Société
30 Mars 2026 Par Eric Bergeron / IJL - La Voix acadienne 
Nathalie Vanner, coordonnatrice du Plan d’impact collectif (PIC) à l’Association des francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard. (Photo : Courtoise)

Après trois ans à offrir un soutien concret aux aînés francophones et acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard, le programme Vieillir chez soi prendra fin le 31 mars. Faute de refinancement, ce projet pilote se termine, mais il laisse derrière lui un constat clair : les besoins sont bien réels. 

«C’était un projet pilote qui a été lancé il y a maintenant trois ans, et l’objectif était d’aider les aînés acadiens et francophones à rester chez eux le plus longtemps possible, avec des services adaptés à leur réalité.» Ainsi le résume Nathalie Vanner, coordonnatrice du Plan d’impact collectif (PIC) à l’As-sociation des Francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard (FAOÎPÉ). 

Rejointe en visioconférence, elle tient d’emblée à souligner le travail de Claude Blaquière, président sortant de l’organisme, ainsi que Karen Langevin, à l’origine de sa mise en place. «Les gens veulent rester chez eux. Leur maison, souvent, c’est toute leur vie. C’est leurs souvenirs, leur quotidien, et il y a un attachement très fort, autant émotionnel que physique.»

Des services ancrés dans le quotidien

Les besoins simples de la vie quotidienne — déneigement, petits travaux d’entretien, accompagnement aux rendez-vous — ont permis aux fournisseurs et aux bénévoles de tisser des liens profonds et durables avec les aînés. Cet esprit d’entraide et de proximité humaine nourrit aujourd’hui un certain espoir quant à la continuité des services, même en dehors du cadre officiel. «On a proposé aux gens de garder le contact entre eux. Il y a des deux côtés un intérêt à poursuivre, et certains vont trouver des façons de continuer ensemble», explique Nathalie Vanner. «Les fournisseurs et les bénévoles, c’étaient souvent des gens que les aînés connaissaient déjà, donc il y avait une relation de confiance qui s’installait très naturellement. »

Une transition qui s’organise

Le transport, l’un des services les plus utilisés du programme Vieillir chez soi, ne disparaît pas complètement. Dans le cadre du Plan d’impact collectif, un service de transport bénévole sera maintenu pour les aînés vulnérables participant au centre de jour pour adultes. Ce service, davantage structuré autour des activités communautaires, marque toutefois un changement dans l’approche. «Dans les nouveaux projets, on va continuer à favoriser le transport, notamment pour les personnes qui participent aux activités, pour qu’elles puissent s’y rendre et ne pas rester isolées. Le transport demeure, mais il change de forme», explique Nathalie Vanner.

Des services réorganisés autrement

Avec la fin du projet, l’approche évolue : plutôt que d’offrir des services à domicile, l’accent se porte désormais sur l’accompagnement vers les ressources existantes. Cette réorientation vise à assurer une continuité des services, organisée autrement. «Un poste de navigateur communautaire francophone a été annoncé, dont le rôle sera d’aider les gens à s’orienter, à comprendre les démarches et à trouver les services qui existent selon leur situation», explique Nathalie Vanner. Le ministère de la Santé contribue également à cette transition, notamment par un soutien financier au centre de jour pour adultes, qui permet de maintenir certaines activités visant à briser l’isolement. À cela s’ajoute un programme provincial de soutien pour les petits travaux ménagers, vers lequel les aînés pourront être orientés.

Une communauté appelée à se mobiliser

Malgré ces ajustements, certains besoins demeurent bien présents, notamment en matière de transport flexible et de services à domicile. Mais pour Nathalie Vanner, l’expérience des trois dernières années laisse entrevoir une capacité bien réelle de mobilisation au sein même de la communauté. «Les gens ont développé des liens, ils ont pris l’habitude de s’entraider, et il y a une volonté de continuer.» 

Dans ce contexte, la fin du programme ne marque pas tant une rupture qu’un passage vers une nouvelle façon de faire. Les ressources existent, les initiatives se mettent en place — reste maintenant à voir comment la communauté choisira de s’organiser pour continuer à répondre aux besoins toujours bien réels des aînés. 

Citation Nathalie

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