Depuis que le Collège de l’Île a fait connaître, l’automne dernier, son intention de déménager son campus principal de la région Évangéline vers Summerside, une sorte de réveil s’est effectué sur le manque d’infrastructures qui permettraient d’attirer et de retenir des entreprises et des citoyens. Le besoin d’un système de transport est ressorti très fort. «C’est sûr que le Collège nous a donné un coup. On savait depuis longtemps qu’un système de transport serait utile dans la région, mais on s’arrangeait tout de même. À l’évidence, notre façon de faire les choses ne répondait pas aux besoins», dit Nick Arsenault, directeur général du Conseil scolaire-communautaire Évangéline.
L’organisme, surtout connu pour son mandat culturel, est en train d’élargir son rayon d’action pour inclure des projets de développement. Un partenariat avec la Coopérative d’intégration francophone pour l’aide à l’établissement (partie prenante dans le projet Bienvenue Évangéline), combiné à un rôle important dans le projet de trois ans Impact-Aîné.e.s, place l’organisme sur une case très stratégique de l’échiquier communautaire.
«On a pris en main le dossier du transport dans la région. Essentiellement, on est parti de l’étude que le Chez-Nous [résidence de personnes âgées] avait réalisée avant la pandémie. Ils estimaient que de 300 à 400 personnes utiliseraient un service de transport de façon régulière, mais pas nécessairement tous les jours ni même toutes les semaines. À l’heure actuelle, on est juste en train de déterminer les besoins», dit Nick Arsenault.
Même si une partie du financement provient d’un programme qui vise le soutien aux personnes âgées, le CSCÉ comprend que, tant qu’à mettre un système en place, le service desservirait les personnes en fonction de leur besoin et pas de leur âge.
Comme l’explique le DG, le processus de planification est à peine entamé.
Ce dernier a fait un rapport détaillé des démarches aux participants du forum de l’Alliance du développement durable, le 12 février dernier. L’intérêt était là, mais trop de questions restaient en suspens. Une personne a mentionné que cela vaudrait la peine de regarder du côté des véhicules électriques.
Pour le moment, l’option qui semble être la préférée du CSCÉ est de conclure un partenariat avec l’organisme Transportations West, déjà bien établi dans tout l’ouest du comté de Prince, de Tyne Valley à Tignish, sans oublier des voyages à Charlottetown et Summerside.
«On les a rencontrés une fois déjà, et le président fondateur, même s’il n’est plus au conseil, semblait aimer l’idée d’élargir leur service à la région Évangéline. On les rencontre à nouveau au tout début du mois de mars, pour mieux comprendre leur structure et comment leur service pourrait nous aider», dit Nick Arsenault.
Selon le site Web de Transportations West, l’organisme disposerait de plusieurs véhicules de 5 à 15 passagers (ou plus) et selon Nick Arsenault, l’entreprise embauche cinq conducteurs à temps plein. Le service ne fonctionne pas selon un horaire fixe. Il se rapprocherait d’un service de taxi, qu’on peut réserver deux jours à l’avance pour les rendez-vous, les services religieux, les voyages à l’épicerie, etc.
Les tarifs sont concurrentiels, sans être bon marché. 16 $ pour un aller-retour à l’intérieur d’une même communauté; 22 $ pour un aller-retour vers une communauté voisine, etc. Il est aussi possible de réserver les véhicules (voyage nolisé) pour une excursion à Prince-Ouest, Summerside, ou Charlottetown, dans des prix allant de 50 $ à 260 $.
«Nous espérons avoir des réponses à nos questions lors de notre prochaine rencontre. Par exemple, il y a peut-être des programmes qui permettent de subventionner les tarifs, pour les réduire un peu. Comme je l’ai dit plus tôt, on est juste en train d’évaluer les besoins», conclut Nick Arsenault.