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10 novembre 2021 Par Jacinthe Laforest
Yoan Rousseau a présenté son dossier pour devenir citoyen canadien en décembre 2020. Il a franchi les étapes, incluant un examen de 20 questions, et a reçu sa convocation deux semaines avant le 27 octobre. «C’est cette attente, entre l’examen et la convocation, que j’ai trouvée longue», confie-t-il. (Photo : J.L.)

Yoan Rousseau habite à l’Île-du-Prince-Édouard depuis septembre 2013.  Le 27 octobre dernier, il a prêté son serment de citoyen canadien lors d’une cérémonie virtuelle.  «Ça n’avait pas le même cachet qu’une cérémonie avec tout le décorum et le gendarme en uniforme, mais le résultat est le même», dit le nouveau citoyen du Canada. 

En tant que Français, Yoan Rousseau n’a pas eu besoin d’abandonner sa propre citoyenneté française pour devenir citoyen canadien.  «J’ai maintenant les deux citoyennetés.  Je n’ai pas eu à faire ce choix cruel entre vivre comme résident permanent au Canada toute ma vie ou devenir citoyen canadien et ne plus être citoyen de mon pays d’origine», indique-t-il, reconnaissant du même coup le déchirement et le sacrifice qui peut accompagner une démarche menant à la citoyenneté canadienne. 

«Pour moi, dans le présent, ça ne change pas grand chose.  Je n’ai plus besoin de penser à renouveler ma carte de résident permanent, et j’ai droit à un passeport canadien, ce qui, je pense, est un avantage pour voyager.  Par exemple, je ne sais pas pourquoi, comme immigrant, j’ai toujours craint de voyager aux États-Unis.  Ça fait partie de mes projets de voyager un peu, surtout dans les pays du Commonwealth», dit celui qui travaille comme agent de recrutement et de rétention du personnel à l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard. 

Auparavant, Yoan Rousseau a travaillé plusieurs années à la Coopérative d’intégration francophone, alors dirigée par Jacinthe Lemire.  «J’ai adoré ce travail où j’accompagnais des personnes dans leur cheminement, je découvrais pour eux les ressources dont ils avaient besoin.  En même temps, comme moi-même j’étais un immigrant qui ne connaissait pas toutes ces ressources, je découvrais beaucoup de choses et ça me sortait de ma zone de confort.  Encore aujourd’hui, je rencontre des gens que j’ai aidés lorsque j’étais à la Coopérative d’intégration francophone  Ça me réjouit qu’ils soient encore là», dit Yoan Rousseau. 

Mais comment est-il arrivé à l’Île?

En avion, diraient certains.  «En France, on connaît très peu le Canada.  On connaît le Québec, mais ce qui entoure cette province, c’est pratiquement invisible.  C’est par pur hasard que j’ai atterri à l’Île.  Ma conjointe d’alors avait dans son cheminement de faire un doctorat à l’international.  Au départ, vu que son doctorat était dirigé par l’Université Laval à Québec, on croyait qu’on serait à Québec, mais non, elle devait faire son doctorat à l’UPEI.  Et c’est comme ça que je suis arrivé, comme conjoint d’une étudiante internationale».

Yoan a tout de suite apprécié les paysages de l’Île, qui lui rappellent la Bretagne où il a grandi, près des côtes de granit rose.  «J’ai besoin de vivre près de l’eau pour être bien.  Et puis, j’ai apprécié les gens, la culture insulaire et j’ai décidé de rester», dit-il. 

Yoan Rousseau alias Tonton Yoyo et Dart Frog Boy

Sur les réseaux sociaux, Yoan Rousseau a plusieurs identités.  Certains le connaissent comme Tonton Yoyo.  «C’est un surnom que ma première filleule me donnait et je l’avais intégré dans une adresse de courriel personnel.  Il m’est arrivé d’utiliser cette adresse parmi mes contacts professionnels, pour une urgence, et le surnom a collé ici aussi.  Pour le «Dart Frog Boy», c’est plus mon nom d’artiste, parce que j’aime peindre des amphibiens et des insectes».

«Dart Frog Boy» est un rappel du nom de la «Poison Dart Frog» (Dendrobatidae).  Les grenouilles de cette famille de l’Amérique Centrale et du Sud sont très colorées surtout, elles n’ont pas de poils.  «J’ai toujours été attiré par les amphibiens, mais également, quand j’ai commencé à peindre, je ne pouvais m’imaginer faire des animaux à fourrure, et peindre chaque poil un par un.  Le choix des insectes et des grenouilles et autres amphibiens s’est imposé», raconte-t-il. 

C’est à partir de 2015 qu’il a commencé à suivre des cours d’aquarelle, à raison d’un soir par semaine, pendant cinq ans.  «C’est donc quelque chose que j’ai développé une fois ici à l’Île.  D’ailleurs, j’aimerais m’investir un peu plus dans ce domaine des arts.  J’ai deux projets en tête sur lesquels je me concentre : un qui touche les arts visuels et un qui concerne les planches, le théâtre», dit-il. 

On n’a donc pas fini d’entendre parler de Yoan Rousseau et de ses alias.

Yoan Rousseau a prêté son serment de citoyen canadien lors d’une cérémonie virtuelle le 27 octobre dernier.  Sa conjointe MacKenzie Smith était présente.  (Photo : Gracieuseté)

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