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04 octobre 2021 Par Marine Ernoult / IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne

Un rapport du département d’urbanisme et du patrimoine de la Ville de Charlottetown, paru le 21 septembre, recommande de renforcer les règles pour les locations de courte durée alors que plus de la moitié ne sont pas conformes aux règles de l’Île-du-Prince-Édouard.  Aux yeux des auteurs, les propriétaires ne doivent plus louer leur logement entier.

Les résidents de Charlottetown ne doivent plus louer leur habitation entière pour des séjours de courte durée.  Les propriétaires ne doivent proposer à la location qu’une pièce de leur appartement ou de leur maison, et ce uniquement lorsqu’ils l’occupent.  Il s’agit de limiter autant que possible la pratique consistant à retirer son appartement du circuit de location classique pour le réserver aux touristes pendant une grande partie de l’année.  Ce sont les recommandations d’un rapport du département d’urbanisme et du patrimoine de la capitale de l’Î.-P.-É., publié le 21 septembre. 

Le document rappelle à quel point les habitations de type airbnb nuisent à l’offre locative dans un marché déjà tendu.  Le taux d’inoccupation à l’île reste en effet l’un des plus bas au pays : il s’élevait à 2,6 % en 2020.  Cette pratique est accusée d’évincer les résidents du centre-ville, d’augmenter le prix des logements, et surtout d’en soustraire au parc classique de la location longue durée. 

Locations touristiques hors des radars

Elle constitue aussi une concurrence jugée déloyale par les professionnels de l’hôtellerie et entraîne la mutation de quartiers entiers en zone touristique.  «Cela constitue la plus grande menace pour l’accès au logement, que ce soit en termes de disponibilité ou d’abordabilité», peut-on lire dans le rapport. 

Un autre problème majeur pointé par le rapport est le trop grand nombre de locations à court terme qui ne sont pas déclarées et enregistrées dans la base des données provinciales de Tourisme Î.-P.-É. En 2019, 58 % ne l’étaient pas à Charlottetown.  Une demande de permis d’hébergement touristique doit pourtant être faite auprès de Tourisme Î.-P.-É.  Par ailleurs, seules 265 des 635 annonces de location de type airbnb à Charlottetown étaient conformes à la législation provinciale cette même année.

Pour mieux contrôler les plateformes, le document recommande que la Ville de Charlottetown délivre des permis d’hébergements municipaux, associés à des frais annuels, et établisse son propre registre, en lien avec le système provincial déjà existant. 

Professionnalisation de la location à court terme 

Les auteurs s’inquiètent également d’une professionnalisation du marché.  Entre 2018 et 2019, le nombre de maisons entières offertes pour des locations saisonnières a augmenté de 7,9 %.  Et en 2019, les 409 propriétaires de ces maisons auraient engrangé 8,5 millions de dollars de revenus.

Le rapport, qui fait suite à des consultations publiques réalisées au printemps dernier, sera soumis au conseil municipal et au conseil d’urbanisme en octobre prochain.  Une réglementation devra être définie à cette occasion.  Quelles que soient les règles d’encadrement choisies, les auteurs appellent à une surveillance plus étroite des locations de courte durée, à l’heure où leur nombre augmente dans les banlieues de la capitale. 

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