FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 11 février 2021

- Jacinthe Laforest 

 

 

Edmond Gallant de Saint-Timothée dans la région Évangéline est pianiste, accompagnateur et directeur de chorale.  Ses parents, Nélida et Augustin, aimaient eux aussi la musique.  D’ailleurs, ce sont eux qui, à la fin des années 1950, se sont rendus à Muddy Crick (aujourd’hui Saint-Nicholas) pour récupérer le vieux piano d’Édouard Poirier.

 

Édouard Poirier enseignait la musique dans la région Évangéline et il vivait chez son oncle Célestin et son épouse, à Saint-Nicholas.  C’est également là que son piano se trouvait. 

 

«Chez mes parents, à Cap-Egmont, il y avait un orgue à pédale et c’est sur cet instrument que j’ai suivi mes premiers cours de piano avec Édouard Poirier, justement.  Puis, mes parents sont allés chercher le piano.  Ma sœur, Azèle, pense qu’Édouard avait acheté ce piano de Gabriel Chiasson qui demeurait à Summerside et qui enseignait la musique dans une école; il était un excellent pianiste», évoque Edmond Gallant, dont les souvenirs sont très précis.

 

«À la fin de 1975, mon père et ma mère ont déménagé dans un appartement pour personnes âgées à Wellington.  Puis, après, le 28 mars 1976, le piano s’est rendu à Saint-Hubert chez ma sœur Azèle et son mari Johnny Arsenault».  

 

Après quelques années, Azèle et Johnny ont dû se séparer du piano.  «Marcella, la fille d’Azèle, voulait le piano, mais avant d’aller chez elle, à Hunter River, le clavier a été déménagé à North River chez un ami de Marcella.  Il y est resté deux ans».  

 

Le piano n’avait pas fini de se promener.  Le voici parti à Kinkora chez Jeanne Arsenault, la sœur de Marcella.  Et c’est de là, en 2013, que le piano a pris la route vers sa dernière destination, chez Christian Gallant, le fils d’Edmond et Zita, le cousin de Jeanne et de Marcella et le filleul de cette dernière.  

 

«Je ne sais pas comment ils ont fait pour transporter ce piano dans tous ces endroits.  Pour l’apporter chez moi à Charlottetown, on était quatre hommes et c’était très pesant.  L’intérieur du piano était en fonte.  Il était vraiment très lourd».

 

Cela n’a pas découragé Christian.  Même s’il ne joue pas du piano, il aurait aimé redonner à ce piano son lustre d’antan et surtout, sa justesse.  Cependant, les quelque 5 000 $ que cela aurait coûté n’étaient pas disponibles.  

 

«J’aurais aimé cela faire réparer ce piano, mais après en avoir discuté avec mon père, il était d’accord que c’était trop cher.  Puis, j’ai eu cette drôle d’idée.  C’était exactement le 16 décembre 2016.  J’ai envoyé un message à Daniel Richard, le fils de Marcel et Colette, qui habitait à quelques maisons de chez moi.  Daniel m’avait aidé à rentrer le piano chez moi et il avait sa compagnie de construction.  Je lui ai envoyé mon idée de me servir du piano pour encadrer mon aquarium que j’avais déjà.  Les dimensions étaient bonnes.  Il a regardé cela et en avril 2017, après trois jours d’ouvrage, le projet était fini».

 

On pourrait croire, au premier coup d’œil, que l’aquarium est construit à même le piano, mais ce n’est pas le cas.  Une fois vidé de ses éléments musicaux, le piano, plus léger, camoufle merveilleusement les branchements de l’aquarium.  Le couvercle du clavier se lève sur un petit espace de rangement.  

 

L’aquarium abrite environ 40 poissons de la même famille, le papa, la maman et les enfants.  Tous des cichlidés.  

 

«Je parle de mon aquarium de temps à autre et les gens me disent de leur envoyer des photos.  J’en ai publié récemment sur mon compte Facebook et cela a piqué la curiosité. C’est une idée un peu folle».

L'Île-du-Prince-Édouard en images