Face aux longues listes d’attente en services de garde francophones à l’Île-du-Prince-Édouard, une rencontre d’information organisée à Charlottetown le 10 février a permis à plusieurs femmes de découvrir un modèle encore peu connu : la garderie à domicile licenciée. Un service reconnu par la province, soutenu financièrement, et qui pourrait répondre à un besoin urgent des familles.
Au centre de la petite enfance L’Île Enchantée à Charlottetown, plusieurs participants se sont déplacés pour assister à une séance d’information portant sur l’ouverture d’une garderie à domicile licenciée. La rencontre, organisée par l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’ÎPÉ (ACPEFÎPÉ), visait à expliquer le fonctionnement, les obligations et les aides disponibles pour celles qui souhaitent se lancer dans ce type de service de garde.
La présentation a été animée par Lola Clercin, chargée de projet pour l’ACPEFÎPÉ, qui a pris le temps de détailler chaque étape du processus. Elle a d’abord rappelé le contexte : la forte demande en services de garde, particulièrement en français. À l’heure actuelle, il n’existe aucune garderie à domicile licenciée entièrement francophone à l’Île-du-Prince-Édouard, et une seule offre un service bilingue. Cette réalité crée une pression importante sur les familles et sur les centres existants.
Un service encadré et reconnu par la province
Une garderie à domicile licenciée est un service de garde offert directement dans lamaison de la personne responsable. Contrairement à un service non licencié, elle est reconnue et encadrée par le ministère de l’Éducation et de la Petite Enfance de la province. Ce modèle permet d’accueillir jusqu’à huit enfants, selon leur âge, dans un environnement plus petit, souvent plus flexible et plus personnalisé qu’un centre traditionnel.
Selon Lola Clercin, «devenir une garderie licenciée signifie aussi devenir une véritable entreprise. La personne responsable doit s’enregistrer officiellement, payer des taxes et respecter plusieurs normes, notamment en matière de sécurité, d’hygiène et de fonctionnement. Des inspections sont prévues, incluant une visite du ministère, des pompiers et des services de santé environnementale.» Ces étapes peuvent sembler exigeantes, mais elles sont accompagnées de soutien et de ressources.
L’un des points qui a retenu l’attention des participants concerne les aides financières importantes offertes par la province. Une fois la licence obtenue, une subvention de 3 000 $ est accordée. À cela s’ajoutent des aides annuelles pouvant atteindre 19 000 $ pour le fonctionnement, ainsi que des montants versés pour chaque enfant accueilli. Des subventions sont également disponibles pour les rénovations, l’équipement et l’achat de matériel éducatif. Malgré ces soutiens, les parents continuent de payer seulement 10 $ par jour par enfant, comme dans les autres services licenciés de la province.
Un accompagnement en français tout au long du processusTout au long de la présentation, Lola Clercin a insisté sur l’accompagnement offert par l’Association des centres de la petite enfance francophones. «L’organisme soutient les futures garderies avant, pendant et après l’obtention de la licence, notamment en aidant à traduire des documents souvent disponibles uniquement en anglais, en accompagnant les démarches administratives et en offrant de la formation continue. »
La rencontre s’est conclue par une période d’échange, où les participantes ont pu poser leurs questions et exprimer leurs préoccupations. Si le processus est exigeant, le message principal est resté clair : les besoins sont réels, la demande est forte, et les ressources pour réussir sont bien présentes. Pour plusieurs, cette soirée a ouvert la porte à un projet professionnel porteur, au service des familles francophones de l’Île.