En 10 ans, l’Association des centres de la petite enfan-ce francophones est passée d’un budget de 100 000 $ à un chiffre d’affaires de plus de 5 millions de dollars. Durant la même période, le nombre d’employés est passé de 1 à presque 100. Et la croissance se poursuit.
Autour d’un bon repas de célébration, servi au Centre Belle-Alliance, les membres de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’ÎPÉ et les invités ont pu constater les progrès exponentiels accomplis en seulement 10 ans. D’un budget de 100 000 $, l’Association gère maintenant des chiffres d’affaires qui frisent les 5,7 millions de dollars, un bon million de plus qu’en 2024.
Cette croissance n’est pas finie. Au moins deux des cinq centres actuellement membres de l’Association vont doubler leur capacité d’ici quelques années; le projet de garderie en milieu familial sera relancé sous peu et la communication se maintient avec le centre de la petite enfance (CPE) à DeBlois, qui pourrait vouloir rejoindrel’association. «Notre porte est ouverte. Dès qu’ils seront prêts, on les accueillera», a répondu Kathleen Couture à une question de la salle.
La présidente de l’Association, Anastasia DesRoches, en poste depuis quelques années, a souligné les contributions de plusieurs groupes de personnes. «En ce 10e anniversaire, je souhaite remercier les parents visionnaires qui ont cru à ce modèle, les membres du conseil qui donnent généreusement de leur temps, le personnel qui fait vivre la mission au quotidien et tous les autres partenaires communautaires et gouvernementaux qui nous appuient», a énuméré la présidente, ajoutant : «Regarder en arrière nous remplit de fierté; regarder en avant nous inspire l’espoir.»
Seulement 10 ans et pourtant
En 10 ans, le travail dans le secteur de la petite enfance à l’Île est passé d’un travail sous-payé et sous valorisé à un travail qui permet de vivre décemment. Le recrutement et l’intérêt pour les emplois s’en sont trouvés augmentés, si bien que la pénurie de main-d’œuvre qui a sévi pendant plusieurs années est résorbée. Tous les postes actuellement disponibles sont pourvus.
En 10 ans, de très nombreuses vies ont changé, comme le montre le témoignage de Julian Taylor, papa de deux jeunes enfants. «Si ce n’était pas de mes enfants qui ont eu une place à l’Île enchantée à Charlottetown, je ne parlerais plus français. En grandissant, mes parents insistaient sur le français et je me sentais forcé. À présent, on fait tout en français à la maison. Même ma femme, qui est francophile, parle français à la maison et c’est naturel, a-t-il insisté.
Il indique que, sans le travail de recrutement et de lobbying pour de plus grands locaux et de meilleurs salaires mené par l’ACPEFÎPÉ, ce changement radical dans sa vie n’aurait peut-être pas eu lieu.
Katera Arsenault a commencé à travailler au Jardin des étoiles avant la mise sur pied de l’Association et le transfert des licences préscolaires et scolaires. «Avant l’association, les CPE fonctionnaient en silo. On passait beaucoup de temps à faire les finances, à gérer, à recruter, il manquait toujours quelqu’un. Toutes ces tâches revenaient aux directions. À présent, on est vraiment libéré d’un grand fardeau administratif et on peut véritablement se consacrer à l’éducation des enfants, qui est notre mission», dit Katera Arsenault, aujourd’hui directrice du Jardin des étoiles, un CPE qui fonctionnait à capacité avec 84 inscriptions préscolaires et 30 inscriptions scolaires en 2024-2025.

Julian Taylor et Katera Arsenault ont tous les deux apporté un témoignage illustrant comment et combien l’ACPEFÎPÉ avait pu changer et améliorer leur vie de parent et d’employée.
Un livre relatant les 10 premières années de l’Association a été distribué et pour dessert, un magnifique gâteau d’anniversaire a été coupé et distribué.