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05 Juillet 2022 Par Jacinthe Laforest
Andréa Deveau, directrice générale du Conseil acadien de Rustico depuis huit ans, sera également la DG du Comité acadien et francophone de l’Est pour la prochaine année, à raison de deuxjours par semaine.  (Photo : J.L.)

Depuis le 13 juin 2022, Andréa Deveau, directrice du Conseil acadien de Rustico (CaR) depuis huit ans, est aussi la directrice du Comité acadien et francophone de l’Est (CAFE).  Le projet pilote d’un an de partage des ressources humaines pourrait aider à trouver des solutions aux difficultés de recrutement et de rétention d’employés dans les organismes francophones.  

Ce n’est un secret pour personne, recruter des employés et les retenir est un défi dans les organismes francophones.  Les salaires sont en partie responsables de cela mais Andréa Deveau met le doigt sur d’autres facteurs.  «Je pense que la géographie, la ruralité, est un gros facteur et c’est quelque chose que nous avons en commun, ici à Rustico et dans la région de Souris et Kings Est.  C’est un milieu auquel je suis habituée.  Également, nos communautés ont subi l’anglicisation et sont toutes les deux dans une étape cruciale de rattrapage linguistique.  C’est un défi que je suis prête à relever», dit Andréa Deveau.  

À Rustico, comme à Rollo Bay, le recrutement se fait difficilement.  À l’heure actuelle et ce, depuis plusieurs mois, Andréa Deveau est la seule employée au CaR, car le poste d’agent de développement reste à pourvoir.  Des efforts en ce sens seront repris.  Au Pavillon de l’Est, Pierre Gayant, embauché comme agent de développement, est rapidement devenu directeur général, au départ de celui qui occupait le poste.  Pierre Gayant quitte son poste en juillet prochain mais tout récemment, un agent de développement a été embauché, en la personne de Kevin Dodier.  

Durant la dernière année, plusieurs améliorations ont été apportées au Pavillon de l’Est, notamment pour l’équipement de cuisine qui n’était pas conçu pour préparer jusqu’à 90 repas par jour, et la grande salle où un nouveau système de son a été installé.  Dans un futur proche, des structures anti réverbération seront installées pour améliorer le son et l’expérience des publics.  «C’est un grand projet que nous avons pu mener à bien», précise Pierre Gayant avec la fierté de celui qui a le sentiment du travail accompli.

Les origines du projet pilote

Dès l’automne 2021, le Comité acadien et francophone de l’Est a commencé à tester l’intérêt pour une formule de ressources humaines partagées.  «Ils nous avaient approchés, au CaR, mais à ce moment-là, la vision des besoins n’était pas très claire.  Nous n’en avons plus entendu parler jusqu’à ce que Service RH fasse une analyse des besoins, des avantages, et propose une formule qui pourrait fonctionner.»

Évidemment, les élus au Conseil acadien de Rustico ont hésité au départ.  «On a eu des grandes discussions.  On l’a annoncé à notre AGA, le 13 juin et auparavant, avec mon conseil on avait beaucoup discuté.  Pour des projets comme cela, on peut questionner à l’infini.  Si on ne l’essaye pas, on ne saura jamais.  C’est pour un an.  On a mis en place un protocole pour encadrer le projet pilote.  J’ai pleine confiance.  J’ai participé à quelques réunions, déjà et lors de l’AGA du CAFE, le 16 juin, je me suis sentie comme si j’étais chez moi.  C’est une communauté tellement vibrante et fière de sa culture», décrit Andréa Deveau.  

À terme, ce projet pilote pourrait aider à trouver des solutions aux difficultés de recrutement et de rétention des ressources humaines dans les organismes francophones.  «Je ne dis pas que nous allons nécessairement dans cette direction, mais ça pourrait mener à utiliser les compétences des directions générales d’une autre façon», suggère Andréa Deveau.

Une inquiétude

Évidemment, tout le monde se pose la question : puisque deux organismes peuvent partager une seule direction générale, y a-t-il un risque que les bailleurs de fonds réduisent d’autant leur financement?  «On en a parlé, avec la SAF’Île entre autres, et ce qui ressort c’est que la charge de travail ne diminue pas en fonction du nombre d’employés.  C’est la quantité de travail qu’on peut faire qui est affectée.  Dès qu’on trouve les personnes, il y a du travail à faire.  Dans nos six centres, ça n’arrête pas.  Nous sommes super occupés.  Et avec plus de personnel, nous ferions encore plus.»

Andrea Deveau ne voit que de bons côtés au projet pilote maintenant en cours.  «Vous savez, notre devise : L’Union fait la force, on la met en pratique», dit-elle.  

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