Le nouvel ombudsman de l’Île-du-Prince-Édouard, Matthew Chapman, affirme que la collaboration des organismes publics lui a jusqu’ici permis de régler les plaintes sans recourir à des enquêtes formelles, mais prévient qu’il n’hésitera pas à rendre publiques ses conclusions lorsqu’une administration refusera de corriger une injustice.
C’est la première fois que Matthew Chapman signe le rapport annuel d’OmbudsPEI depuis sa nomination au poste d’ombudsman en avril dernier. Dans son message annuel, il souligne que de nombreux dossiers continuent d’être réglés sans enquête formelle grâce à des discussions avec les organismes concernés.
« Si une autorité refuse de reconnaître qu’elle a agi de façon injuste et de prendre les mesures appropriées lorsque cela est justifié, nous formulerons des conclusions et des recommandations et nous les rendrons publiques afin que tous les Insulaires soient au courant de la situation », écrit-il.
Nommé officiellement en avril après avoir occupé les fonctions de sous-ombudsman puis d’ombudsman par intérim, M. Chapman estime que l’approche privilégiée jusqu’à présent a permis de corriger rapidement plusieurs situations sans devoir recourir à des enquêtes longues et coûteuses.
Des erreurs reconnues et corrigées
Le rapport présente plusieurs exemples où l’intervention de son bureau a amené des organismes publics à reconnaître des erreurs et à modifier leurs pratiques.
Dans un dossier impliquant Child and Family Services, un jeune anciennement pris en charge a soutenu que les services de protection n’avaient pas réagi adéquatement après la divulgation d’une agression sexuelle commise par un autre jeune placé dans le même foyer. À la suite de l’examen du dossier, l’organisme a reconnu qu’il aurait dû faire davantage pour assurer la sécurité du plaignant et veiller à ce que la police rencontre directement le jeune concerné. Des excuses ont été présentées et des changements ont depuis été apportés aux procédures.
Dans un autre cas, Santé ÎPÉ a admis avoir omis de consulter adéquatement le Public Guardian and Trustee avant le congé d’un patient dont les affaires relevaient de cet organisme. L’autorité sanitaire a reconnu son erreur, présenté des excuses et accepté de modifier certaines procédures internes.
Le rapport cite également des situations touchant Holland College, le Residential Tenancy Office, des municipalités ainsi que le système correctionnel provincial. Dans chaque cas, les organismes concernés ont accepté de corriger leurs pratiques après l’intervention d’OmbudsPEI.
Hausse des demandes
Selon le rapport, le bureau a reçu 410 contacts au cours de l’exercice 2025-2026. Ceux-ci ont donné lieu à 317 demandes d’information ou dossiers traités par l’organisme ainsi qu’à 93 plaintes formelles.
Les services correctionnels et communautaires demeurent ceux ayant fait l’objet du plus grand nombre de plaintes avec 127 dossiers, devant Santé ÎPÉ et le ministère du Développement social et des Aînés.
Le rapport note également que le nombre de personnes faisant appel aux services d’OmbudsPEI continue d’augmenter, avec une hausse de 16 % des contacts par rapport à l’année précédente et de 29 % comparativement à 2023-2024.
Pour déposer une plainte, les citoyens peuvent visiter le site ombudspei.ca. Bien qu’il indique que les services sont disponibles en français, son contenu demeure entièrement en anglais.