Société
27 mars 2020

Le 27 mars 2020

Jacinthe Laforest – Initiative de journalisme local – APF

Antoine Richard a vite appris à faire fonctionner l’application FaceTime pour communiquer avec sa fille Marcella, en auto isolement depuis son retour de Floride.  (Photos : J.L.)

 

De retour d’un séjour en Floride depuis le 16 mars, Marcella et Urbain Poirier se sont placés en isolement volontaire pour suivre les consignes de sécurité et pour protéger les membres de leur famille. Antoine Richard, le père de Marcella, a donc appris à communiquer avec FaceTime.

 


«Avec de l’aide, j’ai commencé à utiliser FaceTime. C’est vraiment bien», dit Antoine Richard qui a reçu des consignes très claires des membres de sa famille. «Dès que la situation a commencé à empirer, ils m’ont appelé pour me dire de ne pas sortir. À mon âge, c’est trop risqué. Je les écoute, mais c’est surtout parce que je n’ai nulle part où aller», dit le nonagénaire. En effet, le café où il aime aller jaser avec les gens de la place est fermé au moins jusqu’au 31 mars, ce qui le prive de ce contact social.

 

Antoine Richard est sociable et il aime la compagnie du monde. Il vit avec son fils Normand qui est non voyant. Les membres de sa famille veulent le protéger de la contagion, mais ils savent aussi que leur père aime parler et partager son savoir. «On ne veut pas qu’il déprime et qu’il se sente seul», dit Velma Durant, la fille d’Antoine.

 

Mais ce dernier ne s’ennuie pas. «Je travaille toute la journée. Je fais le petit déjeuner, le repas de midi et le souper et je nettoie après. Je fais aussi du travail dans mes papiers que je garde dans mon bureau et je fais du ménage». À ce propos, il n’hésite pas à aller chercher le nouvel aspirateur sans fil qui l’aide à tenir la poussière en respect.  

 

De leur côté, Marcella et Urbain sont en sécurité dans leur maison de Summerside. «On devait rester en Floride cinq semaines et revenir seulement le 1er avril avec West Jet. On a essayé de changer nos billets avec West Jet, mais on n’a pas été capable de les joindre. Par chance, j’ai une nièce qui travaille pour Air Canada. Elle nous a trouvé des billets pour qu’on revienne plus vite. Je pense que notre famille était rassurée de nous voir revenir plus tôt», raconte Marcella Poirier, au cours d’un entretien via FaceTime.

 

En Floride, l’ambiance n’était pas à la fête. «Il y avait du monde, mais pas autant que d’habitude. Aux nouvelles, on ne parlait que de ça, et on suivait les nouvelles du Canada par Internet. Il y avait un peu de panique, et on a décidé de revenir plus tôt».

 

Partis pour cinq semaines, les Poirier n’avaient pas laissé grand-chose dans leur réfrigérateur. Encore une fois, des membres de leur famille se sont occupés de faire des provisions et ils n’ont pas l’intention de sortir de chez eux avant que les 14 jours d’isolement obligatoires soient écoulés.

 

Marcella et Urbain Poirier chez eux, en FaceTime.

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