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12 Décembre 2025 Par Lise Frigault / IJL – La Voix acadienne
Participants du recensement à East Point, le 14 décembre 2024. (Photo : Dan McAskill)

Chaque mois de décembre, les amateurs d’oiseaux se retrouvent pour participer au Recensement des oiseaux de Noël, une activité qui allie rigueur scientifique et convivialité. Né en 1900, il s’agit du plus ancien programme de science citoyenne en Amérique du Nord. Les données recueillies par des milliers de bénévoles constituent un des plus importants inventaires fauniques au monde. Elles permettent aux biologistes et environnementalistes de suivre l’évolution des populations et leur répartition.

À l’Île-du-Prince-Édouard, quatre cercles sont recensés chaque année. L’organisme Nature PEI supervise l’événement sous l’égide d’Oiseaux Canada. Dan McAskill, ornithologue amateur depuis plus de 60 ans, coordonne deux cercles : celui du Parc national et celui de Hillsborough. «Cet événement combine science citoyenne et divertissement. Chaque année, nous nous regroupons pour collecter des données sur tous les oiseaux observés pendant une journée, dans des cercles de 24 km. Les résultats sont enregistrés et intégrés à la base de données nationale. C’est aussi un rassemblement festif qui se termine avec un souper communautaire», explique-t-il.

Organisation et collecte des données

Chaque cercle est divisé en zones, dirigées par des chefs d’équipe expérimentés. Les groupes de bénévoles, de 10 à 20 personnes, parcourent leur secteur à pied ou en voiture. «Si vous avez la chance d’habiter dans le rayon recensé, il est même possible de participer de chez vous, en observant les oiseaux qui viennent aux mangeoires», précise Dan.

Le coordinateur compile ensuite les données : espèces observées, conditions météorologiques, distances parcourues. «Le compte rendu est très détaillé. Les données de trois des quatre cercles sont enregistrées auprès d’Oiseaux Canada. Du côté provincial, Nature PEI compile et publie les résultats des quatre cercles dans le magazine Island Naturalist», ajoute-t-il.

Ces données sur le long terme révèlent des tendances : le cardinal rouge et la tourterelle triste ont proliféré, par exemple, tandis que le moineau domestique décline. «À l’Île-du-Prince-Édouard, le moineau domestique avait connu une explosion démographique il y a 30 ou 40 ans. Nous avons maintenant du mal à en trouver un seul lors du recensement», illustre Dan. Les changements climatiques favorisent aussi l’apparition hivernale d’espèces naguère rares, comme la grande aigrette ou le bécasseau Sanderling.

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Participants du recensement au Parc national de l’ÎPE, 15 décembre 2024. On y voit Dan McAskill (sixième personne à partir de la gauche).  (Photo : Dan McAskill)

Une activité accessible et conviviale

Les recensements de cette année sont prévus à East Point (14 décembre), au Parc national (20 décembre), à Hillsborough (27 décembre) et à Montague (4 janvier). Les dates peuvent être modifiées en cas de conditions météorologiques extrêmes. «Par ailleurs, si une espèce n’est pas observée le jour même, nous tenons compte de sa présence si elle a été vue dans les trois jours avant ou après. Ça nous assure d’avoir des données plus précises», explique Dan. Les espèces rares sont photographiées et documentées avec soin.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, Nature PEI organise des cours d’identification et des conférences. Oiseaux Canada propose aussi des formations en ligne. Dan recommande l’application Merlin comme outil d’apprentissage. Le Laboratoire d’ornithologie Cornwell propose aussi le site internet All About Birds pour des détails précis sur chaque espèce, ainsi que la plateforme eBird où les observateurs d’oiseaux peuvent partager directement leurs observations.

Dan est également coauteur de la Liste des oiseaux de l’ÎPÉ, dont une neuvième édition est en préparation. «Actuellement, 341 espèces ont été documentées par des photos, des enregistrements audio et des observations d’au moins deux personnes différentes. Nous avons retiré 36 espèces qui n’étaient pas suffisamment documentées», précise-t-il.

Au-delà de la science, Dan insiste sur l’aspect humain : «Le recensement des oiseaux de Noël est avant tout une occasion de se rassembler. Nous organisons ces rencontres pour qu’elles soient conviviales et amusantes autour de l’observation des oiseaux. Nul besoin d’être expert pour participer ! Plusieurs en font une belle activité du temps des Fêtes.» 

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