Société
01 juin 2021 Par Jacinthe Laforest
Le chef de la Première Nation Abegweit, Junior Gould, la directrice adjointe de l’École Saint-Augustin, Julie Gagnon, et la cheffe de la Première Nation de Lennox Island, Darlene Bernard, lors de la remise du prix de reconnaissance de la réconciliation à l’École Saint-Augustin. (Photo : Gracieuseté)

L’Assemblée des conseils Epekwitk a profité de la Semaine de sensibilisation aux cultures autochtones pour inaugurer une toute nouvelle récompense afin de reconnaître les efforts de réconciliation.  Pour cette Assemblée, c’était aussi une façon de cristalliser sa nouvelle présence permanente sur le front de mer de Charlottetown, où s’élève dorénavant l’édifice de l’Assemblée Epekwitk.

«Nous avons tous besoin de réconciliation», a indiqué la cheffe de la Première Nation de Lennox Island, Darlene Bernard.  Avec cette phrase simple, elle résume l’état d’esprit avec lequel tous les efforts de réconciliation sont accueillis et appréciés.  Et c’est dans cette optique que l’Assemblée des conseils Epekwitk a présenté pour la première fois son prix de reconnaissance de la réconciliation.  

Les quatre premiers récipiendaires, la PEI Brewing Company, Parcs Canada, l’école consolidée Mount Stewart et l’École Saint-Augustin ont été honorés lors d’une cérémonie intime (à cause de la COVID-19), le 27 mai, dans le nouvel édifice de l’Assemblée. 

La réconciliation passe par divers chemins

Comme le suggèrent les raisons pour lesquelles les quatre premiers récipiendaires ont été choisis, la réconciliation peut faire partie de nombreux projets.  Par exemple, la PEI Brewing Company, dont la marque de commerce s’inspire des Pères de la Confédération et en particulier de Sir John A. MacDonald, a décidé d’entreprendre des démarches pour réorienter sa marque de commerce.  Le rôle que John A. MacDonald a joué
dans la création des écoles résidentielles et ainsi dans la presque disparition des Premières Nations au Canada ne correspond pas aux valeurs auxquelles les dirigeants de la brasserie veulent être associés.  Ils ont donc, en consultation avec L’nuey (l’initiative des droits autochtones), entrepris un processus de changement.  Ils vont également modifier leur affichage pour reconnaître qu’ils se trouvent sur un territoire non cédé.  

Parcs Canada a entrepris de développer une programmation Mi’kmaq dans le parc national, mais aussi dans les lieux historiques nationaux.  Des affichages, des panneaux d’information seront déployés sur le réseau.  

L’école consolidée de Mount Stewart est une école privilégiée en ce sens que presque la moitié de la population étudiante est issue de la Première Nation Abegweit.  Cette école gambade sur le sentier de la réconciliation depuis plusieurs années.  Cela inclut des activités d’apprentissage, de sensibilisation et de reconnaissance.  La chorale de l’école a aussi appris l’Ô Canada en Mi’kmaq.  Un wigwam a été érigé sur le terrain de l’école et procure aux élèves un espace paisible.  

Les premiers pas de l’École Saint-Augustin sur le sentier de la réconciliation ont été faits lorsque Julie Gagnon s’est jointe à l’équipe scolaire
en septembre 2020.  Sa vision d’un cheminement de réconciliation a vite été partagée par ses élèves, par ses collègues et par le personnel du 

Conseil acadien de Rustico.  

«On est fier d’avoir reçu ce prix.  C’est un encouragement à continuer.  Ça nous dit que le monde a besoin de réconciliation.  Pendant la cérémonie, quelqu’un a mentionné qu’en même temps que nous faisons des efforts pour mieux les connaître et les apprécier, les Premières Nations apprennent elles-mêmes à se connaître et à se réapproprier graduellement ce qui leur a été enlevé.  Je trouve que c’est une comparaison intéressante», a indiqué l’enseignante et directrice adjointe, qui a reçu le prix pour son école.  

Tout comme l’école de Mount Stewart, l’École Saint-Augustin a entrepris la construction d’un wigwam, qui prend plus de temps que prévu.  «Un wigwam, c’est fait avec de l’écorce de bouleau et à l’Île, on a très peu de bouleaux assez gros.  Nous devons donc trouver de l’écorce dans les provinces voisines.  Ça prend du temps.  Nous allons aussi construire un tipi, une habitation que l’on trouvait surtout dans l’ouest du pays.  Encore là, ça prend des matériaux spécifiques.  Nous voulons que ce soit le plus authentique possible pour créer un véritable espace propice à l’apprentissage, à la confiance et au respect.  Ça prend du temps et en attendant, on avance sur le sentier de la réconciliation et sur le sentier de nos racines».

De gauche à droite, on voit Mary Kendrick, directrice de l’école consolidée de Mount Stewart, Karen Jans, de Parcs Canada, Junior Gould, chef de la Première Nation Abegweit, Darlene Bernard, cheffe de la Première Nation Lennox Island, Kevin Murphy de la PEI Brewing Company et Julie Gagnon, enseignante et directrice adjointe de l’École Saint-Augustin.  Les plaques ont été réalisées par l’artiste en pyrogravure Annie Martin.  (Photo : Gracieuseté)

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