Le mardi 28 juin, le Centre éducatif Pomme et Rinette à Abram-Village, le plus ancien centre de la petite enfance francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, a célébré la graduation de sa classe de prématernelle. Tout le paquet a été mis pour les deux enfants de la classe, Nate Bernard et Mathis Doiron. La directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophone de l’ÎPÉ (ACPEFÎPÉ) qui gère le CPE, Kathleen Couture, croit qu’il est temps de refaire l’image du CPE.
Un nouveau nom, un nouveau logo, une nouvelle couche de peinture, de l’équipement et des meubles neufs, rien ne sera épargné pour rajeunir le Centre éducatif Pomme et Rinette.
«Les enfants qui viennent ici passent d’excellentes journées, Ils aiment tous cela, mais on dirait que les parents hésitent à choisir notre centre. C’est dommage, car nous avons un très bon centre», disent Kathleen Couture et Hadjer Addoun, respectivement directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophone de l’ÎPÉ et du Centre éducatif Pomme et Rinette.
Une des premières initiatives sera un exercice de «rebranding» : un nouveau nom et une nouvelle image de marque. «Pomme et Rinette, ça ne rejoint pas les gens. Les parents ne s’identifient pas à cette marque. Nous cherchons un nouveau nom, qui ira avec une nouvelle image», dit Kathleen Couture.
Cette dernière souhaite que l’opération de «rebranding» du CPE ait le même résultat positif que le «rebranding» du service de garde après classe, devenu «Club Jeunesse». «Le succès est vraiment là. On perdait des jeunes qui préféraient aller au Club des garçons et filles et qui nous reviennent. C’est un succès ici dans la région et c’est un succès aussi dans les autres régions», dit encore Kathleen Couture.
L’opération «rebranding» ne se limitera pas au nouveau nom. Une couche de peinture fraîche sera appliquée, dans des couleurs paisibles, et de nouveaux meubles et morceaux d’équipement seront aussi achetés.
«Le centre a des surplus accumulés depuis des années. Nous allons utiliser cet argent pour faire quelques achats qui vont nous rester lorsque nous déménagerons dans le nouveau centre», dit Kathleen Couture.
Certains parents ou membres de la communauté pourraient en effet se demander pourquoi on agit maintenant alors que le centre de la petite enfance sera reconstruit de toute façon. «Ça fait au moins 20 ans qu’on n’a pas donné une couche de peinture fraîche dans les locaux. Et la nouvelle construction ne sera pas avant 2025-2026. Nous voulons un endroit plus agréable pour les enfants, dont les parents peuvent être fiers, et aussi, un endroit plus agréable pour nos éducatrices et éducateurs, qui ne sont pas aveugles et qui voient la différence entre Pomme et Rinette et les autres centres plus récents», dit Kathleen Couture.
Tout de suite après la cérémonie de graduation des deux enfants de 4 ans (programme de prématernelle), et la fête de tous les autres clients du CPE, les parents ont été conviés à une réunion pour discuter des plans d’amélioration. Plusieurs se sont portés volontaires pour les tâches reliées aux améliorations.
À moitié de sa capacité
Même s’il parait bien fréquenté, le centre Pomme et Rinette ne fonctionne qu’à la moitié de sa capacité. Un seul groupe de poupons alors qu’il pourrait y en avoir deux, un seul groupe de trottineurs (2 ans) et un seul groupe de 3 ans sur deux, et seulement deux enfants en prématernelle.
«C’est un problème de recrutement, de rétention et aussi de réputation. Nous voulons tout améliorer en même temps : donner envie à nos éducateurs et éducatrices de rester ici, donner envie aux parents de mettre leurs enfants ici. Ce n’est pas juste pour nous, comme CPE, c’est aussi pour l’école», rappellent les responsables.
En effet, en septembre, la classe de maternelle n’aura que six enfants : les deux gradués du CPE et quatre autres. Par chance, en septembre, la classe de prématernelle sera beaucoup plus nombreuse. C’est aussi septembre que les responsables visent pour que le «rebranding» soit complété.

Lors de la rencontre à propos du «rebranding» du CPE Pomme et Rinette, les parents ont participé avec entrain aux discussions. (Photos : J.L.)