omar Broderick, directeur des initiatives antiracistes au gouvernement provincial. Il a animé l'atelier de l'ouverture à la clôture. Selon lui, la province voit une proportion élevée d'incidents haineux visant les nouveaux arrivants et les personnes racisées. « C'est décourageant à entendre. On veut leur rendre service », a-t-il dit en entrevue.

Un panel pour parler franchement

Quatre invités ont répondu à ses questions: Gary Tse, qui siège à la Table antiracisme et préside une association d'enquêteurs en fraude de l'Atlantique; Henry Luyombya, travailleur social clinicien avec plus de 20 ans d'expérience; Bradley Cooper, coprésident de la Table antiracisme et conseiller politique au Conseil autochtone de l'Î.-P.-É.; et Sasha Nandlal, conseillère en culture et inclusion au Holland College.

1.Lutter contre la haine

De gauche à droite: Henry Luyombya, travailleur social clinicien et spécialiste en santé mentale, Sasha Nandlal, conseillère en culture et inclusion au Holland College, Bradley Cooper, coprésident de la Table antiracisme de l'Î.-P.-É. et conseiller politique au Conseil autochtone de l'Î.-P.-É. Gary Tse, membre de la Table antiracisme et président du chapitre de l'Atlantique de l'Association of Certified Fraud Examiners.

Pour Gary Tse, tout commence par la confiance. Il faut rester ouvert, écouter, puis agir: les gens vont parler quand ils sentent qu'on les prend au sérieux.

Henry Luyombya a poussé les gens à s'impliquer dans la vie politique. Il a invité les participants à voter pour des candidats qui partagent leurs valeurs, et même à se présenter eux-mêmes. « L'espoir n'est pas une stratégie, mais je pense qu'on a une occasion à saisir », a-t-il lancé.

Sasha Nandlal, elle, a parlé des consultations publiques. Pour elle, une bonne consultation ne se limite pas à poser des questions: « Ce n'est pas transactionnel, c'est relationnel. »

Bradley Cooper a insisté sur le long terme. Selon lui, les politiciens pensent souvent à court terme, alors que changer les choses demande un investissement qui dure. Il a rappelé que le travail fait ce jour-là ne changerait pas tout du jour au lendemain, mais qu'il fallait bien commencer quelque part.

3.Lutter contre la haine

Omar Broderick (à gauche) et Bradley Cooper ont présenté le travail de la Table antiracisme lors de la séance « De la discussion à l'action ». 

Et maintenant, que fait-on?

L'après-midi s'est terminé par une présentation du travail de la Table antiracisme, créée en 2021, et du Bureau antiracisme. Le plan d'action de la province repose sur trois piliers: une culture plus inclusive, une meilleure représentation des personnes racisées et autochtones, et la révision des lois et des politiques.

Pour Omar Broderick, la prochaine étape est simple. « Plus on a de conversations, plus les dirigeants comprennent que ces enjeux sont importants pour les communautés. » Il espère aussi que les participants vont garder le contact. Il rappelle qu'il faut l'appui de tout le monde pour que ça change, et que le message du gouvernement doit être le même partout: « Si on accueille les gens ici, on doit aussi les soutenir. »

Les personnes qui veulent en savoir plus ou obtenir des ressources peuvent écrire au Bureau antiracisme à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

2.Lutter contre la haineLa salle de la bibliothèque centrale de Charlottetown était remplie. Plusieurs participants ont pris le micro pour poser leurs questions aux panélistes. (Photos: Amayes Hadj Amar)

Abonnez-vous à La Voix acadienne pour recevoir votre copie électronique ou la version papier

Société