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13 octobre 2021 Par Jacinthe Laforest
De gauche à droite : Lora Mazur poursuit son mandat, Béatrice Caillié, nouvelle élue, Marcia Enman, directrice de La Voix acadienne, Terry Couture poursuit son mandat, Melva Gallant, nouvelle élue et Robert Bullen, président-sortant du conseil d’administration.

Après des années de très légers surplus et même de déficits, La Voix acadienne a réussi, durant son année 2020-2021, à se redresser financièrement.  Le résultat est que l’entreprise sans but lucratif a pu rembourser l’emprunt de 35 000 $ à la Fondation Jean-H.-Doiron (le fonds de fiducie) et même, bonifier ce remboursement d’un investissement considérable.  Les membres présents à l’assemblée générale annuelle du 7 octobre dernier ont été ébahis. 

«Je n’en reviens pas.  Vous êtes l’histoire à succès de l’année», lance Raymond J. Arsenault, qui s’y connaît en matière de nouvelles, ayant été journaliste durant de nombreuses années.  Il a rappelé les périodes où l’entreprise était à deux doigts de fermer.  «Je n’en reviens pas du succès financier», dit-il. 

Gilles Benoit, président de la Commission scolaire de langue française, est lui aussi impressionné.  «Nous, à la CSLF, notre financement est assuré.  On est passé à travers, mais pour une entreprise comme la vôtre, de tenir le journal année après année, et surtout pendant la pandémie, ce n’est pas évident», dit Gilles Benoit. 

La directrice de La Voix acadienne, Marcia Enman, confirme que lorsque la pandémie s’est déclarée, l’incertitude régnait.  «On ne savait pas ce qui allait se passer, si on allait devoir mettre les employés à pied, ni rien.  Finalement, on a pu développer des projets et débloquer du financement.  Mais il faut dire que les placements publicitaires ont beaucoup augmenté en particulier du gouvernement provincial.  Ça a pratiquement doublé par rapport à l’année précédente», dit la directrice.

Un rapide coup d’œil au rapport financier confirme que les placements publicitaires du gouvernement provincial étaient de 25 500 $ en 2020 et de plus de 51 000 $ en 2021.  Les annonces de niveau national ont aussi augmenté, passant de 21 000 $ en 2020 à 38 000 $ en 2021.  Les annonces locales ont subi une légère baisse. 

Une «tempête parfaite»

Les programmes ponctuels pour la COVID-19 ont certainement aidé au succès financier de l’année, sans que la totalité de la différence leur soit attribuée.  En effet, bien avant que la COVID-19 ne frappe, l’Association de la presse francophone (APF maintenant appelée Réseau.Presse) avait négocié avec Patrimoine canadien un fonds d’appui aux médias communautaires, gravement affectés par la baisse des placements publicitaires fédéraux. 

«La Voix acadienne a été un des premiers journaux à faire une demande pour ce fonds.  C’est ainsi que nous avons développé le projet des fausses nouvelles et de la désinformation par rapport à la COVID-19», a précisé la directrice.  Le fonds d’appui lui-même n’est pas lié à la COVID.  C’est aussi ce fonds qui a aidé à financer le projet des cahiers thématiques du Porte-Voix, qui se poursuit pendant l’année en cours. 

Outre les projets gouvernementaux, La Voix acadienne a développé des ententes de production de contenu thématique avec Actions Femmes, les francophones de l’âge d’or, le Comité Rév. S.-É.-Perrey inc., RDÉE ÎPÉ, et quelques autres.  De plus, le projet, La Voie de l’emploi, qui injecte presque 100 000 $ par année à LVA, a été renouvelé pour trois ans, jusqu’en mars 2024. 

Tout cela pour un total de revenu de 609 500 $ contre des dépenses de 473 000 $.  «Il y a quelques années, nous avions été obligés d’emprunter 35 000 $ au capital du fonds de fiducie (Fondation Jean-H.-Doiron), en plus des intérêts qui nous aidaient à réduire nos déficits.  Ce n’est pas quelque chose que je voulais faire, mais on n’avait pas le choix.  On avait commencé à rembourser cet emprunt, et cette année, on a pu terminer le remboursement et en plus, investir une somme considérable dans ce fonds, qui est une sécurité à long terme», insiste la directrice. 

Nouveau conseil d’administration et remerciements

Président depuis trois mandats consécutifs, Robert Bullen se dit très fier d’avoir pu assister à ce revirement financier pendant son mandat et surtout, d’avoir contribué à la décision d’investir dans des RÉER pour les employés.  «Au fil des années, on n’a pas toujours été en mesure de donner les augmentations de salaire automatiques ni d’autres compensations, mais au moins, cette année, on a pu leur montrer concrètement qu’on apprécie leur travail», a dit Robert Bullen qui, par ailleurs, a reçu plusieurs votes de remerciement pour son dévouement à l’organisme. 

Les membres du conseil d’administration pour la prochaine année seront Lora Mazur, Terry Couture, Jean Lavergne, Mathilde Sinnasse, Yvonne Deagle, Geneviève Ouellette, Melva Gallant et Béatrice Caillié.  Robert Bullen restera au conseil comme président-sortant. 

L’assemblée générale annuelle de La Voix acadienne a eu lieu le jeudi 7 octobre au Centre Vanier à Wellington.  Quelques personnes y ont participé par visioconférence. 

L’AGA a été l’occasion, pour le président Robert Bullen et la directrice Marcia Enman, de présenter les rapports annuels pour l’année ayant pris fin en mars dernier.  (Photos : J.L.)

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