Communauté
08 Mai 2026 Par Amayes Hadj Amar / IJL – La Voix acadienne – ATLANTIQUE
Les deux jeunes qui ont travaillé sur le projet média, Yan Loumou et Tiafanny Razafindrakoto. (Photo : Courtoisie de JAFLIPE)

Le projet «L’Acadie branchée» offre désormais aux jeunes francophones de l’Île-du-Prince-Édouard une plateforme unique pour s’exprimer et créer du contenu médiatique original. Portée par la Jeunesse Acadienne et Francophone de l’ÎPÉ (JAFLIPE), cette initiative vise à combler un manque de représentativité locale tout en outillant la relève pour raconter sa propre réalité.

Le constat est simple : si les jeunes passent beaucoup de temps devant leurs écrans, ils ne retrouvent que très rarement des contenus qui reflètent leur quotidien en tant que francophones vivant en milieu minoritaire. Pour remédier à cette situation, Jeunesse acadienneet francophone de l’Île-du-Prince-Édouard a mis sur pied «L’Acadie branchée». Ce projet ne se contente pas de diffuser de l’information, il transforme les jeunes de simples spectateurs en véritables créateurs.

Selon Audrick Mofor, directeur général de JAFLIPE, il y avait un besoin flagrant de contenu qui utilise les codes et les intérêts de la jeunesse actuelle. 

En prenant le micro ou la caméra, les participants comme Yan Loumou et Tiafanny Razafindrakoto ne font pas que produire des vidéos ou des balados; ils renforcent leur sentiment d’appartenance à la communauté acadienne. Le projet permet de moderniser l’image de la francophonie pour la rendre plus vibrante et plus proche des préoccupations réelles des adolescents.

Un encadrement pour passer de l’idée au reportage

Devenir reporter ne s’improvise pas, et JAFLIPE l’a bien compris. Pour accompagner les jeunes dans cette aventure, une série d’ateliers techniques est proposée. Les apprentis journalistes apprennent les rudiments de la recherche, les techniques d’entrevue, ainsi que les bases de la création de contenu numérique. Cette formation pratique vise à leur donner une confiance durable dans leur capacité à s’exprimer publiquement.

«L’objectif n’est pas d’en faire des professionnels du jour au lendemain, mais de leur donner des outils concrets pour s’exprimer avec confiance et créativité», explique Audrick Mofor. Bien que les jeunes jouissent d’une grande liberté dans le choix de leurs sujets et de leurs « scoops », un cadre éditorial léger est maintenu par l’organisme. L’idée est de garantir que les productions restent respectueuses et sécuritaires, tout en laissant une place immense à l’imagination et à l’initiative citoyenne.

Une vision à long terme pour la communauté

Soutenu par le gouvernement du Canada et le Programme de vie française (VIF), le projet dispose des ressour-ces nécessaires pour s’implanter solidement dans la province. Au-delà de la phase de lancement, l’ambition est d’intégrer «L’Acadie branchée»de façon permanente dans les activités de la JAFLIPE. Le succès de cette initiative se mesurera, dans un an, par l’engagement des jeunes et la qualité des liens tissés avec les médias locaux.

La diffusion des reportages ne se limitera pas aux réseaux sociaux de l’organisme. Des collaborations avec des médias professionnels et communautaires, tels que La Voix acadienne et Radio ÎPÉ sont envisagées pour offrir une plus grande vitrine à ces voix émergentes. Comme le souligne le directeur général : «Dans un an, le succès, ce sera d’avoir des jeunes réellement engagés dans le projet, qui créent du contenu, qui prennent la parole avec confiance et qui sentent que leur voix compte.» Avec de tels piliers, l’avenir de l’information jeunesse semble entre de bonnes mains. 

1 jaflipe

La jeunesse engagée de JAFLIPE porte fièrement le chandail de «L’Acadie branchée» lors du lancement du projet au Centre Goéland récemment.  (Photo : Courtoisie de JAFLIPE)

Abonnez-vous à La Voix acadienne pour recevoir votre copie électronique ou la version papier

Communauté