Sur le site de la nouvelle École Évangéline, à Abram-Village, le bruit sourd des tracteurs et le martèlement percussif de l’acier se mêlent aux voix des travailleurs, qui se répondent par sifflements et signes de la main. Ce projet, attendu depuis longtemps, a franchi une étape symbolique la semaine dernière.

L’arrivée de l’acier structural a résonné bien au-delà du chantier. Plusieurs lecteurs ont d’ailleurs communiqué avec La Voix acadienne afin de l’informer de l’état d’avancement des travaux. Grâce à l’aimable collaboration de Stacey Miller, agente principale des communications au ministère des Transports et de l’Infrastructure du gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, le journal a pu se rendre sur place et constater l’énergie bourdonnante qui anime le site.
Une fierté manifeste transparaît lorsqu’elle évoque le projet. «Nous sommes heureux de constater que la communauté est aussi enthousiaste que nous face à l’avancement du chantier. Le projet demeure en bonne voie pour une ouverture à l’hiver 2027-2028. Les travaux de fondation se poursuivent, et l’installation de la structure d’acier débutera au cours des prochaines semaines», indique Stacey Miller.
Le chantier prend forme à Abram-Village
Sur le terrain, deux travailleurs de Livingston Steel Inc. s’affairent à la mise en place des premières composantes d’acier. Gilles Barriault et Craig Gallant œuvrent depuis plusieurs années pour l’entrepreneur en charpente métallique et ont participé à l’érection d’autres projets ambitieux. Cette fois, le chantier prend une dimension toute particulière.
«On a travaillé sur des écoles d’un bout à l’autre du pays, mais revenir ici pour bâtir celle qu’on a fréquentée quand on était jeunes, ça touche quelque chose de spécial», confie Gilles Barriault. Craig Gallant acquiesce en souriant. «C’est rare qu’on puisse dire qu’on aide à construire l’avenir là où on a grandi. On est vraiment contents de pouvoir mettre notre expertise au service de la prochaine génération.»

Un projet porteur de sens
Les deux travailleurs rappellent que les élèves et la communauté scolaire ont été durement éprouvés depuis que l’ouragan Fiona s’est abattu sur la région en septembre 2022. Ils se disent particulièrement motivés à contribuer à la construction d’un bâtiment solide et bien conçu.
«On en a pour plusieurs mois encore, raconte Gilles Barriault. L’acier commence tout juste à arriver. Il y a beaucoup detravail devant nous.»

Des fondations en conditions hivernales
Lors de la visite, La Voix acadienne a également pu observer les travaux de fondation en cours. Une série impressionnante de trous est actuellement en train d’être creusée — près d’une centaine au total. Chaque excavation mesure environ 10 pieds par 16 pieds, sur une profondeur d’environ 4 pieds.
«Aucun gros rocher ni problème d’eau ne se sont présentés jusqu’ici», explique un travailleur.
Afin de permettre le coulage du béton en période hivernale, les excavations sont maintenues au chaud à l’aide de génératrices au gaz. «Le béton n’aime pas le froid», rappelle un ouvrier spécialisé. Les génératrices demeurent donc en fonction pendant environ trois jours, jusqu’à ce que les conditions soient idéales pour le coulage. Dans certains cas, un ajout de calcium est effectué au mélange afin de favoriser une meilleure réaction thermique.

Un projet collectif
Le chantier, les travailleurs qui y œuvrent et l’équipe du ministère provincial des Transports et de l’Infrastructure façonnent peu à peu un espace destiné à servir la communauté pour des générations à venir. Un projet qui avance avec rigueur et engagement, et qui prend forme sous les yeux d’une population impatiente de le voir s’animer.
Pour l’instant, le chantier parle fort — et il dit surtout qu’on avance.
