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28 Juin 2021 Par Propos recueillis par Marine Ernoult IJL – Réseau.Presse – La Voix acadienne
Virginie Michaud, coordonnatrice du programme Save the Bees de la Fondation Sierra Club. (Photo : Gracieuseté)

Saviez-vous que 33 % des fruits et légumes que nous consommons dépendent des pollinisateurs pour leur fécondation? Et aussi que 80 % des plantes à fleurs se reproduisent grâce à eux? Leur déclin, démontré par de nombreuses études, inquiète, car il a un impact sur l’alimentation et la biodiversité.  C’est pourquoi Virginie Michaud, coordonnatrice de l’éducation à l’environnement chez Heritage Laurentien, nous invite à leur faire une place dans nos jardins.  

Virginie Michaud, coordonnatrice de l’éducation à l’environnement chez Heritage Laurentien, biologiste en conservation et apicultrice, nous parle de l’importance de protéger les pollinisateurs dans son jardin, mais aussi dans son assiette. 

On parle beaucoup des abeilles domestiques, dites mellifères (à miel), mais ils existent de nombreuses autres espèces.  Pouvez-vous nous en dire plus?  

Il y a 850 à 900 espèces indigènes au Canada (dont une quarantaine de bourdons) qui sont aussi importantes pour la biodiversité et tout aussi menacées.  L’abeille domestique joue un rôle essentiel dans les plantations comme les vergers et les bleuetières, mais nos espèces sauvages sont plus efficaces de manière générale pour la pollinisation. 

Que pouvons-nous faire chacun, au quotidien, pour préserver la santé des pollinisateurs? 

On peut acheter des produits bios quand on fait son épicerie.  Soutenir les cultures bios sans pesticide est l’un des meilleurs moyens à disposition des consommateurs.  L’agriculture conventionnelle implique en effet l’utilisation massive de produits phytosanitaires de synthèse, nocifs pour les insectes.  Elle contribue également à détruire leur habitat et à les priver de nourriture en favorisant les monocultures. 

Comment aménager les jardins pour les aider?  

L’élément clé, c’est de réintroduire de la biodiversité, d’arrêter d’utiliser des intrants chimiques et de ne pas tondre le gazon en permanence.  La pelouse n’existe pas à l’état naturel, c’est une sorte de monoculture qui n’est pas un habitat propice pour les pollinisateurs.  Laisser les gazons imparfaits avec plein de fleurs et de pissenlits, c’est aussi ça la beauté! 

Chaque année, les pollinisateurs se lancent dans une course contre la montre pour trouver de la nourriture en quantité suffisante en vue de démarrer leur colonie.  Au printemps, il est donc essentiel de ne pas couper les premières fleurs qui poussent.  Il faut aussi laisser un coin de terrain non touché.  Autrement dit, avoir des espaces dégagés où l’on ne plante ni fleurs ni arbustes, car 80 % des abeilles indigènes nichent dans le sol. 

Le choix des végétaux est également important.  D’abord, il faut acheter des semences ou des semis biologiques.  Ensuite, il est préférable de planter des espèces mellifères riches en pollen et en nectar de bonne qualité.  Les mélanges de luzerne, trèfle, asters, lierre terrestre sont parfaits.  On peut même récolter les semences, les replanter d’une année sur l’autre et en donner.

L’autre chose primordiale, c’est de mettre des végétaux indigènes.  On les a longtemps rejetés, les considérant comme de mauvaises herbes, mais on doit les réintégrer dans les espaces verts.  Ce sont d’excellents hôtes et une source de nourriture pour l’ensemble des pollinisateurs.  L’asclépiade est ainsi une plante à fleurs indispensable au cycle de vie du monarque tandis que la verge d’or est très utile, car c’est la dernière plante à fleurir à l’automne, juste avant les premiers gels.  Des études ont montré qu’en dessous de 70 % d’espèces indigènes dans un jardin, il y a un impact négatif sur la diversité des insectes qui ont plus de mal à se reproduire.

À l’automne, il faut laisser dans un coin du jardin les feuilles mortes et les branchages, qui servent d’abri aux larves de papillons et d’abeilles sauvages.

Quels sont les bénéfices pour les jardins? 

La présence des bourdons favorise une abondance de fruits sur les tomates, les piments et les aubergines.  Tandis que celle des guêpes, dont 99 % des espèces ne sont pas agressives, limite le nombre d’insectes nuisibles.

Les pollinisateurs ont-ils également besoin de points d’eau? 

Effectivement, ils ont besoin d’eau pour boire, mais aussi se nettoyer et humidifier les larves de leur colonie.  Une ruche consomme environ 25 litres d’eau par an.  On peut donc installer une petite soucoupe d’eau avec des flotteurs (petite roche, bouchon de liège, etc.) pour éviter que les insectes ne se noient.  Il suffit de la rincer une fois par jour si on ne veut pas voir se développer des larves de maringouin.  Les abeilles domestiques apprécient particulièrement l’eau salée et riche en oligo-éléments.  On peut ajouter à l’abreuvoir de l’argile et du sel de table à 0,5 %.  

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