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24 Novembre 2025 Par Éric Bergeron
Depuis bientôt trente ans Alfred Bernard sillonne le versant doré de sa colline pour y cultiver les plus beaux sapins de la région. Amoureux de la nature et passionné de plein air, il nous dévoile les secrets d’une bonne taille, le bonheur du travail bien fait et la joie du temps passé en famille.

Depuis 1997, Alfred Bernard exploite une petite terre de neuf arpents à Saint-Hubert, où il élève des sapins. «De tous les arbres que tu vois ici, il ne resteplus que celui-ci de l’époque», dit-il en désignant un grand spécimen d’environ trente pieds. Le terrain avait alors été laissé à l’abandon, envahi par les aulnes qui montaient à huit pieds. « Le feuillage des sapins commençait à cette hauteur », raconte-t-il.

Une fois le terrain nettoyé, Alfred a reçu l’aide du service forestier pour ensemencer. «Un type de Charlottetown est venu me donner un petit cours d’une trentaine de minutes. Tout ce qu’il fallait pour me lancer dans l’élevage de sapins», dit-il en riant.  Finalement, il n’avait pas tort. 

Tailler les arbres, explique-t-il, dépend de la main de celui qui tient les cisailles. «Cinq personnes différentes façonneront le même arbre de cinq façons différentes.» L’important, selon Alfred, est la constance : ne pas couper le chapeau de l’arbre pour lui permettre de grandir, bien équilibrer la forme pour qu’elle reste conique, et éviter une base trop large. «Les gens ne veulent pas qu’il prenne toute la place dans le salon.»

Son terrain, situé en pente de la colline, profite d’un drainage naturel. «Nous n’utilisons pas de pesticides ni d’engrais chimiques. Chaque printemps, je viens débroussailler et veiller au bien-être des arbres.» Les sapins s’y reproduisent naturellement, grâce aux cônes et au pollen. «Pas besoin de transplanter quoi que ce soit, la nature s’occupe du reste», dit-il.

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Le chemin qu’emprunte Alfred pour remonter les sapins aux clients. « À l’époque, je faisais ça à pied et je tirais une couple de sapins à la fois », raconte-t-il, bien assis sur son quatre-roues.

Mais la vigilance demeure. «Si on laisse les gros arbres vieillir trop, les pucerons finissent par envahir. Donc la tronçonneuse travaille fort. Et moi aussi», sourit-il.

Les sapins atteignent leur maturité à l’âge d’environ dix ans. «Une décennie complète où l’entreprise n’a aucune rentrée d’argent», explique Alfred. Il sourit en observant la gomme de sapin collée à sesgants de travail. «D’ailleurs, on ne fait pas ça pour devenir riche. On s’y adonne par plaisir. J’aime être à l’extérieur. C’est tranquille, et c’est beau ici.»

Il a commencé dans le domaine forestier en 1982. «Si je ne suis pas dans le bois, je suis avec le bois, dans un moulin où je scie les arbres depuis très longtemps aussi», dit-il. Chez lui, la sève semble couler jusque dans les veines.

Son site fonctionne comme un «U-cut» : les clients identifient à l’avance leur sapin à l’aide d’un ruban rouge, puis reviennent plus tard dans la saison le couper. Les rubans bleus signalent ceux qu’Alfred prévoit récolter lui-même, pour des raisons esthétiques ou pour libérer l’espace nécessaire à la croissance des plus jeunes arbres. 

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Alfred remonte lentement un petit sapin qu’il a sélectionné pour être transformé en copeaux. Trop court pour orner un salon, l’arbre servira plutôt à nourrir le sol et à protéger les jeunes pousses qui prendront sa place l’an prochain.

«L’an passé, on a vendu quelques centaines d’arbres. Ma femme ou mon fils sont à la cabane, ici en haut, pour accueillir les clients. Moi, je suis sur le quatre-roues : je monte et je descends la colline avec eux, je les aide à couper leurs arbres. C’est une très belle façon de passer du temps en famille, pour les clients comme pour nous », raconte Alfred.

Lorsqu’on lui demande s’il a choisi un arbre pour sa propre maison cette année, il rit doucement. «Non, mon épouse m’a pas encore dit lequel qu’on voulait », répond-il, le sourire aux yeux et la gomme de sapin toujours aux gants.

Situé au 1433, chemin MacIsaac à Saint-Hubert, le site ouvrira ses portes les fins de semaine à compter du samedi 29 novembre, et ce, jusqu’à épuisement des arbres disponibles.

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Le plus vieux sapin de l’exploitation se dresse en marge du terrain, haut et bien fourni. Son feuillage ne commence qu’à hauteur d’homme, signe du temps où des hêtres avaient envahi la parcelle.

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Une charrette de bois sert à transporter les sapins depuis le champ jusqu’au stationnement. Robuste et rudimentaire, elle fait partie du décor typique des fermes d’arbres de Noël de l’Île. (Photos : Éric Bergeron)

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Rielle Maine, petite fille d’Alfred et Shirley Bernard a déjà choisi l’arbre qu’elle aimerait pour chez elle.  (Photo : Gracieuseté)

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