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22 décembre 2021 Par Claire Lanteigne
Louise Arsenault devant le sapin de Noël à sa résidence actuelle du Chez-Nous à Wellington.

Résidente de la coopérative Le Chez-Nous à Wellington depuis huit ans, Louise Arsenault, 93 ans, dit que ses Noëls sont souvent la même chose chaque année.  «C’est bien décoré ici et une dizaine de jours avant Noël, on a un party avec de la musique et de la danse et nos familles sont invitées.»  Les familles leur apportent des cadeaux et on leur sert un goûter.

«J’aime beaucoup la musique et la danse, ajoute-t-elle, mais je ne peux plus danser parce que mes jambes sont faibles». 

Le matin de Noël au Chez-Nous où elle réside, Louise raconte qu’au déjeuner, Saint-Nicolas apporte à chacun des résidents un bas plein d’articles.  Habituellement dans la matinée l’un de ses enfants vient la chercher pour le dîner et un autre pour le souper et elle s’attend que ce sera la même chose cette année.  «C’est habituellement chez ma fille Noëlla Richard que toute la famille se rencontre pour un “pot luck” et chacun apporte quelque chose».   

Elle dit avoir toujours eu de bons Noëls et se souvient de ses Noëls d’enfance à Urbainville avec ses parents Cyrus (à Pierre) et Edna Gallant.  «Nous recevions un cadeau et un bas de Noël avec des noix, un “candy cane” et d’autres sortes de bonbons, dont un en forme d’animaux, une orange et une pomme.  Et nous étions tellement contents». 

«J’étais intéressée par la lecture et à 13 ans, j’ai demandé un dictionnaire et un crayon pour Noël.  J’étais tellement contente de les recevoir et j’ai passé la journée à regarder dedans et à écrire des mots.  J’utilise toujours un dictionnaire, dit-elle, alors que les enfants d’aujourd’hui ne savent plus ce que c’est». Elle aime particulièrement le dictionnaire du français acadien avec les expressions que les Acadiens disaient. 

Louise se rappelle avec plaisir les Noëls avec ses enfants.  «Nous allions à la messe de minuit, poursuit-elle, il était près de 2 h du matin quand on allait se coucher et il en avait debout à 4 h pour trouver leur cadeau sous l’arbre».  Ce n’était pas de gros cadeaux, mais tout était tellement apprécié.  «Noël aujourd’hui ne se compare presque plus à nos Noëls d’avant, surtout du côté des cadeaux.  C’était de plus beaux Noëls dans ce temps-là, ajoute-t-elle, Noël avait de la valeur et de la signification.  On mettait l’effort sur la fête de Noël et non sur la fête des cadeaux comme c’est maintenant.»  Elle ajoute qu’après le dîner de Noël, on habillait les enfants et on les apportait à l’église pour voir l’Enfant Jésus dans la crèche.  Les enfants recevaient un sou qu’ils déposaient dans l’ange qui les remerciait en hochant la tête.  «Les enfants trouvaient ça comique, car même pour un sou, il les remerciait».

Mariée à Joseph (Josée à Philimon) Arsenault, c’est à Saint-Chrysostome que le couple a élevé leurs sept enfants, six garçons et une fille, dont six sont toujours vivants.  Trois demeurent dans la région Évangéline, un à Fredericton, un en Alberta et un autre à Charlottetown.  Elle a 18 petits-enfants et 13 arrière-petits-enfants.  «J’en achète plus de cadeaux, dit-elle, car le matériel est tellement cher maintenant». 

«Les enfants me donnent toujours des cadeaux, dit-elle, des choses dont je peux me servir ici.  Je n’ai besoin de rien, alors je leur dis de me faire une surprise».  Et elle reçoit souvent des «care packages».   

Lorsque son mari vivait, ils allaient danser toutes les fins de semaines avec Polycarpe et Rosida Arsenault.  «Polycarpe était le frère de mon mari et nous étions toujours ensemble, soit pour aller danser ou jouer aux cartes et nous avions bien du plaisir».

Comme passe-temps maintenant, elle a fait de la couture jusqu’à cette année, pour les enfants et les petits-enfants.  Elle tricote, lit, regarde la télé et participe aux activités organisées au Chez-Nous.  Sauf pour ses jambes, elle considère qu’elle se trouve en bonne santé. 

LouiseArsenault Ange

Dans la crèche originale de la paroisse Saint-Philippe et Saint-Jacques de Baie-Egmont, on retrouve toujours l’ange qui remercie quand on dépose des sous dans son sac.(Photos : Marcia Enman)

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