Société
06 janvier 2021

Le 6 janvier 2021

- Jacinthe Laforest

En janvier 2020, même avant que la pandémie ne prenne l’ampleur qu’elle a prise, les autorités responsables de l’horloge de la fin du monde ont pris la décision de l’avancer de 20 secondes.  En 73 ans, jamais l’horloge symbolique n’avait été à moins de deux minutes de l’apocalypse. Même si elle a été créée en 1947, deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et au début de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest, cette horloge symbolique est périodiquement mise à jour par les directeurs du bulletin des scientifiques atomistes (BAS) de l’Université de Chicago. 

 

À l’origine, elle représentait la possibilité d’une guerre nucléaire mondiale, en soulignant la menace liée à la prolifération des armes nucléaires. 

 

Depuis 2007, l’horloge prend aussi en considération les perturbations causées par le changement climatique, les problèmes géopolitiques du pétrole ou encore les nouveaux développements technologiques ou scientifiques qui pourraient engendrer des dommages irrévocables.

 

Cela inclut les risques de perturbations dues à la reprise de la course à l’armement nucléaire et aux nouveaux acteurs qui se joignent aux anciennes puissances nucléaires, le risque d’un déclenchement de la guerre par un accident technique, un acte de terrorisme ou une attaque informatique, les problèmes liés au changement climatique, aux hydrocarbures (pic pétrolier, géopolitique du pétrole) ou encore les «nouveaux développements dans les sciences du vivant qui pourraient infliger des dommages irrévocables», c’est-à-dire les risques liés aux nouvelles technologies (nanotechnologie, biotechnologie), dit un article de Wikipédia.   

 

L’horloge utilise l’analogie du décompte vers minuit pour attirer l’attention du monde sur le danger qui pèse sur l’humanité du fait des menaces nucléaires, écologiques et technologiques.  L’horloge n’est pas systématiquement remise à l’heure chaque année.  Le plus récent ajustement, celui du 23 janvier 2020, a été fait en raison de l’«incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique».

 

À l’origine, après la Seconde Guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins 7, une valeur aléatoire, pour faire beau, ont dit certains.  En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu’à 17 minutes avant minuit. 

 

En 1953, à cause du climat tendu entre les deux super-puissances, ainsi qu’en 2018 et 2019, surtout en lien avec le tempérament imprévisible de Donald Trump aux États-Unis, elle affichait minuitmoins 2. 

 

Quelle heure sera-t-il en 2021?

 

La décision d’avancer, de reculer ou de garder la même heure est prise chaque année, en général avant la fin du mois de janvier.  La pandémie sera peut-être un facteur pris en compte, mais certainement, le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche et l’arrivée d’un président moins soupe au lait et plus diplomatique qui valorise les accords internationaux pourrait inciter les scientifiques responsables à reculer l’horloge.  À titre d’exemple, les États-Unis de Donald Trump menaçaient de ne pas renouveler le traité New Start sur les armements stratégiques nucléaires, conclu en 2010, après son expiration en 2021. 

 

Bien que l’horloge soit relativement peu connue du grand public, elle est un outil par lequel des sommités scientifiques se consultent, évaluent les risques et disent au reste du monde qu’il suffirait de quelques gestes posés intentionnellement ou non, pour que minuit ne sonne. 

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