Communauté
16 Avril 2026 Par Eric Bergeron
À Abram-Village, une activité intergénérationnelle a réuni aînés et jeunes autour de savoir-faire traditionnels acadiens. Couture, cuisine et artisanat étaient au programme d’une matinée bien remplie, marquée par l’échange, l’apprentissage et le plaisir de transmettre ce qui façonne la communauté.  Sur la photo, on voit Kallie Gallant, élève à l’École Évangéline, avec Rose Caissie-Arsenault lors de l’activité.  (Photo : Eric Bergeron)

Plus tôt cette année, La Voix acadienne avait pu constater les efforts de la communauté pour préparer la transmission des traditions acadiennes aux générations futures. La semaine dernière, ce travail a pris forme, alors que les jeunes étaient au rendez-vous pour recevoir ce savoir.

Le centre communautaire d’Abram-Village bourdonnait d’activités vendredi dernier. L’odeur de cuisson, les rires et le bourdonnement des machines à coudre accueillaient ceux venus se joindre à cette journée culturellement enrichissante.

Dans la grande salle, Velma Durant répond aux multiples questions qui lui sont adressées. Toujours souriante, elle trouve réponse à tout et gère la salle tel un chef d’orchestre au cœur d’une pièce symphonique.

Carson Painter a enfourné les galettes blanches avec l’aide de Darlene Arsenault, qui veille au four. «J’ai pétri la pâte. À la main», dit-il fièrement. Ayant bien compris l’importance des responsabilités liées au travail de cuisine qui lui ont alors été enseignées, Carson précise qu’il a aussi lavé la vaisselle. «Beaucoup de vaisselle. Mais ça fait partie de rester bien organisé. »

Le blé d’Inde lessivé est surveillé de près, tandis que le fricot bouillonne bien tranquille. Les bols sont disposés à côté du chaudron. Quelques jeunes mettent la table pendant que, dans la pièce centrale, Sacha Legault écoute attentivement les conseils d’Yvette Arsenault, qui lui montre comment crocheter un foulard. «Ma sœur m’a montré par le passé, mais cette fois-ci je crois mieux saisir », raconte-t-il. Yvette l’observe patiemment tourner le fil autour de son doigt, y enfiler le crochet et tirer une maille bien serrée.

Derrière eux, Sarah Wagner entreprend une petite sacoche sous l’œil admiratif de sa grand-mère, Lucie, qui rigole de bon cœur en jetant un coup d’œil dans la salle : garçons et filles penchés sur leurs ouvrages, les yeux rivés sur leurs tâches. Quelques sourires en coin, quelques lèvres mordillées au passage d’une couture un peu croche. 

« On finit tous par faire des erreurs, raconte Diane Gallant. Je voulais faire un potholder, pis là je me suis trompée. Le dedans est dehors. Alors là, on va enseigner comment découdre. Ça fait partie de la vie. »

Les galettes sont sorties du four. Le fricot est servi. La longue table se remplit au fur et à mesure que les machines à coudre se taisent. Une joie tranquille s’installe. Le silence tombe dès les premières cuillerées. L’avant-midi de transmission des traditions et des savoirs acadiens se conclut dans le plaisir de partager non seulement un bon repas, mais aussi ce qui fait de la communauté acadienne un peuple enraciné et autonome.

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