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08 Octobre 2025 Par Amayes Hadj Amar / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne - ATL
De gauche à droite, Rob Lantz, Premier ministre de l’Î.-P.-É.; Cheffe Tabatha Bernard, Première Nation de Lennox Island; Keptin James Bernard; et Ernie Hudson, ministre des Transports et de l’Infrastructure. (Photo : Gouvernement de l’ÎPÉ)

Le mercredi 1er octobre au matin, dans la cour du complexe Shaw à Charlottetown, les Mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard et le gouvernement provincial se sont rassemblés pour souligner le Jour du traité.

Comme chaque année, le 1er octobre marque un moment de réflexion et de reconnaissance : celui des traités de paix et d’amitié conclus entre les Mi’kmaq et la Couronne britannique au 18e siècle, qui demeurent toujours en vigueur.

La cérémonie a débuté par la levée du drapeau du Grand conseil mi’kmaq, en présence du Premier ministre Rob Lantz et de plusieurs dirigeants autochtones. Le drapeau flottera devant l’édifice gouvernemental pendant tout le mois d’octobre, rappelant aux Insulaires la relation historique et toujours vivante entre les Mi’kmaq et la population de l’Île.

Une plaque d’immatriculation pour reconnaître les Mi’kmaq

Moment fort de la journée, le gouvernement a dévoilé une nouvelle plaque d’immatriculation spécialisée portant un motif mi’kmaq. Ce symbole ancien, qui signifie « L’nu » (le peuple), est issu des hiéroglyphes traditionnels et ses courbes représentent le cycle de la vie. La plaque sera disponible dès le 15 octobre, au coût de 10 $ en plus des frais d’immatriculation habituels.

« Cette plaque témoigne de notre volonté de rendre visibles les liens qui nous unissent et de donner une place concrète à la culture mi’kmaq dans le quotidien des Insulaires », a déclaré Rob Lantz lors de son allocution.

Un Mawi’omi ouvert au public

En après-midi, un Mawi’omi, un rassemblement culturel, s’est tenu au Eastlink Centre. Ouvert au public, l’événement a permis aux participants d’assister à des prestations de chants, de musique et de danses traditionnelles, tout en découvrant davantage les coutumes et savoirs mi’kmaq.

Des gestes concrets en appui à la réconciliation

Au-delà des symboles, la province a profité du Jour du traité pour réitérer plusieurs engagements :

• un investissement de 8 millions de dollars dans la construction d’un nouveau centre de loisirs et d’un centre régional d’urgence au sein de la Première Nation Abegweit ;

• le doublement du financement accordé au groupe de travail sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées, qui passe à 100 000 $ par année sur 4 ans ;

• la signature prochaine d’un protocole d’entente sur l’enseignement des traités, en collaboration avec l’organisme L’nuey, afin de renforcer la sensibilisation et l’éducation dans les écoles de la province.

Une journée de mémoire et d’avenir

Pour les Mi’kmaq, le Jour du traité est l’occasion de rappeler que les accords conclus entre 1725 et 1779 n’ont jamais été rompus. Ces traités reconnaissent des droits fondamentaux — de pêche, de chasse et de commerce — et établissent une relation de nation à nation, basée sur le respect et l’amitié.

« Nous ne sommes pas simplement les gardiens de notre histoire, mais aussi les acteurs d’un avenir partagé. Ces gestes posés aujourd’hui, petits ou grands, sont des pas supplémentaires sur le chemin de la réconciliation », a souligné un représentant du Grand conseil mi’kmaq.

Contexte historique

Les traités de paix et d’amitié, signés aux 18e siècle, concernaient l’ensemble des Maritimes, incluant l’Île-du-Prince-Édouard. Contrairement à d’autres ententes au Canada, ils n’impliquaient pas la cession des terres, mais établissaient des règles de coexistence pacifique. Depuis 1982, leur validité est protégée par l’article 35 de la Constitution canadienne.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les gouvernements mi’kmaq, provincial et fédéral collaborent dans le cadre d’une entente-cadre qui vise à traduire l’esprit des traités en mesures concrètes et modernes, tout en respectant les droits ancestraux.

Une invitation à marcher ensemble

En ce 1er octobre, la levée du drapeau, l’annonce de nouveaux investissements et la mise en circulation d’une plaque commémorative rappellent que la réconciliation passe à la fois par des symboles visibles et par des actions tangibles.

Au-delà de la cérémonie, le message de cette journée est clair : les traités ne sont pas un héritage figé, mais une responsabilité partagée entre les Mi’kmaq et tous les Insulaires. 

Julie Pellissier-Lush, gardienne du savoir autochtone, a participé à la cérémonie du Jour du Traité, ainsi que le Premier ministre Rob Lantz. (Photos : Gouvernement de l’ÎPÉ)

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Réunis autour d’un tambour central, les chanteurs des Premières Nations mi’kmaq de l’ÎPÉ ont entonné quelques chants traditionnels.  (Photo : Gouvernement de l’ÎPÉ)

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