Société
18 Février 2026 Par Eric Bergeron / IJL – La Voix acadienne
David Jenkins. (Photo : Courtoisie)

La publication, la semaine dernière, du rapport Jenkins sur la sécurité des élèves dans les écoles de l’Île-du-Prince-Édouard relance de sérieuses questions sur la capacité du système éducatif à protéger adéquatement les jeunes. Si le document confirme des failles bien connues, plusieurs acteurs politiques estiment que les mesures prises jusqu’ici demeurent insuffisantes.

Rédigé par l’ancien juge en chef David Jenkins, le rapport dresse un constat sévère : absence de mécanismes centralisés pour le suivi des plaintes, seuils de signalement mal définis et réponses inégales selon les établissements. Le document souligne que ces lacunes ont miné la confiance des parents, des élèves et du personnel scolaire.

En réaction à la publication du rapport, le chef du Parti libéral de l’Île-du-Prince-Édouard, Robert Mitchell, a salué le travail du commissaire tout en jugeant les actions gouvernementales insuffisantes.

«Les mesures intérimaires annoncées l’automne dernier n’allaient pas assez loin à l’époque, et elles ne vont pas assez loin aujourd’hui», a-t-il déclaré, ajoutant que «lorsqu’il est question de la sécurité des élèves, le minimum n’est pas acceptable».

La députée libérale et critique en éducation Carolyn Simpson affirme, pour sa part, avoir entendu de nombreux témoignages de parents et d’élèves demeurés sans réponse après avoir signalé des inquiétudes.

«Des gens se sont sentis ignorés ou écartés. Une fois la confiance brisée, elle est extrêmement difficile à rétablir», soutient-elle.

Du côté du Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard, la députée Karla Bernard avait déjà exprimé, avant la publication du rapport, de sérieuses préoccupations quant au manque d’urgence du gouvernement en matière de sécurité scolaire. Dans une déclaration rendue publique en septembre 2025 à la suite d’une rencontre avec le commissaire Jenkins, elle dénonçait l’absence de consultations publiques, le manque de politiques claires mises en œuvre et le peu d’actions concrètes découlant des amendements législatifs adoptés. Elle soutenait alors que, malgré les engagements annoncés, les protections promises aux élèves tardaient à se matérialiser sur le terrain.

Des organismes indépendants partagent ces préoccupations. L’Office of the Child and Youth Advocate a souligné que les enfants «ne peuvent pas attendre» la mise en œuvre complète des recommandations pour être protégés adéquatement.

À ce stade, le gouvernement progressiste-conservateur n’a pas encore présenté de répon-se détaillée aux recommandations du rapport Jenkins.

Pour plusieurs observateurs, le document constitue une étape importante, mais non une conclusion. La question demeure entière : après des années d’attente et un diagnostic clair, est-ce vraiment le maximum que le système est prêt à offrir pour assurer la sécurité des élèves ? 

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