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15 janvier 2021

Le 15 janvier 2021

- Jacinthe Laforest

Arnold Smith, président de la Banque des fermiers/Maison Doucet, est le principal promoteur du projet de transformation du site. 

 

Durant la récente période des fêtes, les couleurs acadiennes sont apparues sur le toit d’une toute petite maison, en plein cœur du village de Rustico, à l’intersection de la route 6 et de la rue Church, celle-là même qui mène à la Banque des fermiers de Rustico ainsi qu’au site de la Maison Doucet.  L’apparition de ce toit signale le début d’un important projet de transformations.

 

Cette maisonnette a abrité la petite caisse populaire Saint-Augustin, qui a fonctionné de 1938 à 1996.  Cet héritage est significatif dans le cadre du projet en cours, mais ce n’était pas sa vocation première.  Elle a été construite par Amos Gallant qui y a établi son magasin général, avant d’en construire un plus grand de l’autre côté de la route, magasin qui est aujourd’hui géré par son petit-fils, Keith Gallant. 

 

Et cet héritage de magasin général sera lui aussi mis en valeur dans le projet que mènent les dirigeants de la Banque des fermiers et de la Maison Doucet.  Le président de l’organisme, Arnold Smith, déborde d’enthousiasme à l’idée de la transformation qui s’en vient. 

 

«La Banque des fermiers s’est portée acquéreur de ce petit édifice en 1998 et ça a toujours été dans l’idée de l’intégrer dans notre site et d’en faire un petit musée des caisses populaires (Credit Unions) de l’ensemble de l’Île.  Ça a pris du temps, mais on y arrive finalement».

 

Période propice au repositionnement

 

Durant l’été 2020, Arnold Smith combattait un cancer et dans l’attente du traitement qui devait l’aider à se remettre, il consacrait le peu d’énergie qu’il avait à remplir des demandes de financement, qui ont depuis été approuvées. 

 

«Les bailleurs de fonds aiment se réserver le privilège de faire leurs propres annonces de financement alors nous ne voulons pas donner de détails, mais le financement est là et nous avançons dans notre projet.  Nous visons que notre petit musée sera prêt en juin prochain», estime Arnold Smith. 

 

Une partie de l’intérieur sera un rappel de la belle époque du magasin général et l’autre partie sera consacrée à l’histoire des caisses populaires.  À une époque, il y avait plusieurs dizaines de «Credit Unions» à l’Île. 

 

Arnold Smith est très au fait de l’histoire des Credit Unions de l’Île.  Il rappelle que n’importe quel groupe de personnes pouvait s’associer dans le but de se procurer un accès à du crédit, que les banques leur refusaient.  C’était un fonctionnement plus informel que celui qu’on connaît aujourd’hui.  Parfois, si une personne rencontrait le trésorier sur sa route, elle lui confiait quelques sous pour qu’il les dépose dans son compte.  L’argent constituait un capital qui, prêté, rapportait des intérêts qui étaient redistribués aux membres le cas échéant.  À cette époque, l’autre option de crédit aurait été d’emprunter la somme (modique selon nos critères actuels) à un citoyen mieux nanti qui, évidemment, y allait de ses conditions. 

 

L’histoire des Credit Union est très riche.  Ces petites institutions de crédit ont fait bien plus que prêter de l’argent.  Elles ont contribué à éduquer les gens en mettant sur pied des groupes d’études où des gens ont appris à lire et à compter suffisamment pour mieux gérer leurs affaires.  Les fermiers y apprenaient de nouvelles techniques pour assurer leur survie, mais aussi pour améliorer leur «cote de crédit»et leur possibilité de croissance vers une plus grande autosuffisance. 

 

«À notre connaissance, il n’y a pas de musée consacré aux caisses populaires à l’Île.  Nous voulons que ça change», dit Arnold Smith. 

 

Renouvellement de l’offre touristique

 

Outre le développement de ce petit musée, les dirigeants de la Banque des fermiers/Maison Doucet, Arnold Smith à leur tête, ont aussi obtenu du financement pour réorienter l’offre touristique sur le site de la Maison Doucet, en mettant l’accent sur le patrimoine culinaire.  L’année 2020 a été difficile.  Les quelque 72 autobus qui déversent normalement des centaines de visiteurs sur le site ne seront pas de retour avant 2022, et les visiteurs occasionnels ont été très rares. 

 

«Pour 2021, et dans les années à venir, nous allons développer une expérience culinaire, basée sur la cuisine patrimoniale acadienne et l’éducation, en commençant par les jardins typiques acadiens, à partir des années 1770, qui correspondent aux années où la Maison Doucet a été construite, et survolant les époques subséquentes, avec l’introduction des patates, etc.  Nous voulons aussi un jardin d’herbes aromatiques ainsi qu’un jardin d’herbes médicinales qui faisaient partie des remèdes acadiens.  Tout cela est en développement.  Nous sommes toujours en recherche de financement et de personnel permanent», conclut Arnold Smith.

 

Malgré les apparences, les travaux avancent bien et Arnold Smith a confiance que tout sera prêt en juin.

 

Des documents qui ont été retrouvés dans le grenier de l’ancienne caisse populaire.  Une souris y avait fait son nid.

 

Un ancien rapport annuel en bon état a été découvert parmi d’autres archives.

 

Il reste encore beaucoup à faire.  (Photos : J.L.) 

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