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06 août 2022 Par Claire Lanteigne / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Une des stations Coastie.  (Photo : Coastie Canada)

Selon les Nations Unies, les changements climatiques sont la question déterminante de notre époque et nous sommes à un moment décisif.  De l’évolution des conditions météorologiques, qui ont des effets sur la production agricole et alimentaire, à l’élévation du niveau des mers, qui augmente les risques d’inondations, les conséquences des changements climatiques sont mondiales en termes d’effets et d’échelle.  Sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s’adapter aux conséquences futures de ces changements.

«Tous les secteurs du Parc national de l’ÎPÉ sont affectés par les changements climatiques», de dire Louis Charron, spécialiste des changements climatiques à Parcs Canada pour l’Î.-P.-É.  «Notre équipe ne chôme pas et nous travaillons continuellement sur de nouvelles mesures pour contrer les effets des changements climatiques». 

«Un des plus grands problèmes ici est la géographie, car le parc comprend trois régions Cavendish, Brackley-Dalvay et Greenwich, sur plus de 65 km.» Ces régions côtières sont affectées par l’érosion en plus d’être liées aux phénomènes de la nature.  L’augmentation du nombre de tempêtes avec des vagues toujours plus fortes et des niveaux d’eau plus élevés cause aussi des dommages.  Il faut s’assurer de garder les dunes en santé, car elles agissent comme des boucliers pour protéger les côtes.

Parcs Canada et ses partenaires ont collaboré dans le cadre d’une étude nationale pour mieux comprendre les impacts des changements climatiques sur les oiseaux.  

«Quand les feuilles bourgeonnent plus tôt, que la température est plus chaude et que la floraison change continuellement, les espèces migrent à différents temps», d’ajouter M. Charron, «les oiseaux et leur aire de distribution sont affectés par ces changements».  À mesure que le climat change, la qualité de l’habitat des diverses espèces d’oiseaux qui habitent dans un parc s’améliorera, empirera ou demeurera stable.  Les oiseaux pourraient se voir obligés de coloniser de nouveaux endroits ou disparaître de régions où on les trouve aujourd’hui.  Cela dépendra de la saison, de l’emplacement et de la capacité de l’espèce à s’adapter aux conditions changeantes.

«Au niveau des changements climatiques, on travaille sur trois piliers», de poursuivre M. Charron.  «Afin d’aider à la réduction des changements climatiques et de notre empreinte carbone, certains édifices ainsi que les kiosques à l’entrée du parc sont équipés de panneaux solaires.  Nous évaluons toujours notre empreinte carbone et lorsque nous planifions de nouveaux projets, on tient compte de la consommation d’énergie lorsqu’on les réalise». 

Afin de diminuer l’utilisation de l’électricité, on a environ 30 stations de bornes de rechange pour le public et leurs propres besoins.  «Nous transformons aussi notre flotte de véhicules, nous en avons six électriques et hybrides et ce concept est adopté quand on doit en remplacer un».

«La recherche est également une partie importante de notre travail», d’ajouter M. Charron.  «Ça nous permet de comprendre ce qui se passe et nous travaillons fort afin de toujours nous améliorer.  On le fait en partenariat avec les Premières Nations avec entre autres la Promesse au parc et l’Université de l’ÎPÉ (UPEI)».    

Parcs Canada a signé une entente avec la toute nouvelle École du changement climatique et de l’adaptation, installée au sein du Centre canadien sur les changements climatiques et l’adaptation (CCCCA).  L’école offre aux étudiants et aux chercheurs l’expérience unique d’apprendre les sciences du climat dans la région de St Peter’s Bay à l’ÎPÉ.  «Elle est située près de Greenwich», de dire M. Charron, «on peut donc utiliser une partie du parc pour étudier et faire des recherches et ça donnera de futures cohortes de professionnels».  

Coastie.com

M. Charron souligne finalement le programme COASTIE, une collaboration entre Parcs Canada et l’Université de Windsor, qui s’est développée à partir du mouvement mondial de surveillance communautaire des plages CoastSnap, qui a débuté en Australie en 2017. 

«On compte sept stations dans le parc, d’où on peut prendre et télécharger des photos avec son cellulaire, qui est toujours positionné de la même façon», dit-il.  Les photos prises dans les stations sont vérifiées et anonymisées, puis téléchargées dans la base de données mondiale pour capturer l’évolution des côtes.  «C’est une belle action citoyenne», de conclure M. Charron, «et elle va au-delà de l’ÎPÉ et du pays».  Pour plus d’informations, visitez le site  https ://Coastiecanada.ca.   

 

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