Connexion, c’est la toute nouvelle création de Vishtèn, un spectacle multidisciplinaire qui mélange la musique mais aussi le «cinéma» par l’entremise des deux boites crankies, placées de part et d’autre de la scène. Le thème de la connexion est exploité tout au long du spectacle et les spectateurs sont aussi invités à réfléchir aux connexions perdues, les connexions en attente et les nouvelles connexions établies au cours de la dernière année.
«Moi, j’ai connecté avec le golf cette année», a déclaré Pascal Miousse, déclenchant un éclat de rire dans l’assistance très nombreuse. «Pour la première fois, j’ai pris un membership dans un club de golf et j’adore cela. Le golf, c’est ma nouvelle passion», a-t-il ajouté.
La pandémie a forcé la planète à prendre une pause. Vishtèn, pour la première fois en 15 ans, passe l’été à l’Île et les terrains de golf ont trouvé un nouvel adepte. «Dans le passé, nous aurions été en tournée, à établir des connections avec les publics, les musiciens partout dans le monde. Nous aurions stressé pour ne pas manquer nos vols de correspondances, pour connecter les points sur la carte et nous aurions cherché des connexions wi-fi partout», dit Emmanuelle LeBlanc, pour qui le terme connexion a de nombreuses significations.
Pastelle LeBlanc quant à elle, avoue avoir pris du temps pour se reconnecter avec elle-même et avec la terre aussi. «Dans le passé, j’étais celle qui lançait des graines dans la terre avant de partir en tournée, en espérant, par quelque miracle, être capable de me faire une salsa à mon retour. J’ai eu des surprises parfois… cette année, j’ai travaillé à nourrir la croissance, à faire pousser des choses et, avec la croissance, vient la guérison. Tout cela est inter relié et connecté.»
Au-delà des connexions, la musique
La musique de Vishtèn est par définition un exercice de connexion avec la culture acadienne, avec les traditions, avec le passé. La chanson Marie Caissie est un bel exemple de cela. La chanson qui a été recueillie en 1973 à Palmer Road par Georges Arsenault, et qui a pour ainsi dire fait le tour du monde, a été complètement revisitée par le groupe, dans une version pleine de mystère.
Pour le spectacle Connexion, Vishtèn a revisité plusieurs de ses arrangements, faisant davantage de la place au silence qu’auparavant. Un silence relatif s’entend, qui se fait autour d’un instrument ou d’une voix. Dans le passé, Vishtèn aurait privilégié le son plus plein de trois musiciens jouant à plein volume tout le temps. Dans ce Vishtèn «2.0», on fait place à la nuance, à des textures sonores nouvelles pour le trio qui crée des ambiances très réussies. Cela laisse présager du matériel fort différent pour un éventuel prochain album.
L’expérience du crankie
Comme nous l’avons dit plus tôt, les «télévisions crankie» sont placées de part et d’autre de la scène et Lucy Farrell, la préposée aux bobines crankie, tourne la manivelle de l’une et de l’autre en alternance, selon le programme des chansons.
Plusieurs images ont été réalisées par les membres de Vishtèn pour illustrer une chanson, pour présenter un invité et pour créer une ambiance. Deux artistes ont cependant créé des longues toiles crankie de 30 pieds de long pour illustrer une chanson. Une de ces artistes est Nora Pendergast, qui a illustré la chanson Bi Bi Box.
«Quand Vishtèn m’a proposé ce projet, j’ai accepté parce que je les adore, ils ont tellement de talent, mais au fond, je ne savais pas comment j’allais m’y prendre. Au début, je suis restée paralysée par la tâche à venir, au moins 10 jours. Ça m’intimidait puis je me suis mise au travail. Des amis m’ont aidée pour peindre les fonds pendant que moi je faisais les détails. Je suis contente du résultat», a indiqué Nora Pendergast qui assistait à la première représentation du mardi 29 juin.
C’est l’artiste elle-même qui a choisi la chanson qu’elle voulait illustrer. «J’ai choisi parmi quelques suggestions et la chanson Bi Bi Box m’a tout de suite plu. Et je viens de lire dans le programme que cette chanson est inspirée de documents d’archives recueillis par Helen Creighton auprès d’Anthony Gallant à Miminegash. J’ai toujours admiré l’œuvre de Helen Creighton», a-t-elle confirmé, heureuse de ce hasard.
Son crankie a été peint, non pas sur du papier, mais sur du Tyvek, un matériau léger, hyper résistant, qui résiste à l’eau, qui ne se dégrade pas. C’est un matériau qu’on utilise entre autres pour l’isolation des maisons. «J’ai bien aimé peindre sur ce support. J’avais mon rouleau de 30 pieds de long et je faisais des sections de 10 pieds à la fois.»
La pièce que l’autre artiste, Monica Lacey, a choisi d’illustrer est L’âme à P’tit Jean. C’est l’histoire de P’tit Jean qui s’est fait voler son âme par les loups. Il s’en va dans la forêt pour y retrouver son âme et réalise que les loups lui ont causé beaucoup de soucis et qu’il lui faudra danser pour récupérer son âme.
Le nouveau Trailside Music Hall
Logé à l’intérieur du «Arts Hotel», au 155 rue Kent, le nouveau Trailside est un endroit charmant. On peut y aller pour voir un spectacle, mais on peut aussi en profiter pour faire une sortie complète, avec le menu de resto et de bar à disposition. Le soir du lancement, la salle était pleine. Comme la plupart des gens mangeaient, les masques étaient absents des visages. C’était presque «normal».
Les prochaines dates pour le spectacle Connexion de Vishten sont le 13 juillet, le 20 juillet, le 23 juillet et le 3 août. Les spectacles du 3 juillet à la brasserie Copper Bottom de Montague et celui du 6 juillet de retour au Trailside Music Hall sont déjà passés.

Le trio Vishtèn, composé de Pastelle LeBlanc (au piano), Pascal Miousse et Emmanuelle LeBlanc rétablit des connexions cet été avec son tout nouveau spectacle.

Vue d’ensemble de la salle, juste avant le spectacle.

Norah Pendergast a réalisé une toile de 30 pieds de long pour illustrer la chanson Bi Bi Box.
Lucy Farrell actionne la manivelle pour faire avancer la toile réalisée par Norah Pendergast sur la chanson Bi Bi Box.