Le 2 décembre 2020
- Jacinthe Laforest
La Société acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. souhaite sensibiliser la communauté dont elle est la porte-parole à l’importance d’insister auprès du gouvernement fédéral pour qu’il modernise la Loi sur les langues officielles. «On a fait beaucoup de travail en collaboration avec la Fédération des communautés francophones et Acadiennes du Canada, ainsi qu’avec la Société Nationale de l’Acadie. On a fait des consultations, la FCFA du Canada a même produit un projet de loi modèle, on a cru à la promesse des libéraux de Justin Trudeau de moderniser la Loi sur les langues officielles. Ça fait longtemps, c’est le temps que ça se fasse», a insisté la directrice générale, de la SAF’Île, Isabelle Dasylva-Gill.
Pour que les choses bougent, elle insiste sur le pouvoir d’influence des citoyens et des citoyennes, et elle les invite à faire entendre leur voix, entre autres, en écrivant des lettres à leurs députés fédéraux et aux ministres.
«C’est important que les gens eux-mêmes prennent la parole. Ils se demandent parfois si ça vaut la peine, si ça change quelque chose, eh oui, ça a un impact. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons fait circuler un message pour inciter les gens à parler de la modernisation de la Loi sur les langues officielles lorsque les candidats les visiteraient et ça a donné comme résultat que tous les partis ont mis ce dossier sur leur plateforme».
En quelques clics, https://noslanguesofficielles.ca/ecrire-a-votre-depute/, chaque citoyen peut écrire à son député fédéral, pour faire avancer le dossier.
Isabelle Dasylva-Gill renchérit : «Les politiques et les élus nous disent qu’ils nous entendent, nous les organismes porte-parole, et qu’ils n’entendent pas le même message venant des gens. C’est certain que nos messages ne sont pas articulés de la même façon, mais les besoins restent les mêmes. Nos gens se préoccupent d’avoir une place dans un service de garde francophone, nos gens se préoccupent d’avoir un emploi, de pouvoir se faire soigner en français. Ce sont des domaines provinciaux, mais ils sont financés par des transferts d’Ottawa. Une loi modernisée nous assurerait que ces fonds fédéraux soient assujettis à la Loi sur les langues officielles, et que dans ce contexte, les fonds destinés à des services en français soient effectivement utilisés pour cela. Même chose en éducation et en petite enfance. Ça fait trop longtemps que ça stagne. La Loi a 50 ans. Bien des choses ont changé, nous avons changé, la francophonie a changé, mais une chose qui n’a pas changé, c’est son droit d’être servie en français et de pouvoir s’épanouir en français».
Le statut des langues officielles n’est pas respecté
Chaque année, parfois plusieurs fois par année, le commissaire aux langues officielles, peu importe lequel, présente ses rapports présentant les failles dans l’application de la loi. Rapport après rapport, les mêmes institutions affichent le même manque de volonté à respecter leurs obligations linguistiques. Une des raisons pour cela, c’est qu’aucune institution fédérale n’a l’autorité ou le pouvoir de veiller à une mise en œuvre cohérente de la législation. Une loi modernisée désignerait, croit-on, une agence centrale pour superviser la mise en œuvre et les pouvoirs nécessaires pour remplir le mandat.
Depuis 50 ans, le Canada a deux langues officielles, mais le français reste largement sous représenté. La crise de la COVID-19 illustre cette inégalité tous les jours dans le pays. Le gouvernement s’est engagé à moderniser la Loi sur les langues officielles. Il est à présent urgent d’agir.
La modernisation de la loi est capitale pour la préservation de notre langue, de notre culture, pour l’avenir et pour tout simplement vivre et s’épanouir dans une société plus égalitaire et inclusive.