Communauté
14 Mars 2026 Par Amayes Hadj Amar / IJL – La Voix acadienne
L’événement Connexion 902 a eu lieu à The Guild à Charlottetown récemment et a permis de découvrir des mots anciens, d’échanger sur l’identité acadienne et de partager un moment de musique et de discussion (Photo : Amayes Hadj Amar)

Dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie, une soirée originale a rassemblé des participants à The Guild, à Charlottetown, pour célébrer la langue et la culture acadiennes. L’événement Connexion 902 a permis de découvrir des mots anciens, d’échanger sur l’identité acadienne et de partager un moment de musique et de discussion entre l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse.

La salle était bien remplie pour cette activité organisée dans l’esprit du slogan «L’Acadie à ma manière». L’objectif de la soirée était simple : montrer que les communautés acadiennes de différentes régions partagent bien plus qu’un indicatif téléphonique. Elles partagent aussi une langue, des traditions et une façon unique de voir le monde.

La directrice du Conseil acadien de Rustico, Andréa Deveau, a ouvert la soirée en remerciant les partenaires et les organismes qui soutiennent les Rendez-vous de la Francophonie. 

Selon elle, il est important de faire connaître les communautés francophones situées à l’extérieur de la capitale. «Une occasion de rappeler qu’il existe des communautés francophones un peu partout à l’Île».

Elle a également rappelé l’idée derrière le thème L’Acadie à ma manière. Pour elle, chacun vit son identité acadienne différemment. Certaines personnes parlent encore le français tous les jours, d’autres ont perdu la langue, mais restent attachées à leur culture. «On vit tous notre Acadie à notre manière», a-t-elle expliqué.

Les mots acadiens au cœur de la discussion

La soirée s’est ensuite transformée en discussion animée avec deux invités : Emmanuelle LeBlanc, musicienne du groupe Vishtèn, et Trevor Murphy, musicien du groupe Sluice et chroniqueur à l’émission La Mouvée.

Les deux artistes ont échangé avec le public sur la richesse de la parlure acadienne et sur les mots qui ont traversé les générations. Emmanuelle LeBlanc a raconté que son projet autour des mots acadiens a commencé presque par hasard.

«Un jour, j’ai commencé à écrire des mots, et tout d’un coup j’en avais une cinquantaine », a-t-elle expliqué. Cette liste est devenue une façon pour elle d’explorer les différentes variantes du français acadien et de comprendre comment certains mots ont survécu au fil du temps.

Plusieurs mots ont été présentés et expliqués pendant la soirée. Par exemple, «à la valdrague» peut décrire quelque chose de désordonné ou un état d’esprit un peu confus. Le mot «incommode», présenté par Trevor Murphy, peut décrire une personne difficile ou agitée. D’autres expressions comme «banaise» pour dire qu’on est bien à l’aise, «cotchiner» pour parler de tricher un peu en jouant, ou encore «mitant» pour dire au milieu.

Les deux invités ont rappelé que plusieurs de ces mots viennent d’anciennes formes du français qui ont disparu ailleurs, mais qui sont restées vivantes en Acadie grâce à la tradition orale.

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Emmanuelle LeBlanc et Trevor Murphy ont animé la discussion.  (Photo : Amayes Hadj Amar)

Une soirée participative et festive

Le public a aussi été invité à participer. À l’entrée de la salle, les participants pouvaient écrire un mot acadien sur une carte et la déposer dans une boîte. Plusieurs mots sont ressortis pendant la soirée, comme châssis pour parler d’une fenêtre, éventer pour dire sentir une odeur, ou encore patente pour désigner un objet dont on ne connaît pas le nom.

Ces échanges ont souvent provoqué des rires et des discussions entre les participants, chacun reconnaissant des mots entendus dans son enfance ou dans sa famille.

La soirée s’est poursuivie dans une ambiance détendue avec de la musique et des conversations autour de la culture acadienne. Des bouchées inspirées de la cuisine acadienne, préparées par le chef Robert Pendergast, étaient également offertes aux participants.

Au final, Connexion 902 a montré que même si les communautés acadiennes sont séparées par la géographie, elles restent liées par une langue vivante et une culture qui continue d’évoluer. Une façon simple, mais efficace, de rappeler que l’Acadie peut se vivre de plusieurs manières.

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Des bouchées inspirées de la cuisine acadienne, préparées par le chef Robert Pendergast (à gauche), étaient offertes aux participants.  (Photo : Amayes Hadj Amar) 

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