La musicienne et artiste Angie Arsenault a reçu le prix Kerri Wynne MacLeod Women in Music Award, une distinction remise dans le cadre des Women of Impact Awards et présentée avec l’appui de Harmony House PEI. Le prix souligne l’influence de femmes qui contribuent de manière significative à la vie musicale et communautaire.
Cette reconnaissance vient souligner un parcours qui s’étend bien au-delà d’une seule scène, ou même d’un seul projet. Selon les propos partagés lors de la remise du prix, c’est l’impact positif et l’engagement d’Angie Arsenault, sa capacité à rassembler la communauté au-delà des frontières de Summerside et son don pour mobiliser les gens qui lui vaudraient cette distinction. Le résultat d’un travail soutenu de longue date se voit aujourd’hui reconnu et célébré.
Lorsque la nouvelle lui a été annoncée, Angie avoue avoir eu besoin d’un moment pour bien comprendre ce qui se passait. «Je suis encore en train de digérer tout ça», explique-t-elle calmement. «Mais pour moi, ce prix est surtout un soutien de ma chorale, une façon de montrer que nous sommes ensemble et que nous allons dans la bonne direction.» Et derrière cette reconnaissance se trouve une aventure collective.
The Starlings
Depuis son retour à Summerside durant la pandémie, après une vingtaine d’années passées à Montréal, Angie fonde la chorale The Starlings, un ensemble d’une cinquantaine de personnes, ouvert à tous et sans auditions. Le groupe a rapidement fait des vagues par son ouverture et la qualité de ses prestations, où se côtoient chanteurs expérimentés et débutants.
Le répertoire navigue librement entre des chansons d’artistes locaux, des reprises d’opéra et des classiques du rock. Les concerts remplissent régulièrement le Harbourfront Theatre de Summerside, et une version mobile se déplace pour offrir des concerts dans des salles plus petites, notamment dans des résidences pour personnes âgées.
L’idée de créer la chorale lui est venue durant cette période de réflexion qui a suivi son retour de Montréal, où elle menait une carrière d’auteure-compositrice-interprète et professeure de chant. «Nous avons déménagé à Montréal en 1999 et nous y sommes restés vingt ans», raconte-t-elle. «J’y faisais beaucoup de spectacles et j’enseignais aussi le chant pendant plusieurs années. »
La pandémie est venue interrompre ce rythme et ouvrir une période de réflexion. «Tout s’est arrêté d’un coup. Plus de spectacles, plus de compositions, plus de scènes», se souvient-elle. «Ce n’était pas forcément triste, mais c’était un moment où on se pose des questions et où on tourne une page.»
Ce retour à l’Île ne s’est toutefois pas fait sans incertitude. Angie se demandait si elle pouvait reprendre sa carrière de coach vocal dans un milieu plus petit où elle était appelée à tout recommencer à nouveau et où les gens ne la connaissaient peut-être plus. «Je me demandais : est-ce que les gens vont vouloir prendre des cours avec moi? Est-ce qu’ils me connaissent encore?»
La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps. D’abord, quelques élèves l’ont contactée. Puis quelques-uns de plus. À son étonnement, ses cours ont fait boule de neige. Elle se voit aujourd’hui obligée d’espacer ses rencontres et de voir ses élèves aux deux semaines afin de répondre à la demande croissante. «À ma grande surprise, j’ai maintenant une liste d’attente», dit-elle en riant. «Je vois mes élèves aux deux semaines pour donner la chance à plus de personnes de participer. »

« C’était un grand moment pour nous: notre premier “A Cappella”, pour la chanson “Le Vieux Soldat” - la version de l’ancien groupe de musique de ma mère Louise (Barachois). La moitié de la chorale ne parle pas le français et ils ont tous très bien réussi.» (Photo : Courtoisie)
Une idée fait surface
C’est à ce moment que lui vint l’idée de former une chorale. Durant ses années passées à Montréal, Angie avait expérimenté avec des projets de création vocale de toutes sortes. Les arrangements, les harmonies et le travail de groupe lui sont restés en mémoire. «Voir les chanteurs travailler ensemble, entendre les voix se superposer et se soutenir les unes les autres… il y avait quelque chose de vraiment spécial dans cette union-là», se souvient-elle. «On sentait que ce n’était pas seulement de la musique. C’était un moment où les gens mettaient leurs forces en commun et créaient quelque chose de plus grand qu’eux. »
À son retour sur l’île, l’envie de démarrer le projet de façon concrète lui permet de passer à l’action. «Je voulais utiliser ce que je savais faire pour rejoindre le plus de gens possible», et c’est à ce moment qu’Angie prit la décision qui allait tout changer, «C’est là que je me suis dit : je vais essayer de partir une chorale.» Le reste, comme on dit, appartient maintenant à la communauté.
Et pour Angie Arsenault, la signification la plus profonde de cette reconnaissance reste profondément collective. «Ce prix me rappelle tout le chemin parcouru pour arriver ici», dit-elle. « Mais surtout, il me rappelle que nous faisons ce voyage ensemble. »
