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24 Août 2026 Par ERIC BERGERON
Un détecteur dans une main, une pelle à sable dans l'autre, Tony Arsenault peut marcher quatre ou cinq heures sans problème sur les plages de l'Île à la recherche d'objets perdus et de pièces de monnaie anciennes.

Depuis plus d'une douzaine d'années, Tony Arsenault. parcourt les plages de l'Île avec son détecteur de métal. Derrière les pièces de monnaie anciennes, les téléphones cellulaires et les bagues retrouvées se cache toutefois une histoire beaucoup plus profonde : celle d'un homme qui refuse l'inactivité, qui trouve sa raison d'être en rendant service aux autres et qui laisse derrière lui des endroits un peu plus propres qu'à son arrivée.

 

« Quand j'enfile mon détecteur, je peux marcher quatre ou cinq heures sans problème », raconte Tony Arsenault.

À peine la phrase terminée, il se lève d'un bond pour aller chercher son appareil. Il revient quelques secondes plus tard avec son Nokta Legend à la main.

« J'ai commencé avec un Simplex, mais maintenant, je suis rendu "Legend" », lance-t-il en riant.

Il se rassoit et replonge aussitôt une douzaine d'années en arrière, au Noël où son épouse lui a offert son tout premier détecteur de métal.

Fidèle à son habitude de ne jamais rester longtemps sans bouger, il s'est empressé d'aller l'essayer à la plage de Saint-Chrysostome.

« Ça n'a pas pris cinq minutes avant que le bidule se mette à sonner. »

Pour illustrer son récit, il allume son détecteur et le passe au-dessus d'un vieux clou posé sur le plancher du garage. Un cri aigu, qui rappelle le gloussement d'une dinde en détresse, résonne soudain dans la pièce. Tony éclate de rire.

« J'ai trouvé un iPhone, le premier jour. »

Installé dans l'atelier attenant à sa maison, qu'il a lui-même construit avec des matériaux récupérés lors de la démolition d'un ancien hangar de Slemon Park, la pluie éclate en gouttelettes sur le seuil de la grande porte ouverte. Le silence qui suit semble inviter les souvenirs.

« Elle était quelque chose, ma femme. Elle savait comment me motiver. »

Ce cadeau allait le mettre sur une voie qui, plus d'une douzaine d'années plus tard, continue de lui apporter autant de plaisir.

Lorsqu'on aperçoit Tony Arsenault balayer le sable de son détecteur sur une plage de l'Île, on ne se doute pas des trouvailles qui se cachent derrière chacun de ses signaux.

« Un jour, un couple est venu me voir. Ils venaient de perdre un jonc d'or et ils étaient complètement découragés. Ils m'ont demandé si je pouvais essayer de le retrouver.»

À peine sa phrase terminée, Tony se lève encore une fois de son tabouret et revient avec un petit appareil à peine plus gros qu'une lampe de poche.

« Après avoir repéré le secteur avec le détecteur, j'utilise ça pour trouver l'endroit exact. » Quelques minutes auront suffi. « Le jonc était juste là, enfoui dans le sable. »

2. Tony Arsenault

Le pinpointer permet à Tony Arsenault de localiser avec précision un objet enfoui après qu'il ait été repéré par son détecteur de métal.

Au fil des années, les clés, les téléphones cellulaires, les alliances et les bijoux retrouvés se sont accumulés. Chaque objet ramène son histoire, souvent accompagnée du sourire soulagé de son propriétaire.

Les pièces de monnaie anciennes occupent elles aussi une place importante dans sa collection. En les sortant une à une, Tony se rappelle sans hésiter la plage, l'année et parfois même l'endroit exact où chacune d'elles est réapparue après des décennies passées sous le sable.

3. Tony Arsenault

Tony présente une partie de sa collection de pièces de monnaie retrouvées grâce à son détecteur de métal. 

Même en roulant

« Je ramasse aussi les canettes pendant que j'y suis », ajoute soudainement Tony. « Les plages en sont pleines, et c'est vraiment désolant. Les bords de chemin aussi. On devrait consigner les gobelets à café tellement il y en a. »

Son regard se tourne vers un vélo électrique auquel il a attelé une petite remorque fabriquée de ses propres mains.

En deux étés, les canettes ramassées au fil de ses promenades lui ont rapporté suffisamment d'argent pour s'offrir ce vélo. Depuis, il sillonne les routes de l'ouest de l'Île, s'arrêtant dès qu'il aperçoit un contenant abandonné dans le fossé. Il se rend souvent jusqu’à Prince-Ouest avant de faire demi- tour.

" Je pédale jusqu'à une certaine vitesse avant que le moteur embarque. À mon âge, à presque 78 ans, je fais tout pour rester en forme. Le moteur me donne juste un petit coup de pouce quand les côtes sont un peu plus exigeantes. »

Le vélo lui permet de parcourir de plus grandes distances, mais la motivation demeure la même. Qu'il arpente une plage avec son détecteur ou les routes de campagne avec sa remorque, Tony revient rarement les mains vides. Derrière lui, il laisse surtout un paysage un peu plus propre que celui qu'il a trouvé.

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À bientôt 78 ans, Tony Arsenault refuse de ralentir. Lorsqu'il n'arpente pas les plages avec son détecteur de métal, on le retrouve dans son atelier, toujours occupé à fabriquer ou réparer quelque chose.

Le véritable trésor de Tony Arsenault ne se mesure ni en or ni en argent. Il se retrouve plutôt dans le sourire de ceux qui croyaient avoir perdu à jamais un objet précieux, dans les paysages qu'il laisse un peu plus propres après son passage et dans cette énergie qui l'habite encore à 78 ans. À l'écouter parler, on comprend vite que les plus belles découvertes ne sont pas toujours celles qui émergent du sable.

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