La Société acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (SAF’Île) amorce la prochaine étape de son travail visant à améliorer l’accès et la qualité des services gouvernementaux en français, à la suite des deux dialogues communautaires tenus le 8 décembre à Summerside et à Charlottetown. Ces rencontres ont permis à la population insulaire d’expression française d’échanger sur leurs réalités, leurs besoins et leurs attentes concernant les services provinciaux.
Le professeur François Larocque, spécialiste des droits linguistiques, était présent pour offrir un aperçu de l’évolution de la Loi sur les services en français, adoptée en 1999 et promulguée en 2013, ainsi que des enjeux liés à sa mise en œuvre actuelle. Avec la collaboration de Luc Fournier, spécialiste en politiques publiques à la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), les deux experts ont également contribué à faciliter les discussions, qui s’inscrivent dans une démarche élargie de réflexion sur l’avenir de cette loi.
Une démarche qui s’appuie sur des années de travail communautaire
Depuis plusieurs années, la SAF’Île souligne que, malgré les progrès réalisés, la Loi sur les services en français ne reflète plus adéquatement la réalité linguistique et démographique actuelle. Plus de dix ans après son entrée en vigueur, les constats tirés de la communauté, incluant ceux exprimés à travers diverses consultations internes, les échanges avec les organismes membres et les travaux du conseil d’administration, démontrent que l’accès réel aux services demeure encore trop limité.
«Les préoccupations exprimées lors de ces dialogues s’inscrivent dans une continuité. Notre communauté demande depuis longtemps des services en français plus accessibles, cohérents et visibles. Il est temps d’adapter notre cadre législatif pour répondre aux besoins d’aujourd’hui et soutenir la vitalité d’une francophonie insulaire en pleine évolution», affirme Charles Duguay, président de la SAF’Île.
La SAF’Île souligne également la participation d’une classe de 10e année de l’École-sur-Mer, dont l’engagement et les perspectives ont enrichi les discussions.
Un mémoire en préparation pour 2026
Un mémoire rédigé par François Larocque sera produit en 2026. Il présentera une synthèse des enjeux soulevés lors des dialogues communautaires, mais aussi des consultations menées cette année auprès du conseil d’administration et des organismes membres du réseau, ainsi que des pistes de solutions pour orienter une modernisation efficace de la Loi sur les services en français.
«Ce mémoire constituera une base solide pour poursuivre nos échanges avec le gouvernement et faire avancer les travaux de modernisation. Nous voulons nous assurer que les voix de la communauté guident les recommandations à venir», ajoute M. Duguay.
Poursuite de la démarche
Au terme des dialogues, la SAF’Île poursuit sa réflexion et son travail d’analyse. L’organisme continuera d’informer la communauté au fil de l’évolution du dossier et réaffirme son engagement à soutenir des avancées concrètes en matière de services en français dans la province.
Source : SAF’Île